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Des congressistes nord-américains à La Havane : « Nous devons lever le blocus »

congresistas usaQUATRE congressistes nord-américains en visite à La Havane au mois de mai ont insisté sur la nécessité de lever le blocus imposé à Cuba, et de continuer d’avancer vers le processus de normalisation des relations entre les deux pays.

« Nous devons en finir avec cette prohibition (le blocus) » et trouver une « manière pragmatique » pour entretenir des rapports bénéfiques aux deux peuples », a signalé le congressiste de l’Arizona, Raul Grijalva, l’un des membres de la délégation composée par deux sénateurs et deux membres de la Chambre des représentants, tous démocrates.

Ils ont précisé qu’il reste encore beaucoup à faire au Capitole pour mettre un terme aux politiques d’agression menées pendant plus d’un demi-siècle.

Le sénateur du Nouveau Mexique et leader du groupe, Tom Udall, a quand même rappelé l’existence d’un croissant soutien bipartite aux projets de loi visant à lever les restrictions au commerce, aux voyages et aux relations avec Cuba.

« Aujourd’hui, au Comité des Relations extérieures du Sénat, la majorité, aussi bien démocrate que républicaine, est pour la levée de l’interdiction de voyager », a-t-il souligné.

Udall lui-même a présenté récemment au Sénat un projet visant à frayer la voie à la présence à Cuba d’entreprises de télécommunications des États-Unis.

« Je suis optimiste, même si je suis conscient que tout ne changera pas du jour au lendemain », a-t-il indiqué en réponse à une question sur la possibilité d’une suppression totale du blocus.

Pour sa part, Al Franken, sénateur du Minnesota, a affirmé quant à lui que la majorité du peuple des États-Unis est en faveur de franchir ce pas, comme le confirment les récents sondages.

« Y compris en Floride, a-t-il précisé, la majorité des citoyens est d’accord avec un changement de politique vis-à-vis de Cuba. »

« Seule une minorité restreinte au Congrès se prononce pour le maintien du blocus », a-t-il conclu.

DÉFIS DE LA NORMALISATION

Le sénateur Udall a ajouté dans ses déclarations que Cuba et les États-Unis ont réalisé de « grands progrès » depuis l’annonce historique du 17 décembre dernier des présidents Barack Obama et Raul Castro, laquelle a marqué un nouveau tournant dans les relations entre nos deux pays.

Il a rappelé que le 29 mai marquera l’expiration du délai fixé pour le retrait de Cuba de la liste des États soutenant le terrorisme, et il s’est dit confiant que « dans les prochaines semaines » les deux parties pourront franchir les derniers pas pour le rétablissement des relations diplomatiques et l’ouverture des ambassades.

Selon les autorités des deux pays, ce dernier point ouvrira la voie à un nouveau processus, beaucoup plus long et complexe, vers la normalisation des liens.

Parmi les questions à traiter à ce nouveau stade figurent, pour Cuba, la levée du blocus, la restitution du territoire occupé par la Base navale de Guantanamo, la suppression des transmissions illégales de radio et de télévision, ainsi que des programmes subversifs, et la réparation des dommages causés par le blocus.

Parallèlement, les États-Unis ont avancé la question des indemnisations pour les nationalisations des entreprises nord-américaines au début de la Révolution, que les États-Unis avaient refusées à l’époque.

Interrogé sur le dossier Guantanamo, le sénateur Al Franken a signalé que cette question « n’est pas encore sur la table », avant d’ajouter que, personnellement, il s’est toujours prononcé contre la prison qui a été installée là-bas, mais qu’en ce qui concerne la base navale en soi, « d’autres considérations entrent en jeu ».

À une question de notre quotidien sur le maintien des programmes visant à encourager un « changement de régime » à Cuba, auxquels sont encore alloués des millions de dollarsde fonds du Congrès, le sénateur Udall a défendu l’ensemble de ces initiatives dans le cadre des efforts pour « étendre la démocratie » des États-Unis.

Par contre, il s’est déclaré contre certains projets, notamment ceux conçus pour « renverser des gouvernements », soulignant que ces mesures doivent être examinées « au fur et à mesure que l’on avancera », pour voir s’ils font « du bon travail ».

Pour sa part, le congressiste Grijalva a souligné que les échanges culturels, artistiques et scientifiques sont vitaux pour la normalisation, mais que les programmes de subversion doivent être analysés et écartés.

À cet égard, il a rappelé les propos du président Barack Obama, selon lesquels dans le cas de Cuba, « nous ne cherchons pas un changement de régime ».

John B. Larson, représentant pour le Connecticut, a quant à lui évoqué l’importance des pas qui ont été franchis au cours des cinq derniers mois, et il a paraphrasé le président Kennedy qui dans un discours avait signalé que « même si nous ne pouvons mettre fin immédiatement à nos désaccords, au moins pourrons-nous aider à assurer dans le monde une sécurité qui permette la diversité des idées ».

UNE VISITE FRUCTUEUSE

Cette visite avait pour but de favoriser le rapprochement entre nos deux pays dans cette première étape du processus de normalisation de leurs relations à travers le commerce, le tourisme, les télécommunications et les échanges culturels.

Les législateurs se sont félicités de leurs échanges fructueux avec les ministères du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, des Relations extérieures, de l’Agriculture, avec les travailleurs indépendants, des membres des petites coopératives et des investisseurs étrangers.

Grijalva a souligné que plus ces échanges se développeront, plus nous pourrons avancer dans la normalisation des liens.

Tom Udall a identifié deux domaines clés en matière de coopération dans lesquels les deux pays peuvent progreser plus rapidement : la préservation de l’environnement et les échanges culturels.

À cet égard, il mis en avant les potentialités des Marais de Zapata, l’un des lieux qu’ils ont parcourus, signalant qu’il espérait voir davantage de visiteurs nord-américains dans cette région.

Il s’est également félicité des liens entre des artistes nord-américains et cubains, favorisés par la 12e Biennale de La Havane.

« Ces événements aident à lever les barrières », a-t-il affirmé.

(Prensa Latina)

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