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Le gouverneur de l’État de Virginie : 2016 est une année pour avancer dans les relations avec Cuba

EEUU estado virginia gobernador« 2016 est une année qui doit permettre d’avancer dans les relations entre Cuba et les États-Unis, d’en finir avec le blocus et de faire ce qui est correct pour les citoyens de nos deux pays », a déclaré le 5 janvier à La Havane le gouvernement de l’État de Virginie Terry McAuliffe.

Au terme de sa visite des installations du port de Mariel et de sa Zone spéciale de développement, l’homme politique étasunien a mis en exergue le potentiel des échanges commerciaux entre les deux pays, avant d’ajouter que dès son retour il ferait part de ses expériences aux congressistes de Washington et aux fonctionnaires de la Maison-Blanche.

McAuliffe, qui est le quatrième gouvernement à visiter l’Île depuis le 17 décembre 2014, est un homme politique influent qui a présidé le Comité national démocrate et s’est impliqué dans les campagnes présidentielles de Bill et Hillary Clinton. Il a été élu au poste de gouverneur l’année dernière et occupe la présidence de l’Association nationale des gouverneurs des États-Unis.

« Les fonctionnaires cubains souhaitent que nous venions pour faire des affaires. À présent, c’est à nous de faire notre travail dès notre retour à Washington », a-t-il dit.

Le gouverneur a rappelé qu’au cours des dix dernières années l’État de Virginie a vendu à Cuba des produits pour une valeur de près de 400 millions de dollars, et que l’objectif était de dépasser ce chiffre à l’avenir. « À l’heure actuelle, depuis mon élection au poste de gouverneur, nous sommes le troisième État à exporter le plus de produits vers Cuba, et nous souhaitons être les premiers dans ce domaine », a-t-il souligné.

Cependant, il a reconnu que les conditions dans lesquelles ce commerce est réalisé sont injustes.

« La plupart des citoyens de mon pays ignorent que Cuba doit payer ces produits à l’avance alors que le reste des pays ne paient qu’une fois la marchandise livrée, ou qu’il est interdit aux banques d’avoir des relations financières avec les institutions cubaines ou de leur octroyer des crédits.

« Je n’aurais absolument rien à redire si vous n’achetiez pas ces produits aux États-Unis. Cependant, je pense qu’augmenter le commerce entre nos deux pays est une manière de construire de meilleures relations », a indiqué le gouverneur.

Durant le séjour de M. McAuliffe, un mémorandum d’entente a été signé entre l’Administration portuaire nationale de Cuba et l’Autorité portuaire de Virginie, en matière d’échange d’informations, de promotion du commerce sur voies navigables et d’investissements.

Cet État de l’Union est l’une des principales porte d’entrée maritimes de la côte est, et le port de Norfolk est le plus important port en eaux profondes de la région avec plus de 300 000 postes de travail associés.

« Je forme des vœux pour que très bientôt, avec l’élargissement du canal de Panama, dont les travaux devraient s’achever cette année et qui permettra le passage de navires aux standards PostPanamax, ces navires géants puissent arriver en Virginie, décharger et charger leurs marchandises et ensuite venir à Cuba, appelé à devenir un point de transfert vers d’autres pays de la Caraïbe et d’Amérique latine », a affirmé le gouverneur.

Il a expliqué que le dernier projet de budget présenté par son État comporte un volet de 350 millions de dollars pour le port de Norfolk, alors que Mariel compte un investissement de près d’un milliard de dollars, ce qui, a-t-il dit « changera les règles du jeu » pour l’avenir économique des Cubains.

Cependant, les lois du blocus créent d’importants obstacles aux progrès dans ce domaine spécifique, c’est pourquoi le gouverneur a insisté sur la nécessité d’en finir avec les restrictions actuelles.

« Il y a très longtemps que je suis opposé à l’embargo (blocus) et que je prône sa levée. J’ai toujours pensée que c’était une politique stupide », a-t-il dit.

« Vous avez opéré des changement durant l’année 2014 et vous avez adopté une Loi qui ouvre Cuba aux investissements étrangers. À nous, les Nord-américains, y compris aux citoyens de Virginie qui sommes ici aujourd’hui, il nous est interdit d’un prendre part », a-t-il rappelé.

« C’est pour cette raison que nous devons agir ensemble. Il faut en finir avec le blocus et normaliser les relations », a signalé le gouverneur. Et d’ajouter : «Lorsque l’on arrive dans le hall de l’hôtel, on constate que tous les autres pays font des affaires avec Cuba. Des Canadiens construisent des hôtels, des entreprises de beaucoup d’autres pays font aussi des affaires, mais les États-Unis sont absents, et je pense que le peuple des États-Unis s’est rendu compte que cette politique ne peut pas continuer ».

M. Terry McAuliffe s’est dit confiant dans le succès d’un projet de loi au Congrès de Washington visant à autoriser les voyages de citoyens étasuniens à Cuba.

« Une fois que nos citoyens seront libres de se rendre à Cuba et que n’importe qui pourra monter dans un avion, je pense que sera le début de beaucoup de bonnes choses qui viendront. »

De l’avis du gouvernement, il est important que les hommes politiques et les fonctionnaires des États-Unis disposent d’une information de première main sur Cuba. « Nous devons faire venir les fonctionnaires élus afin qu’ils puissent constater combien (le blocus et les restrictions actuelles imposées par les États-Unis à l’île) sont injustes. Je pense que qu’il est important de les faire venir ».

Concernant l’éventualité d’une visite à Cuba du président Barack Obama dans un avenir proche, le gouverneur de l’État de Virginie a rappelé que les récentes déclarations de la Maison-Blanche indiquent que le président et ses conseillers prendront une décisions dans les prochains mois.

« Je serais surpris qu’il ne le fasse pas », a-t-il dit avant de souligner que le changement de politique envers Cuba est un héritage important de l’actuelle administration. « Il a franchi ce pas vers la normalisation des relations, et je pense qu’il est important que nous puissions avancer dans cette politique. Je serais ému de voir le président débarquer à Cuba ».

Le gouverneur a conclu le mardi 5 janvier une visite de deux jours et demi, au cours de laquelle il était accompagné par une vingtaine d’hommes d’affaires des secteurs de l’agriculture, de la technologie et de la santé, ainsi que des représentants de l’université et du port de Virginie, entre autres fonctionnaire.

Par ailleurs, le gouverneur de l’État de Virginie a été reçu par Ricardo Cabrisas Ruiz, vice-président du Conseil des ministres.

Durant leur entretien, ils ont procédé à un échange de vues sur le processus de mise à jour du modèle économique cubain, les relations économiques et commerciales extérieures de Cuba, les opportunités du commerce et des investissements pour les entreprises étrangères et les obstacles découlant du blocus qui entravent le développement des activités des hommes d’affaires nord-américains.

Le gouverneur McAuliffe, était accompagné par le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis à La Havane, Jeffrey DeLaurentis, et plusieurs membres de la délégation de l’État de Virginie.

La partie cubaine était représentée, entre autres, par Gustavo Machin Gomez, sous-directeur général du Département chargé des États-Unis au ministère des Relations extérieures, et d’autres fonctionnaires de ce ministère, ainsi que de responsables du ministère du Commerce extérieur et des Investissements étrangers.

Durant son séjour, M. McAuliffe a également été reçu par le ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Rodrigo Malmierca Diaz, il a présidé un forum entre des hommes d’affaires de l’État de Virginie et Cuba, et il a visité l’Université de La Havane.

(Granma)

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