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Le Mexique accueille Raul les bras grands ouverts

Raul MexicoLe général d’Armée Raul Castro Ruz est arrivé le 6 novembre dans la ville de Mérida, capitale de l’État du Yucatan, en réponse à une invitation du président Enrique Peña Nieto, pour effectuer sa première visite officielle dans ce pays depuis son arrivée au pouvoir en 2008.

Le Président cubain a été reçu par son homologue mexicain au Palais du gouvernement, un ancien édifice situé dans le centre historique, sur la Place de l’Indépendance ou Grande Place, comme ont coutume de l’appeler les habitants de la ville.

Durant la cérémonie de bienvenue, à la suite des hymnes des deux pays, les présidents ont présenté leurs délégations et ont passé en revue la Garde d’Honneur.

Raul et le président Peña Nieto ont eu des conversations officielles et ont assisté plus tard à la signature de plusieurs instruments juridiques, parmi lesquels deux protocoles d’entente, l’un pour garantir un flux migratoire légal, ordonné et sûr entre les deux pays et l’autre en matière de coopération universitaire et diplomatique.

Par ailleurs, un programme de coopération en matière touristique pour la période 2016-2017 a été signé et un second entre le secrétariat mexicain à l’Agriculture, le Bétail, le Développement rural, la Pêche et l’Alimentation et le ministère cubain de l’Industrie alimentaire, ainsi qu’une lettre d’intention entre le Secrétariat à l’Éducation publique de ce pays et le ministère cubain de l’Éducation, dans le cadre de la coopération technique en éducation de base.

Après la signature des accords, les présidents ont offert des déclarations à la presse sur l’importance de la visite du président cubain. Peña Nieto a déclaré à Raul que « le Mexique l’accueillait les bras grand ouverts et qu’il pouvait se sentir comme chez lui ».

Il a indiqué que depuis le début de son gouvernement, 14 instruments légaux avaient été signés avec Cuba. Un nombre auquel il n’en manque plus qu’un pour doubler le nombre de ceux signés depuis 1928, ce qui démontre l’intérêt du Mexique pour renforcer les relations bilatérales.

Ces documents ne sauraient rester seulement dans le cadre des bonnes intentions, a-t-il indiqué, mais doivent se matérialiser dans des réalisations concrètes qui signifient du développement en faveur de nos sociétés.

Concernant la portée de la visite, il a signalé qu’elle a permis de rétablir le dialogue politique au plus haut niveau, de moderniser et d’élargir le cadre juridique bilatéral, ainsi que de mettre à profit les meilleures conditions qui s’offrent aujourd’hui à Cuba pour que les chefs d’entreprise mexicains y investissent.

Et d’ajouter que les investisseurs mexicains devront voir dans la mise à jour du modèle économique cubain une occasion de contribuer au renforcement des relations économiques entre les deux pays. Les cinq accords contribueront à prévenir et à combattre le trafic de personnes, renforcer la formation des diplomates à travers des échanges universitaires, étendre la coopération en matière d’enseignement de base, notamment dans l’alphabétisation et la promotion de la lecture, échanger des expériences réussies en matière de tourisme pour que les visiteurs qui arrivent au Mexique, voyagent également à Cuba et inversement et développer de meilleures pratiques dans les secteurs de la pêche et l’aquaculture.

Quant à Raul, il a dit se sentir honoré de cette visite, car « le Mexique et Cuba sont unis par une relation spéciale, basée non seulement sur leur situation de voisinage géographique, mais sur leurs traditions communes de lutte, leurs liens culturels et familiers étroits, ainsi que sur les sentiments mutuels d’amitié et de solidarité à toute épreuve ».

Il a évoqué le passage par ces terres de José Marti, José Maria Heredia, Julio Antonio Mella, Fidel et d’autres jeunes révolutionnaires qui ont ensuite pris la mer à bord du yacht Granma, et également le général Lazaro Cardenas, l’un des premiers et plus illustres des visiteurs accueillis par Cuba après le triomphe de la Révolution.

Le président cubain a indiqué que la présence de l’Île au Sommet des Amériques, le rétablissement de relations avec les États-Unis et le récent vote quasi-unanime à l’Assemblée générale des Nations unies en faveur de la levée du blocus « sont autant de victoires de la solidarité mondiale, et spécialement de la solidarité latino-américaine et caribéenne, où le Mexique a joué un rôle important».

Il a ajouté qu’avec « la relance amorcée par le gouvernement du président Enrique Peña Nieto, les liens entre nos deux pays se renouvellent et se renforcent, non seulement dans le domaine politique et diplomatique, mais aussi dans les sphères culturelle, économique, commerciale et dans la coopération scientifique et technique ».

Il s’est félicité de l’intérêt des entreprises mexicaines à faire des affaires et à investir à Cuba, dans des secteurs comme l’agriculture et le tourisme. « L’expérience mexicaine dans ces domaines est reconnue et constitue un soutien important au processus de mise à jour du modèle économique que nous menons. »

Dans l’après-midi, le président Peña Nieto a offert une réception en l’honneur de son homologue et de la délégation qui l’accompagnait, à la Quinta Molina Montes située sur la Promenade de Montejo, la principale avenue de Mérida. Une rencontre chaleureuse et conviviale, qui a permis aux invités de revivre des moments de l’histoire qui unit Cuba au Mexique.

Le président mexicain a rappelé qu’il y a plus de 50 ans de jeunes révolutionnaires cubains avaient choisi le Mexique comme point de départ pour combattre pour l’indépendance d’un pays qui « allait devenir un exemple pour l’Amérique latine ». Un pays qui a maintenu sa dignité et a été capable de créer son propre destin.

Peña Nieto a réaffirmé la position ferme de son gouvernement contre le blocus exercé par les États-Unis contre l’Île, « parce que nous voulons que tout aille bien pour Cuba et pour toujours ».

Raul quant à lui s’est souvenu qu’il avait voyagé pour la première fois au Mexique un 24 juin, il y a 60 ans. Il a de nouveau exprimé ses remerciements pour l’accueil tellement chaleureux qu’il avait reçu, ajoutant que les Mexicains pourraient toujours compter sur le peuple et le gouvernement cubains. Avec la bonne humeur qui s’instaure dans les climats de confiance, Raul a plaisanté sur les longs discours, mais aussi sur son âge ; il a parlé de la famille, de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants et de cet immense amour qu’il ressent pour le Mexique : « Je vous souhaite à tous l’avenir de paix, de développement, de bien-être et de prospérité que vous méritez », a-t-il conclu.

Dans la journée du vendredi, le président cubain a aussi rendu hommage à la mémoire des six cadets – qui n’avaient pas plus de 13 à 16 ans – morts à la bataille de Chapultepec, en défendant leur pays contre l’intervention des États-Unis en 1847. La délégation cubaine s’est rendue au monument dédié « aux Enfants Héros », situé dans le parc La Mejorada, dans le centre historique de la ville, pour déposer une couronne de fleurs au nom du peuple cubain.

À la tombée de la nuit sur la Ville blanche, comme est appelée Mérida, le Président cubain a été décoré de l’Ordre du général Salvador Alvarado, une distinction qui reconnaît les mérites, la conduite exemplaire, les services rendus à l’humanité et les actions significatives effectuées par des personnalités du Yucatan ou des visiteurs illustres.

Comme l’a exprimé le gouverneur de l’État, Rolando Rodrigo Zapata, Raul mérite cette médaille pour l’exemple qu’il a offert au monde, de même que son peuple. À travers elle, nous honorons leur parcours, mais également, tous les habitants du Yucatan en sont honorés, a-t-il dit.

Devant un auditoire chaleureux, composé d’amis de l’Île, de Cubains résidents, d’autorités mexicaines, de législateurs, d’universitaires, d’hommes politiques, d’hommes d’affaires, de personnalités de la culture et du sport, le président cubain a déclaré qu’il appréciait et donnait toute sa valeur à cette décoration, parce qu’elle représentait un symbole de la fraternité qui unisse les deux peuples.

Ainsi concluait une journée marquée – en plus de la pluie intermittente – par le renforcement de ces liens d’amitié qui ont uni depuis des siècles des terres aussi proches que Cuba et le Mexique, que la mer des Caraïbes, aux dires de Peña Nieto, unit plutôt qu’elle ne sépare.

(Granma)

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