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Bruno Rodriguez : le blocus est une violation massive, flagrante et systématique des droits de l’Homme

bruno onuDans un climat « respectueux et constructif », les présidents Barack Obama et Raul Castro ont échangé des vues le mardi 29 septembre à New York sur la récente visite du Pape François à Cuba et aux États-Unis, ainsi que sur des sujets de l’agenda bilatéral, a annoncé en conférence de presse le ministre des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parrilla.

« Les présidents se sont accordés sur la nécessité de continuer à travailler sur l’agenda bilatéral fixé, qui comporte plusieurs domaines mutuellement avantageux et de coopération bilatérale et dans des pays tiers comme Haïti, la poursuite du dialogue sur des questions d’intérêt bilatéral et multilatéral, et la solution de problèmes en suspens entre les deux États », a-t-il précisé.

Selon le chef de la diplomatie cubaine, Raul a rappelé à son homologue que la levée du blocus, qui provoque des dommages et des privations au peuple cubain et nuit aux intérêts des citoyens des États-Unis, ainsi que d’autres atteintes à la souveraineté nationale, sont essentielles pour pouvoir avoir des relations normales avec les États-Unis.

« Concernant les décisions exécutives et les dispositions annoncées le 18 septembre dernier, le président cubain a insisté sur la nécessité d’élargir leur portée », a dit le ministre.

Le président Raul Castro a exprimé sa volonté de construire un nouveau type de relations basées sur le respect et l’égalité souveraine.

« Le rythme du processus vers la normalisation des relations entre les gouvernements des États-Unis et de Cuba dépendra de la levée du blocus, qui persiste dans sa totalité et est toujours pleinement appliqué », a ajouté Rodriguez Parrilla.

« Le blocus étant une réalité concrète qui n’a pas été modifiée, le 27 octobre la délégation cubaine présentera à l’Assemblée générale des Nations Unies le projet de résolution intitulé «Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier exercé contre Cuba par les États-Unis d’Amérique ». Tant que le blocus existera, nous présenterons cette résolution », a-t-il souligné.

Et d’ajouter : « Le blocus a de graves conséquences humanitaires. C’est une violation massive, flagrante et systématique des droits humains de tous les Cubains. Il affecte et provoque des dommages à toutes les familles cubaines, y compris aux Cubains qui résident à l’étranger ».

Le ministre a indiqué par ailleurs que cette politique est contraire à l’esprit et à la lettre de la Déclaration de l’Amérique latine et de la Caraïbe comme Zone de Paix, signée par tous les chefs d’État et de gouvernement de la région, au Sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe de La Havane, en janvier 2014.

En réponse à la question d’un journaliste, Bruno Rodriguez Parrilla a signalé que la restitution du territoire cubain illégalement occupé par la Base navale de Guantanamo est un élément de haute priorité dans le processus de normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba, « c’est une revendication du peuple cubain – appuyée par la Communauté des États latino-américains et caribéens –, qui revêt une importance toute particulière ».

Concernant le prochain vote sur la résolution cubaine contre le blocus, il a dit ignorer quelle serait la position de la délégation des États-Unis, avant de rappeler que cette initiative avait été adoptée l’année dernière par 188 voix favorables, trois abstentions et seulement deux voix contre, dont celle des Nord-américains.

Rodriguez Parrilla a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la Charte des Nations Unies et de ses objectifs et de ses principes, qui s’opposent au recours ou à la menace du recours à la force.

Plus loin, il a signalé : « Nous sommes très fiers du travail de Cuba en matière de droits de l’Homme. Personnellement, je pense que les droits de l’Homme sont universels, interdépendants, et ne doivent pas faire l’objet de manipulation politique ni de sélectivité d’aucune sorte ».

Il a précisé que Cuba garantit le plein exercice des droits politiques et des libertés civiles, ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels. « Nous avons beaucoup de préoccupations quant à la situation des droits de l’Homme dans le monde, en particulier aux États-Unis et en Europe occidentale. La crise migratoire des réfugiés est l’un de ces sujets de préoccupation. Par ailleurs, le patron de discrimination raciale et de brutalité policière contre la population afro-américaine aux États-Unis est réellement très grave », a affirmé le ministre.

Il a souligné « que notre pays a de profondes préoccupations » par rapport aux conséquences terribles de la crise humanitaire des réfugiés en Europe, qui est associée aux conflits qui sévissent au Moyen Orient et en Afrique du Nord, ainsi qu’à la pauvreté et au sous-développement.

« Le président cubain a averti très tôt que ces actions de guerre non conventionnelle menées par les États membres de l’OTAN dans des pays d’Afrique du Nord ou, même l’idée de l’expansion de l’OTAN vers les frontières de la Russie, comporteraient de graves menaces à la paix et à la sécurité internationales », a-t-il rappelé.

« Notre position est que les affaires internationales, les divergences entre États ou entre nations, doivent être réglées dans le cadre du Droit international et par des moyens pacifiques, par la voie des négociations », a-t-il précisé.

Concernant les divers points de dialogue et de coopération entre Cuba et les USA, Rodriguez Parrilla a mentionné l’environnement, notamment dans les mers communes, la lutte contre le trafic de drogue, la recherche et le sauvetage de personnes et la lutte contre le terrorisme.

« Cuba a livré une lutte énergique contre toute manifestation de terrorisme. Cuba est un pays qui n’a jamais permis ni ne permettra jamais aucune organisation, ni financement, ni soutien matériel pour commettre des actes de terrorisme d’aucune sorte et sous aucun prétexte contre aucun État et contre aucune personne », a-t-il souligné.

À un autre moment de son intervention, le diplomate a reconnu la juste décision du gouvernement des États-Unis d’exclure Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme international, une liste dans laquelle elle n’aurait jamais dû figurer.

Plus loin, il a ajouté qu’il existe aussi une coopération en matière de santé. « Nous soumettrons au gouvernement des États-Unis un projet de coopération trilatéral en Haïti, dans le domaine de la santé, une fois qu’il sera approuvé par le gouvernement souverain de ce pays ».

Il a souligné à cet égard les bienfaits qui pourraient découler de ce type de coopération pour le peuple haïtien et pour d’autres peuples.

« Cette question ne devrait pas rester comme un simple titre dans la presse ou une simple déclaration de bonnes intentions. Cuba demandera toujours à s’impliquer dans des actions de coopération trilatérale avec les États-Unis qui soient substantielles et ayant un véritable impact pour résoudre les problèmes sanitaires des États récepteurs, en particulier d’Haïti », a affirmé le ministre.

Il a rappelé qu’il existe aussi d’autres sphères ouvertes liées au courrier postal direct, aux communications et à diverses aires.

Plus loin, il a livré ses impressions sur les décisions exécutives prises récemment, signalant que jusqu’à ce jour elles ont une valeur très limitée.

« Leur porté et leur profondeur sont limitées et ne touchent aucun aspect significatif de l’application du blocus », a-t-il dit.

Il a rappelé que le président Barack Obama s’était engagé à lancer un débat au Congrès des États-Unis en vue de la levée du blocus. « Tant qu’il n’y aura pas de changements substantiels dans l’application du blocus, il n’y aura pas de changement substantiels dans le processus de normalisation des relations », a-t-il souligné.

Interrogé sur le temps qu’il reste à l’actuelle administration à la Maison-Blanche et sa possibilité d’opérer davantage de changements vis-à-vis de Cuba, Rodriguez Parrilla a signalé qu’il existait « une occasion d’avancer d’une manière significative dans la normalisation des relations bilatérales durant la période du président Obama ».

« Nous devons profiter du temps et des occasions pour favoriser l’intérêt commun de nos peuples », a-t-il dit.

Il a insisté sur le droit des citoyens des États-Unis de visiter Cuba, ainsi que sur celui de leurs entreprises d’investir dans l’Île sans les restrictions du blocus.

« Cuba ne discrimine aucunement les intérêts des États en matière de commerce ou d’investissements. Au contraire, nous invitons à tirer profit des opportunités créées par les transformations en cours dans notre pays sur des décisions souveraines et fondées sur les priorités de notre développement national et de l’économie cubaine ».

Et d’ajouter : « Les facultés exécutives du président des États-Unis sont très larges, elles touchent des dizaines de domaines, si bien qu’il pourrait prendre des mesures énergiques qui modifient substantiellement l’application du blocus. Il ne l’a pas fait, j’espère qu’il le fera ».

Interrogé pour connaître son impression personnelle concernant la relation entre les deux présidents, Rodriguez Parrilla a signalé que lors du dernier Sommet des Amériques, en avril, au Panama, le président Raul Castro avait déclaré qu’il considérait le président Obama comme un homme honnête, et il avait exprimé son admiration pour ses origines humbles, soulignant qu’à la différence des neuf autres présidents précédents, jamais il n’avait pris de mesures contre Cuba, tout comme le président James Carter.

« Vous avez certainement pu voir les images des réunions précédentes des deux présidents et les images cordiales d’hier soir et d’aujourd’hui », a-t-il conclu.

(Rédaction internationale du Granma)

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