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La malnutrition : une menace pour le monde

AlimentosDANS ce monde de paradoxes, alors que d’un côté la faim domine, de l’autre sa pire antithèse gagne du terrain. Et une conclusion préoccupante se dégage de ces deux fléaux : l’humanité est confrontée à une situation nutritionnelle grave.

« Environ 2 milliards de personnes manquent de micronutriments essentiels, tels que le fer et la vitamine A ; 52 millions d’enfants souffrent de cachexie (perte involontaire de plus de 10% du poids corporel)…. 88% des pays supportent le lourd fardeau de deux ou trois formes de malnutrition (retard de croissance pendant l’enfance, anémie chez les femmes en âge de procréer ou surpoids chez les femmes adultes), et les progrès des objectifs mondiaux concernant la nutrition évoluent lentement », signale le Rapport sur la Nutrition mondiale de la Santé.

Si les données n’étaient pas tout à fait claires, il suffit de savoir qu’une personne sur trois sur la planète souffre de malnutrition.

L’obésité tue chaque année autant de personnes que la faim. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 2,6 millions de personnes meurent chaque année de cette épidémie, définie comme un excès de graisse corporelle dû à un déséquilibre énergétique causé par un apport énergétique élevé superposé à une faible dépense énergétique.

Laura Melo, représentante du Programme alimentaire mondial à Cuba, le PAM – une agence qui célèbre 55 ans de coopération avec notre pays – a déclaré au journal Granma que, selon le rapport, Cuba se situe parmi les pays qui bénéficient de la plus grande couverture et d’interventions pour renforcer la nutrition maternelle et infantile. « On sait cependant que l’anémie par insuffisance de fer, le surpoids et l’obésité sont des préoccupations et des priorités à l’ordre du jour de l’État.

« Cette question a beaucoup à voir avec les habitudes alimentaires, d’où l’importance de l’éducation nutritionnelle, des types d’éléments que nous consommons. Il ne s’agit pas seulement de l’accès à la nourriture, mais aussi de la diversification de notre alimentation. »

Quelles sont les préférences alimentaires de la population ? Un simple coup d’œil dissipe les doutes sur le danger que représentent les aliments ultra-transformés en tant que moteur de l’épidémie mondiale d’obésité. On en trouve de nombreux indicateurs à Cuba, si l’on tient compte du fait que, selon les résultats de la 3e enquête nationale sur les facteurs de risque, réalisée en 2010, plus de 40,4 % de la population cubaine âgée de 15 ans et plus ne pratiquent pas suffisamment d’activité physique, et que l’obésité sous sa forme globale, qui comprend la surcharge pondérale, représente 43,8 % de la population, avec des habitudes alimentaires malsaines parmi les facteurs déterminants

LES SUCRES : DE FAUX-AMIS

« La consommation élevée de sucres est associée à diverses pathologies telles que la surcharge pondérale, l’obésité, les maladies du foie, les troubles du comportement, le diabète, l’hyperlipidémie, les maladies cardiovasculaires, plusieurs types de cancer et les caries dentaires, entre autres maladies », alerte le Bulletin bibliographique de la Bibliothèque nationale de la santé, dans son numéro 10, volume 24 d’octobre 2017.

Selon l’OMS, la consommation de sucres libres, dont ceux contenus dans des produits tels que les boissons sucrées, représente à l’heure actuelle l’un des principaux facteurs conduisant à une augmentation de l’obésité et du diabète dans le monde, selon le texte.

En ce sens, il convient de préciser que les principales sources de sucres ajoutés – celles que les fabricants ajoutent aux aliments ou aux boissons pendant leur transformation ou leur préparation – comprennent les sodas, les boissons gazeuses, les gâteaux, les biscuits, les jus de fruits sucrés, les desserts laitiers et chocolatés, entre autres produits.

« L’OMS recommande aux adultes et aux enfants de réduire leur consommation de sucres libres à moins de 10 % de leur apport calorique total, même si pour obtenir de meilleurs résultats, il leur est idéalement recommandé de réduire leur consommation à moins de 5 % de leur apport calorique total, ce qui aurait des effets bénéfiques supplémentaires sur la santé », ajoute le bulletin.

De même, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) préconise d’adopter des mesures telles que la restriction de la commercialisation des aliments et des boissons transformés aux enfants, l’augmentation du coût de ces aliments à travers la taxation, l’augmentation de la production et de l’accessibilité aux aliments frais sains et l’élaboration de nouvelles réglementations pour les programmes d’alimentation scolaire et préscolaire.

« Parmi les habitudes alimentaires et les attitudes diététiques des Cubains, on signale la consommation excessive d’aliments, contenant des sucres raffinés dans leurs composants, souvent en combinaison avec les graisses », note le texte.

Selon des études menées dans notre pays, parmi les facteurs de risque les plus importants pour la présence du diabète figurent la sédentarité et l’obésité, déjà signalé par certains spécialistes à notre rubrique Todo Salud (Toute la santé). La 3e enquête nationale sur les facteurs de risque de 2010 avait conclu qu’il y avait une prévalence de 6,1% de diabétiques connus dans le pays, alors que selon l’enquête de 2015, 5,7% de la population souffre de diabète, ce qui indique que la maladie est encore sous-déclarée et qu’il existe un groupe de personnes qui ne savent pas qu’elles sont diabétiques.

En outre, les statistiques officielles de la santé indiquent que plus de 25 % de la population âgée de plus de 14 ans souffre d’hypertension, et on estime qu’après 50 ans, près de 50 % d’entre eux pourraient en souffrir.

Le facteur commun de toutes ces maladies : l’alimentation. Prévenir dès le plus jeune âge, encourager des modes de vie sains et la pratique de l’exercice physique, ainsi que des politiques publiques qui rendent ces éléments viables, est le moyen le plus efficace de faire face à cette épidémie croissante.

(Granma)

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