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Judo : cap sur Rio de Janeiro

Judo mujeres cubaNul ne peut douter du succès du 2e Grand Prix de judo de La Havane. Les preuves de cette affirmation sont plus que suffisantes : ce tournoi, qui fait désormais référence pour son organisation et pour la quantité et la qualité des concurrents, a drainé un public nombreux qui a bravé le mauvais temps pour se rendre à la Cité des sports de La Havane, qui a réuni 386 judokas de 66 pays dans le cadre de cette compétition qui a donné le coup d’envoi du parcours de qualification vers les J.O. de Rio de Janeiro.

À noter que 29 pays ont remporté au moins une médaille, et, sur le total des 176 combats disputés dans le concours féminin, 101 (57%) ont été gagnés par ippon. Chez les garçons, ce taux a été encore meilleur : 156 sur 252, soit 62%. Des statistiques qui en disent long sur le niveau technique de ce tournoi.

Par ailleurs, seul le Russe Renat Saïdov (+ 100 kg) – il a retrouvé parmi ses adversaires le Cubain Alex Garcia (bronze) – a réussi à rééditer son exploit d’il y a deux ans, où il avait remporté la médaille d’or, et neuf médaillés de l’édition précédente sont montés sur le podium.

En dépit de la forte présence de concurrents de taille – en sa qualité de pays siège, Cuba a aligné quatre judokas dans chaque catégorie, soit 56 en tout –, la délégation cubaine a conservé sa deuxième place au tableau des médailles.

Rappelons qu’en 2014, en présence de judokas de 39 pays, la Grande île des Antilles avait récolté deux médailles d’or, deux d’argent et quatre de bronze, derrière la Georgie (3-0-2). À cette occasion, notre moisson de médailles a été à la hauteur : deux d’or, une d’argent et deux de bronze, ainsi que trois cinquièmes places et quatre septièmes, qui ont servi à l’attribution de points pour le classement mondial et permis à Cuba de terminer deuxième derrière la Russie (3-0-1), et devant Israël (2-0-1), le Brésil (2-0-2), la Hongrie (1-4-2), l’Allemagne (1-2-2), les États-Unis (1-1-1), l’Azerbaïdjan (1-0-2) et l’Ukraine (1-0-1).

Cuba a décroché l’or par l’intermédiaire de ses leaders, la championne olympique et double championne du monde Idalys Ortiz (+ 78 kg), originaire de la province d’Artemisa, et du vice-champion olympique en 2012 et champion du monde en 2013 Asley Gonzalez (90 kg), de la province de Villa Clara. Ainsi, ils ont tous deux réalisé le « score » parfait de 300 points pour décrocher leur qualification olympique. Ils ont reçu leurs médailles d’or frappées à l’effigie du Che, ainsi qu’une toile originale du peintre Nelson Dominguez.

Nos autres médaillés : Maricet Espinosa (63 kg-180 points), Dayaris Mestre (48 kg) et Alex Garcia (+100 kg), avec 120 points chacun.

VUE DEPUIS LES GRADINS

Le Roumain Marius Vizer, président de la Fédération internationale de judo, avait déclaré que ce qu’il admire le plus chez les judokas cubains, c’est leur combativité. Le déroulement du tournoi lui a donné raison.

Cette même envie, cette même détermination ont été présentes dans toute l’équipe, y compris chez des judokas moins expérimentés comme Melissa Hurtado et Yainlsidys Ponciano (48 kg), Melisa Peñalver, Jorge Martinez et Ivan Silva (81 kg), voire chez Garcia.

D’une manière générale, le rendement de nos représentants peut être qualifié de positif, malgré quelques failles techniques surtout attribuables au déficit de compétitions internationales regroupant l’élite mondiale.

Cependant, le bilan favorable de 36 victoires contre 27 revers chez les garçons, et de 37-33 chez les filles confirme le potentiel du judo cubain.

ENJEUX ET DÉFIS POUR RIO

Armando Padron est actuellement confronté à un défi de taille. L’actuel sélectionneur de l’équipe féminine tentera de préserver le bon travail réalisé des années durant par son prédécesseur Ronaldo Veitia, qui a choisi ce tournoi de La Havane pour annoncer officiellement sa retraite. La tâche ne sera pas facile si l’on sait qu’en 2015 seule la championne Idalys Ortiz a pu savourer une médaille de bronze aux Championnats du monde d’Astana, au Kazakhstan.

Padron a eu l’amabilité de nous livrer ses impressions sur la prestation de ses pupilles à ce Grand Prix et les possibilités de qualification des Cubains aux Jeux olympiques de Rio.

« Ce tournoi a été l’occasion de jauger nos judokas sur le plan individuel, de voir la gestion tactique des combats, de vérifier l’état physique face à des exigences élevées. Idalys, Maricet et Dayaris ont montré une bonne forme. Quant à Onix Cortés (70 kg), elle a été éloignée des tatamis depuis les Jeux panaméricains de Toronto en raison d’une blessure, et Yalennis Castillo (78 kg) a été battue par la championne olympique Kayla Harrison, des États-Unis, laBritannique Natalie Powell, une adversaire très expérimentée. »

Padron précise que nos espoirs de qualification reposent sur ces cinq filles. Au vu des performances de l’année dernière, Idalys affiche le meilleur bilan avec 25 victoires et 9 défaites, devant Mestre (17-12) et Espinosa (9-5).

Chez les garçons, Asley vient en tête avec 32 victoires et 11 défaites, devant José Armenteros (23-11), et Ivan Silva (28-15) dans la catégorie des 81 kg.

L’entraîneur en chef Justo Noda travaille depuis plus de vingt ans au service du judo cubain. Il a débuté sa carrière d’entraîneur à la tête de l’équipe nationale féminine avant de s’occuper des garçons. Il s’est exprimé sur la prestation de ses protégés, ainsi que sur la santé du judo cubain en général.

« De par sa qualité, ce tournoi est désormais incontestablement inscrit dans le paysage sportif, et permet à nos judokas, surtout aux jeunes, de se mesurer à des concurrents de haut niveau. Nous avons constaté qu’ils se sont montrés sans complexes face aux favoris, qu’ils ont fait preuve d’aisance et de combativité. Les lacunes ont été généralement d’ordre tactique, un domaine où la discipline et la concentration jouent un rôle déterminant.

« La tournée en Asie à la fin de l’année dernière a été très bénéfique pour nous. Le fait de pouvoir se mesurer au Japonais, aux Sud-coréens et aux Mongols est un privilège. Ils pratiquent un judo plus dynamique et explosif, et possèdent un répertoire varié, différent de celui des Européens, qui dépendent beaucoup plus de la puissance et ont un style plus statique. »

Faisant le point sur ce tournoi, et sur la prestation d’ensemble de nos judokas, l’entraîneur en chef s’est notamment félicité du retour en force d’Asley Gonzalez, qui semble avoir tiré un excellent profit de son stage de dix jours au Japon. « Asley a gagné en classe et en allure. Il fait preuve d’une assurance et d’une autorité impressionnantes sur le tatami et il a réussi à battre des adversaires fort coriaces. Silva a également bien combattu, tandis qu’Armenteros a montré qu’il a du potentiel, mais il manque de rodage pour pouvoir atteindre sa forme optimale. C’est aussi le cas de Magdiel Estrada, qui a des qualités. Tous ces aspects sont importants et nous y travaillons intensément », a sigalé Noda.

Ainsi, nos judokas redoublent d’efforts pour affronter les prochaines échéances, dont le Grand Slam de Paris, l’Open d’Italie et le Grand Prix de Düsseldorf.

Les filles seront également présentes aux deux premiers rendez-vous au à l’Open d’Autriche.

Au cas où certaines de nos principales figures ne parvenaient pas à décrocher leur billet olympique, Onix et Magdiel auront des options supplémentaires en Georgie, en Turquie et à l’Open continental du Salvador, ainsi que le Championnat panaméricain à la Cité des sports de La Havane.

Faisant le point sur ce qui reste encore à faire, l’entraîneur de l’équipe masculine a mis l’accent sur la préparation à la base visant à optimiser les points forts du judoka sur le plan technico-tactique, l’amélioration du travail du kumi (les prises), ainsi que sur la formation de nouveaux entraîneurs et l’étude des adversaires en analysant ses modes et ses méthodes d’action au combat et l’exploration d’autres systèmes de combat.

Cuba (6-13-16) occupe la 5e place historique du tableau des médailles olympiques derrière le Japon (34-18-18), berceau de cette discipline, la France (12-8-24), la Corée du Sud (11-14-15) et la Chine (8-6-3).

À ce pays viendront s’ajouter, à Rio de Janeiro, la Russie et la Georgie, deux pays qui ont marqué de leur empreinte les deux Grands Prix de La Havane.

Le rendez-vous est donc donné aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, qui auront le dernier mot.

(Granma)

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