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	<title>Cubadebate (Français) &#187; racisme</title>
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		<title>Le racisme, une barbarie à éradiquer</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2021 18:01:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[e racisme, – ce mythe barbare de notre époque –, est enfoui dans l’inconscient, si bien qu’il nous faut l’éliminer complètement. Il est le fils du préjugé, une autre croûte de l’espèce humaine qui fait autant de mal psychologique à la victime qu’à l’agresseur. L’anthropologue Ashley Montagu, dans une affirmation énergique, a déclaré : « L’illusion de la race est le mythe le plus nuisible de l’homme ». Quant à José Marti, il l’a exprimé avec son génie de la métaphore et sa profondeur éthique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-5112" alt="racismo" src="/files/2021/01/racismo.jpg" width="300" height="251" />« Pour construire cette muraille,<br />
Amenez-moi toutes les mains :<br />
les Noirs, leurs mains noires,<br />
les Blancs, leurs mains blanches».</p>
<p>Le racisme, – ce mythe barbare de notre époque –, est enfoui dans l’inconscient, si bien qu’il nous faut l’éliminer complètement. Il est le fils du préjugé, une autre croûte de l’espèce humaine qui fait autant de mal psychologique à la victime qu’à l’agresseur. L’anthropologue Ashley Montagu, dans une affirmation énergique, a déclaré : « L’illusion de la race est le mythe le plus nuisible de l’homme ». Quant à José Marti, il l’a exprimé avec son génie de la métaphore et sa profondeur éthique : « Dans ce monde, il n’y a qu’une race inférieure, celle de ceux qui s’intéressent avant tout à leur propre intérêt, et il n’y a qu’une race supérieure : celle de ceux qui s’intéressent avant tout à l’intérêt humain.</p>
<p>L’apôtre avait déclaré auparavant : « Il n’y a pas de haine de race parce qu’il n’y a pas de races ». Néanmoins, il est regrettable qu’il existe aujourd’hui dans notre pays des vestiges d’un racisme absurde, dont nous connaissons les tristes origines et les cupidités aveugles engendrées par la traite des esclaves et l’infâme système idéologique qui l’a sous-tendu pour tenter de consolider une hiérarchie sociale supérieure.</p>
<p>Fernando Ortiz a compris très tôt que le racisme envers les hommes et les femmes noirs était étroitement lié au colonialisme et à l’esclavage. Il a écarté l’idée de considérer l’Afrique comme un continent obscur et a consacré presque toute sa vie à redonner toute leur valeur aux diverses cultures africaines afin d’apporter des connaissances qui contribueraient à l’intégration de la nation cubaine et à l’identité de notre peuple. Il fut sans aucun doute un précurseur comme l’ont été aussi José Marti et Nicolas Guillén.</p>
<p>Éradiquer le sentiment raciste envers le Noir n’est pas seulement un travail de thérapeute. Il faut étudier les cultures des peuples africains qui ont légué à Cuba un immense trésor cosmogonique et artistique. L’important est d’effacer la rumeur sournoise de l’inconscient où se façonne le préjugé racial. Il faut arroser les fleurs du désert avec du sable. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons voir fleurir une conscience pure et transparente.</p>
<p>À travers la discrimination raciale s’expriment les sentiments les plus perfides de l’espèce humaine, aussi est-elle sanctionnée par la loi, car c’est un crime contre la culture. Il est nécessaire de s’écarter de tout cauchemar qui mènerait à une violation. Laisser des zones sombres dans l’inconscient revient à ne jamais les surmonter, au contraire, c’est les garder toujours présentes. Il faut se féliciter de la victoire de la raison et de l’avènement d’une civilisation humaniste. C’est le chemin que nous voulons parcourir pour parvenir à la ligne claire de l’horizon.</p>
<p>Proclamer l’existence des races est aussi absurde que les efforts des théologiens du Moyen Âge pour compter le nombre d’anges qui pouvaient danser à la pointe d’une aiguille. L’éradication du racisme est aujourd’hui une priorité dans les programmes éducatifs des écoles cubaines. Et l’accent mis sur une culture plus inclusive et dépourvue de préjugés doit également être renforcé en tant qu’objectif principal du projet social de notre pays. « La cubanité n’est pas dans le sang, c’est principalement la spécificité d’une culture, celle de Cuba », a affirmé Fernando Ortiz.</p>
<p>«Tout ce qui divise les hommes, tout ce qui les spécifie, les éloigne ou les enferme, est un péché contre l’humanité », a écrit José Marti. Et bien sûr, cette affirmation implique toute sorte de discriminations.</p>
<p>Le racisme est une construction culturelle diabolique qui ne valide pas la nature humaine et il est incompatible avec le socialisme. Fidel Castro l’a montré par sa pensée attachée aux idées de José Marti et d’Antonio Maceo, et par son action émancipatrice. Une fois de plus, il a devancé les desseins de l’histoire.</p>
<p><strong>(Source: Granma)</strong></p>
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		<title>En noir et blanc</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jul 2020 17:46:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Culture politique]]></category>
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		<description><![CDATA[La séquestration du noir à partir du blanc n'est pas l’exclusivité d’un seul pays au passé esclavagiste ou esclavisant, c'est plutôt la règle. À Cuba, on peut même parfois la chercher dans ce que l’on considère comme notre première œuvre littéraire, Espejo de paciencia (Miroir de patience), écrite par un créole d’origine canarienne.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4777" alt="negro y blanco" src="/files/2020/07/negro-y-blanco.jpg" width="300" height="251" />Le racisme, dont la cause historique réside dans la poursuite de l&#8217;exploitation la plus brutale comme moyen d&#8217;enrichissement, est aussi dans son essence et nécessairement un phénomène culturel. Aussi ne disparaît-il pas avec l&#8217;élimination des bases économiques qui le soutiennent</p>
<p>La séquestration du noir à partir du blanc n&#8217;est pas l’exclusivité d’un seul pays au passé esclavagiste ou esclavisant, c&#8217;est plutôt la règle. À Cuba, on peut même parfois la chercher dans ce que l’on considère comme notre première œuvre littéraire, Espejo de paciencia (Miroir de patience), écrite par un créole d’origine canarienne.</p>
<p>Le récit, selon Eduardo Torres-Cuevas, est une recréation esthétique d&#8217;un mensonge et, en même temps, la création d&#8217;un mythe. Le premier, associé au fait que l&#8217;œuvre prétend dissimuler le contexte de contrebande à l&#8217;origine des événements relatés ; le second renvoie à l&#8217;intention de valoriser l&#8217;héroïsme du créole de Bayamo.</p>
<p>Mais d’autres lectures sont possibles. Dans l&#8217;œuvre, le Noir apparaît, principalement dans le personnage de Salvador Golomon, « un Éthiopien digne d&#8217;éloges », qui met fin à la triste vie du flibustier Gilberto Giron, kidnappeur de l&#8217;évêque Cabezas de Altamirano. Grâce à cette action courageuse, le Noir obtient sa liberté. La vertu de Salvador, aux yeux de Silvestre de Balboa, l’auteur du poème épique, est d&#8217;avoir servi courageusement les maîtres blancs dans une bataille aux mobiles commerciaux – un trafic dont il ne tirait aucun profit – dans laquelle il n&#8217;était qu&#8217;un participant en sa condition d&#8217;esclave. Le Noir était vu à travers les yeux du Blanc, dans ce cas dans sa fonction utilitaire.</p>
<p>Le racisme, dont la cause historique réside dans la recherche de l&#8217;exploitation la plus brutale comme moyen d&#8217;enrichissement, est également dans son essence et nécessairement un phénomène culturel. Aussi ne disparait-il pas avec l&#8217;élimination des bases économiques qui le soutiennent. Il perdure dans le temps au-delà de l&#8217;abrogation des lois explicites ou implicites qui le codifient, au-delà des relations économiques qui ont besoin du racisme. Et l’on ne supprime pas complètement la discrimination si l’on ne supprime pas le tissu culturel qui le soutient et qui, dans de nombreux cas, fait partie du noyau structurel des nations.</p>
<p>Des pays comme Cuba ont été façonnés à partir de l&#8217;eurocentrisme chrétien avec une importante composante raciste. Des acteurs significatifs dans la formation de cette nationalité ont vu le Noir comme un facteur de retard social. Une vision qui a justifié, à partir des élites créoles, des propositions concrètes d&#8217;eugénisme et d’autres plus génocidaires.</p>
<p>De telles positions racistes, que ce soit dans leurs variantes les plus extrêmes ou dans les plus paternalistes, étaient la norme chez les défenseurs de la colonie, les annexionnistes, les réformateurs ou les autonomistes. Mais le racisme était également présent dans les secteurs indépendantistes, malgré nos héros les plus illustres et les racines profondément antiesclavagistes de notre épopée.</p>
<p>Le précepte de José Marti invitant à penser une république inclusive et constituée de paires dans toute sa diversité ethnique n’a pas signifié, loin s’en faut, l&#8217;acceptation d&#8217;une posture antiraciste par la société frustrée qui émergea de la Guerre d&#8217;indépendance.</p>
<p>La puissance interventionniste [les États-Unis] favorisa des acteurs qui partageaient sa vision anti-noire. Selon les élites, le progrès de Cuba passait par le « blanchiment », en faisant appel aussi bien aux processus visant à « faire progresser la race » par le biais du métissage, qu&#8217;à la relégation du Noir « à sa place ». Ces idées, projetées depuis l&#8217;hégémonie de classes de la bourgeoisie subordonnée au pouvoir impérial, furent également utilisées comme un mécanisme de peur pour justifier la violence contre certaines composantes des masses les plus modestes de Blancs, de Noirs et de métis. Elles furent utilisées pour justifier des crimes comme le massacre de milliers de Noirs lors du soulèvement de 1912. La peur du Noir, brandie comme un mécanisme de domination coloniale, fut transférée vers la république naissante avec le même objectif.</p>
<p>Le Noir, dans la conception républicaine néocoloniale qui émergeait, était un symbole d&#8217;incivilité, de retard, et une entrave au progrès de la nation. Sa culture n&#8217;en était pas une en soi, elle était ignorante, lascive, perverse et incompétente et dans la même mesure où sa présence rebelle dans l’authentique cubanité était inévitable, on s’employait plutôt à créer sa variante « blanche », « civilisée », que ce soit dans la musique, le théâtre ou la littérature. Cette perspective est encore présente dans certains secteurs de l&#8217;imaginaire social cubain, même après 60 ans d&#8217;efforts systématiques pour le changer à partir du pouvoir politique que la Révolution a donné aux dépossédés, y compris au Noir.</p>
<p>Todo proceso de gestación de lo nacional, esencialmente simbólico, genera necesariamente una intelectualidad orgánica a ese esfuerzo. La intelectualidad blanca la conocemos, representantes la mayoría de ellos, además, de sectores de la clase poseedora dentro de la población criolla. La memoria de la negra quedó en buena medida perdida, ya sea por la falta de testimonio propio escrito o por un ejercicio que buscó que se olvidara. Pero, aunque recuperarla para el imaginario social sea difícil, tenemos el deber emancipador de seguir haciéndolo. Aún tenemos una deuda con los Aponte de nuestra historia y no lograremos coronar nuestras aspiraciones hasta que no la saldemos.</p>
<p>Tout processus de gestation du national, essentiellement symbolique, génère nécessairement une intellectualité organique à cet effort. Nous connaissons l&#8217;intelligentsia blanche, dont la plupart sont, de plus, des représentants de secteurs de la classe possédante au sein de la population créole. La mémoire des intellectuels noirs s&#8217;est en grande partie perdue, que ce soit par manque de son propre témoignage écrit, ou par un exercice qui a fait en sorte qu’elle soit oublié. Mais, bien qu&#8217;il soit difficile de la récupérer pour l&#8217;imaginaire social, nous avons le devoir émancipateur de continuer à le faire. Nous avons toujours une dette envers les nombreux Aponte [créole noir qui dirigea en 1811 la première conspiration à caractère national dans l’Histoire de Cuba] de notre histoire et nous ne réussirons pas à atteindre nos objectifs tant que cette dette ne sera pas soldée.</p>
<p>Ces insuffisances persistent, et cela en dépit d’années d&#8217;efforts pour étudier les racines noires du pays et les intellectuels qui ont fait et continuent de faire de cette étude la raison de leurs préoccupations scientifiques. Des études dans lesquelles la Révolution a réussi à incorporer le Noir à partir de son autonomisation par l’alphabétisation, comme un fouilleur de son passé et un façonneur de son histoire. Cet effort systématique visant à découvrir notre histoire noire n’a pas toujours été accompagné d’un succès égal, malgré tous les progrès qui ont été réalisés dans ce domaine également, dans son insertion aux systèmes d’enseignement. La génération de symboles tangibles et intangibles de cette mémoire est également insuffisante.</p>
<p>Au-delà des lois et des efforts concrets pour éliminer la racine économique et sociale du racisme, la Révolution a lancé de gigantesques processus de décolonisation culturelle qui sont toujours en cours aujourd&#8217;hui. Des espaces entiers de la société ont acquis des couleurs sombres, notamment dans la culture artistique, et bien au-delà de celle-ci. Jamais auparavant dans l&#8217;histoire de ce pays un effort aussi monumental n&#8217;avait été effectué pour incorporer le noir, non pas comme une greffe, mais comme une partie essentielle du tronc de l’essence cubaine. Cela s&#8217;est fait en même temps que l&#8217;élaboration des outils méthodologiques pour y parvenir, en partant de l&#8217;urgence de prendre, dans ce cas-là aussi, le ciel d&#8217;assaut. Comme tout processus social d&#8217;émancipation, nous avons beaucoup avancé en très peu de temps et nous avons commis des erreurs par le simple fait d’agir et, également, en n’agissant pas suffisamment.</p>
<p>La période spéciale, avec les processus sociaux et économiques qu&#8217;elle a déclenchés, a donné lieu à des processus de remarginalisation de zones concrètes et symboliques de la société cubaine qui se sont unies à d&#8217;autres qui n&#8217;avaient jamais cessé d&#8217;être marginales, où la présence noire est importante. Cela a mis en évidence des problèmes structurels d&#8217;inégalité ou de vulnérabilité, associés à la couleur de la peau, qui n&#8217;avaient pas été résolus dans notre société. Le racisme est encore présent à Cuba aujourd&#8217;hui, car il est sous-jacent, souvent dormant, dans la conscience sociale de nombreux compatriotes et rendu invisible dans de nombreux espaces sociaux et même institutionnels.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, la marginalisation symbolique a comme nouvelle composante l&#8217;influence de la mondialisation colonisatrice. C&#8217;est dans ce contexte que la lutte contre le racisme à Cuba acquiert également des connotations et une portée encore plus déterminantes, dans le cadre du front culturel commun contre les assauts auxquels nous sommes soumis en tant que nation.</p>
<p>Nous voyons aussi cette marginalisation dans la perte de civilité qui se traduit par des attitudes sociales répréhensibles, l’accroissement de paroles misogynes dans des chansons et autres manifestations. Lorsque ce phénomène se produit, le racisme sous-jacent tend à le visualiser en termes de race : le Noir est l&#8217;antisocial, le Noir est le mal élevé, le noir est le non civilisé… Cet imaginaire se reflète dans des lieux communs qui persistent parmi nous, par exemple lorsqu&#8217;il est associé au fait de bien faire les choses avec l’expression : « faisons-le comme les blancs » ou lorsque l&#8217;on reproche à une personne de se comporter comme « un Noir ».</p>
<p>Dans notre société actuelle, de vastes espaces, où le racisme a été vaincu, coexistent avec d&#8217;autres où il persiste et s&#8217;étend. Nous pouvons constater avec fierté des progrès considérables dans cette lutte contre le racisme : tout d&#8217;abord, son bannissement en tant que phénomène inhérent à une société capitaliste, mais nous devons également reconnaître sa permanence obstinée en tant que phénomène social réel.</p>
<p>Nous reconnaissons comme notre tenue vestimentaire formelle, légitimée symboliquement pour des actes protocolaires et officiels, la très cubaine chemise guayabera, mais aussi la veste et la cravate importées d&#8217;Europe, blanche et symboliquement exclusive, et aucune autre. Nous n&#8217;avons pas intégré parmi les vêtements acceptés comme officiels les superbes costumes de notre héritage africain. Considérons cela comme un exemple simple et « innocent » de toutes ces dimensions symboliques du racisme qui passent inaperçues parmi nous.</p>
<p>Certains monuments érigés durant la république néocoloniale bourgeoise n&#8217;ont pas fait l&#8217;objet d&#8217;une intervention adéquate pour leur donner un nouveau sens à la lumière d&#8217;une vision anticoloniale et révolutionnaire de notre Histoire.</p>
<p>Nous traînons les conséquences de ces siècles au cours desquels le Noir, culturellement parlant, a été inséré de force dans une société façonnée par le Blanc et ses codes. Sa culture, en tant qu&#8217;attitude quotidienne, est encore considérée par beaucoup comme périphérique, une dissemblance non incorporée à une prétendue racine blanche ; elle est perçue comme une culture du folklore. On persiste à écarter certains comportements sociaux, comme des comportements de Noirs. La réaction la plus explicite de la part de ceux qui sont pris pour cible par cette agression symbolique est alors réduite par certains à une soi-disant menace à la coexistence sociale.</p>
<p>Nous nous devons de mener une lutte acharnée sur le plan réel de l’économique, du social et du culturel, contre le racisme, qui non seulement persiste mais qui menace de se répandre. Elle doit être livrée avec les outils que nous avons conçus, à force d’agir, et que nous continuons de concevoir durant toutes ces années d&#8217;efforts immenses et insuffisants. Nous disposons d&#8217;un formidable arsenal d&#8217;idées que nous n&#8217;avions pas auparavant, résultat également de ce qui a été réalisé à partir de la Révolution, que nous pouvons et devons incorporer dans cette bataille, celle que nous devons à tous les Salvador Golomon de notre Histoire, qui n&#8217;ont pas lutté pour reproduire des modèles d&#8217;exploitation, mais pour ouvrir des voies afin de chercher dans l’humain la plénitude. Nous, tous les enfants égaux de Marti et de Maceo, de Camilo et d&#8217;Almeida nous nous le devons, quelle que soit la couleur.</p>
<p><strong>(Source: Granma)</strong></p>
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		<title>Des sportifs des États-Unis font entendre leur voix au CIO</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jul 2020 16:09:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’ancien sprinter John Carlos, passé à la postérité pour avoir levé le poing, avec son compatriote Tommie Smith, sur le podium du 200 m aux Jeux de Mexico en 1968, figure parmi les signataires d'une lettre adressée au Comité international olympique (CIO), demandant la suppression de la Règle 50 de cet organisme.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4755" alt="Deportista John Carlos" src="/files/2020/07/Deportista-John-Carlos.jpg" width="300" height="250" />L’ancien sprinter John Carlos, passé à la postérité pour avoir levé le poing, avec son compatriote Tommie Smith, sur le podium du 200 m aux Jeux de Mexico en 1968, figure parmi les signataires d&#8217;une lettre adressée au Comité international olympique (CIO), demandant la suppression de la Règle 50 de cet organisme.</p>
<p>« Les athlètes ne seront plus réduits au silence. Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. Le CIO et l’IPC (Comité paralympiqueinternational) ne peuvent pas continuer à punir ou à éliminer les athlètes qui défendent leurs convictions, surtout lorsque ces convictions illustrent les objectifs de l’Olympisme. Le mouvement olympique et paralympique honore simultanément des athlètes comme John Carlos et Tommie Smith, tout en interdisant aux athlètes actuels de suivre leurs traces », peut-on lire dans le document.</p>
<p>La Règle 50 de la Charte olympique stipule qu’ « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».</p>
<p>Les sportifs qui enfreignent ces règles sont passibles de sanctions, comme celles subies par les coureurs John Carlos et Tommie Smith, lorsque lors de la cérémonie de remise des prix de la course de 200 m aux Jeux de Mexico de 1968. Rappelons que les deux vainqueurs des médailles de bronze et d&#8217;or, avaient baissé la tête et levé le poing ganté de noir pour protester contre la ségrégation raciale dans leur pays. Après ce geste, ils avaient été exclus de la délégation et expulsés du Village olympique.</p>
<p>Le CIO avait publié des lignes directrices en janvier précisant que les manifestations interdites comprennent la pose d&#8217;un genou à terre, comme l’avait fait Colin Kaepernick en 2016, qui a été banni des terrains de football américain.</p>
<p>Ce signe de protestation contre le racisme a gagné en force dans les stades aux États-Unis, ce qui a poussé Donald Trump à faire des commentaires désobligeants, appelant à l&#8217;expulsion des sportifs qui suivraient l&#8217;exemple de Kaepernick. Ainsi, l’ex-quarterback des 49ers, qui a ouvert un débat national aux États-Unis, va faire l’objet d’un documentaire.</p>
<p>CONTRE LE RACISME, MAIS…</p>
<p>Après l&#8217;assassinat de George Floyd le 25 mai, le président du CIO, Thomas Bach, a déclaré qu&#8217;il soutenait la lutte contre le racisme et la discrimination, à condition que les principes de l&#8217;organisme qu&#8217;il dirige soient respectés.</p>
<p>Bach a appelé les sportifs à manifester dignement contre le racisme, mais il estime que la pose d’un genou à terre durant l’hymne national est un symbole de la lutte antiraciste formellement interdit par la Charte olympique.</p>
<p>« Nous avons totalement soutenu l&#8217;initiative de la commission des athlètes (du CIO) de dialoguer avec ses homologues du monde entier pour explorer les différentes façons dont les athlètes olympiques peuvent exprimer leur soutien aux principes contenus dans la Charte olympique de façon digne », a-t-il déclaré le 10 juin lors d’une conférence de presse téléphonique à la suite d’une réunion de la Commission exécutive du CIO, tenue par visioconférence, a rapporté l’agence Prensa Latina.</p>
<p>Comment interpréter l&#8217;expression « manifester de manière digne » à laquelle se réfère l&#8217;organe directeur du sport olympique ?</p>
<p>Il est clair que cette réponse n&#8217;a pas convaincu les sportifs et les militants noirs étasuniens, qui continuent donc à exiger l&#8217;abrogation de la Règle 50.</p>
<p>« Le mouvement olympique et paralympique honore simultanément des athlètes comme John Carlos et Tommie Smith, tout en interdisant aux athlètes actuels de suivre leurs traces », souligne la lettre du Conseil consultatif des athlètes du Comité olympique et paralympique des États-Unis (USOPC AAC) adressée au CIO.</p>
<p>Si l’on sait que le football et le football américain, sous la pression sociale provoquée par l&#8217;assassinat de George Floyd, ont reconnu le droit des joueurs de ces disciplines à manifester contre le racisme aux États-Unis, le Comité international olympique changera-t-il de position ?</p>
<p><strong>(Source: Granma)</strong></p>
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		<title>Nous sommes noirs et nous sommes fiers de l’être</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2020 20:20:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après avoir remporté la médaille d'or du 200 mètres aux Jeux olympiques de Mexico en 1968 avec un record de 19,83 secondes, Tommie Smith, ainsi que son coéquipier John Carlos, médaillé de bronze sur cette même distance avec un chrono de 20,10, furent exclus de la délégation des États-Unis et expulsés du Village olympique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4637" alt="deporte" src="/files/2020/06/deporte.jpg" width="300" height="252" />Ces propos de Tommie Smith, 68e champion olympique de Mexico, retrouvent toute leur actualité aujourd&#8217;hui, sandés haut et fort par les manifestants qui protestent contre la mort de George Floyd</p>
<p>« Si je gagne, je suis un Américain, pas un Noir Américain. Mais si j&#8217;avais fait quelque chose de mal, ils auraient dit que j&#8217;étais un Nègre. Nous sommes noirs et nous sommes fiers d’être noirs. L&#8217;Amérique noire comprendra ce que nous avons fait ce soir. »</p>
<p>Après avoir remporté la médaille d&#8217;or du 200 mètres aux Jeux olympiques de Mexico en 1968 avec un record de 19,83 secondes, Tommie Smith, ainsi que son coéquipier John Carlos, médaillé de bronze sur cette même distance avec un chrono de 20,10, furent exclus de la délégation des États-Unis et expulsés du Village olympique.</p>
<p>La raison ? Lors de la cérémonie de remise des médailles, ils ont baissé la tête, fermé les yeux et levé le poing ganté de noir au ciel, en signe de protestation contre la ségrégation raciale aux États-Unis.</p>
<p>Le Blanc Avery Brundage, alors président du Comité international olympique, considéra ce geste comme contraire à l’esprit olympique et exigea l&#8217;exclusion des deux sprinters.</p>
<p>Cependant, lorsque Brundage avait assisté aux Jeux de Berlin en 1936, à la tête du Comité olympique des États-Unis, il n&#8217;avait pas pipé mot devant le salut nazi, et nombreux furent ceux qui dans l’Allemagne hitlérienne se sentirent humiliés par les quatre médailles d&#8217;or remportées, en six jours de compétition, par le Noir Jesse Owens (100, 200 mètres, relais 4&#215;100 et saut en longueur), que le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, refusa de recevoir à la Maison-Blanche.</p>
<p>LE MONDE CONTRE LE RACISME</p>
<p>Parallèlement à la résurgence des manifestations dans différentes villes des États-Unis à la suite du meurtre de George Floyd, de nombreuses personnalités sportives internationales ont uni leurs voix pour exiger la fin des injustices, des inégalités et des brutalités policières qui ne cessent d&#8217;augmenter dans ce pays.</p>
<p>Les stars du foot Leonel Messi, Kylian Mbappe, Marcus Thuram, Neymar, Zinedine Zidane, le légendaire Pelé, ainsi que le club anglais de Liverpool, l&#8217;ancien sprinter Usain Bolt, les joueuses de tennis Serena William, Naomi Osaka et Yannik Noah soutiennent la communauté afro-américaine.</p>
<p>Les basketteurs LeBron James, Stephen Curry, Pau Gasol, Karl-Anthony Towrs, Jaylen Brown et Michael Jordan ; le footballeur Colin Kaepernick – que Donald Trump a traité de « fils de p&#8230;», en 2017, pour s&#8217;être agenouillé durant l&#8217;hymne national en protestation contre la ségrégation raciale – sont quelques-uns de ceux qui ont élevé leurs voix pour exprimer leur colère, en particulier James et Kaepernick, qui se sont dits prêts à aider les personnes interpellées lors des manifestations en payant leurs avocats de la défense.</p>
<p>James a publié sur son compte Instagram une photo de lui avec un t-shirt noir portant sur poitrine la phrase : « I can´t breathe » (Je ne peux pas respirer). L&#8217;indignation contre la barbarie aux États-Unis a déjà été illustrée par des épisodes mettant en vedette des joueurs de basket de la nba.</p>
<p>Le dimanche 17 septembre 2017, après avoir joué un match avec une chaussure blanche et une autre noire, avec écrit le mot « égalité », LeBron James avait justifié son action par ces mots : « L&#8217;égalité, c&#8217;est comprendre nos droits, comprendre ce que nous défendons et à quel point nous sommes puissants en tant qu&#8217;hommes ou femmes, en tant que Noirs, Blancs ou Hispaniques. » Et en conclusion, la star de la nba a tweeté son appréciation personnelle à Trump : « Aller à la Maison-Blanche était un honneur avant que tu y sois. »</p>
<p>La « guerre » entre le magnat président et les sportifs de son pays est liée en premier lieu au discrédit de son administration, Trump étant accusé de favoriser l’idéologie raciste de la suprématie blanche. Le refus de baseballeurs ou de basketteurs comme Stephen Curry de se rendre à la Maison-Blanche a été l&#8217;un des moyens par lesquels les athlètes nord-américains ont montré leur soutien aux victimes de la ségrégation.</p>
<p>Combien d&#8217;histoires d&#8217;humiliations similaires pourraient être citées, précisément aujourd&#8217;hui, alors que les sportifs du monde entier réclament justice face à l’agression policière raciste qui a coûté la vie à George Floyd.</p>
<p><strong>(Source: Granma)</strong></p>
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		<title>Cuba, en défense de la vie</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2020 14:55:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4602" alt="Covid niño" src="/files/2020/06/Covid-niño.jpg" width="300" height="251" />Les résultats de Cuba dans la lutte contre le nouveau coronavirus n&#8217;ont pas fait ces jours-ci la une des grands médias. Une fois de plus, le silence règne alors que la Grande Île des Antilles s’obstine à sauver des vies, au coup par coup contre la Covid-19, n&#8217;épargnant ni ses efforts ni ses ressources, et en défiant un blocus qui persiste et porte préjudice, qui limite et rend tout plus onéreux. Au milieu de cette lutte acharnée pour la santé de notre peuple, l’Île partage aussi avec ceux qui, au-delà de nos frontières, ont besoin de nous en ces moments difficiles.</p>
<p>La vérité est sous les yeux de la planète. Cette fois-ci non plus, ils ne peuvent pas la dissimuler, ni par des campagnes ou des affirmations mensongères, ni avec tout l&#8217;or du monde. Notre peuple et ses frères dans le monde témoignent de la lutte digne de Cuba contre la Covid-19, de la préoccupation constante de ses dirigeants dans la lutte contre la pandémie et de sa vocation solidaire dans d’autres pays.</p>
<p>C&#8217;est à la Révolution que cette Île doit ses succès en temps de coronavirus. Une île qui, avec de grands sacrifices, a mis en place depuis plusieurs décennies un système de Santé publique universel, gratuit et accessible à toute la population cubaine. Une Révolution dont le centre est l&#8217;être humain et non le capital.</p>
<p>Même si cette bataille n&#8217;est pas encore gagnée, Cuba a réussi à se maintenir dans une situation favorable dans la lutte contre la pandémie. Notre industrie biopharmaceutique et d&#8217;autres laboratoires scientifiques mènent actuellement 70 recherches et essais cliniques, en plus de médicaments pour le traitement de cette maladie, qui ont été demandés par des dizaines de pays.</p>
<p>« L&#8217;utilisation de deux médicaments innovants pour contrôler la réaction hyper-inflammatoire qui se produit au stade de la maladie pulmonaire, a augmenté le taux de survie des patients dans un état grave au-delà de 80% et de ceux en état critique de plus de 75% », selon le ministre de la Santé publique, José Angel Portal Miranda.</p>
<p>Depuis 60 ans, notre système de santé a garanti des taux de mortalité infantile et une espérance de vie semblables à ceux de nombreux pays développés et, à la fin de 2018, un niveau immunitaire de 98 %, avec 14 maladies infectieuses éradiquées (11 par vaccin, dont 8 sont de production nationale), 9 qui ne constituaient pas des problèmes de santé, tandis que 29 maladies transmissibles sont contrôlées.</p>
<p>Cependant, la réalité des peuples frères de la Grande Patrie est toute autre. Récemment, l&#8217;OMS a déclaré que l&#8217;Amérique latine était le nouvel épicentre de la Covid-19. Un épisode qui s&#8217;ajoute au handicap d&#8217;être la région la plus inégale de la planète, à des décennies de pillage de ses ressources naturelles et aux conséquences du néolibéralisme.</p>
<p>Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce panorama complexe dans Notre Amérique. Comme elle l&#8217;avait fait précédemment dans le cadre du forum du Mouvement des pays non alignés et à l&#8217;Assemblée mondiale de la santé, Cuba a réitéré sa solidarité avec les peuples de la région et du monde lors de la réunion de travail virtuelle des Parlements d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes.</p>
<p>La vice-présidente de l&#8217;Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Ana Maria Mari Machado, intervenant dans le débat, a rappelé que, sans négliger la protection de notre population, 28 brigades de professionnels cubain de la santé ont rejoint les efforts de 24 pays pour combattre la pandémie, s&#8217;ajoutant aux plus de 28 000 coopérants qui fournissaient déjà des services dans 59 pays, en dépit de la campagne du gouvernement des États-Unis contre la coopération médicale cubaine dans le but de la discréditer et de la saboter.</p>
<p>Laissons à d’autres le soin d’inciter à la haine, aux guerres et aux mensonges et même au silence. Cette terre préfère donner des leçons à travers des actes. Elle offre le meilleur des valeurs de son peuple et continue à se comporter comme une sœur dans le monde, inlassablement, en défense de la vie.</p>
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		<title>Le rêve enflammé de Martin Luther King</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2020 23:58:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Près de 57 ans plus tard, l'essence du discours « Je fais un rêve » de Martin Luther King Jr. reprend toute sa vigueur aux États-Unis. Ses paroles semblent résonner dans l'esprit des manifestants dans les rues : « Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : (...) Je fais le rêve qu'un jour cette nation se lèvera et vivra le vrai sens de sa foi : "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux". »"]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4578" alt="eeuu racismo" src="/files/2020/06/eeuu-racismo.jpg" width="300" height="246" />Près de 57 ans plus tard, l&#8217;essence du discours « Je fais un rêve » de Martin Luther King Jr. reprend toute sa vigueur aux États-Unis. Ses paroles semblent résonner dans l&#8217;esprit des manifestants dans les rues : « Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : (&#8230;) Je fais le rêve qu&#8217;un jour cette nation se lèvera et vivra le vrai sens de sa foi : &#8220;Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux&#8221;. »&#8221;</p>
<p>La mort à Minneapolis de George Floyd, un Afro-Étasunien de 46 ans, après qu&#8217;un policier lui a écrasé le cou avec son genou pendant plusieurs minutes, a provoqué une nouvelle fois la colère de la population. Les manifestations, qui se déroulent depuis une semaine dans plus de 75 villes de ce pays et ont conduit à l&#8217;instauration d&#8217;un couvre-feu dans 40 villes, à plus de 4 000 arrestations et au déploiement de la Garde nationale dans des dizaines d&#8217;États, ne demandent pas seulement justice face à un crime aussi abominable, causé par la brutalité policière. Ils réclament plutôt des droits qui ont été foulés au pied ou remis à plus tard pour beaucoup dans la patrie de Washington. Ces émeutes reflètent la lassitude de groupes sociaux qui ont été marginalisés pendant des décennies.</p>
<p>Le racisme, la xénophobie, l&#8217;inégalité et l&#8217;injustice sociale au sein de cette société, paradoxalement le pays le plus riche de la planète, sont les véritables racines du problème, les causes incontestables des manifestations. À ce stade, qui peut croire à la rhétorique impériale selon laquelle les États-Unis sont un paradigme des droits humains ou des libertés civiles dans le monde ?</p>
<p>Les faits sont irréfutables : la vidéo montrant George Floyd disant « Je ne peux pas respirer », les photos des violents affrontements entre la police et les manifestants, les images de deux voitures de police fonçant intentionnellement dans la foule dans une rue de New York…</p>
<p>Alors que se déroulent les plus graves émeutes dans le pays depuis 1968, certains médias ont rapporté que ce dimanche, le président Donald Trump avait été emmené dans un bunker, alors que des manifestants se rassemblaient près de la Maison Blanche, un bâtiment qui, fait inhabituel, a éteint ses lumières au milieu des protestations. Dans un tweet, Trump a traité les manifestants de « voyous » et laissait entendre que « si des pillages commencent, alors les tirs aussi”», un message que Twitter a décidé de masquer pour incitation à la violence.</p>
<p>Telle est la pratique de l’actuel gouvernement des États-Unis : l&#8217;incitation à la violence. Le 30 avril dernier, l&#8217;ambassade de Cuba aux États-Unis, à Washington DC, a été victime d&#8217;un attentat terroriste, suivi du silence complice de la Maison Blanche et du Département d&#8217;État.</p>
<p>La rhétorique de plus en plus hostile des autorités étasuniennes, leurs politiques et leurs discours de haine incitant à la division, leurs actes qui encouragent certains groupes et individus suprémacistes à la violence ont plongé le pays dans un climat d&#8217;insécurité et d&#8217;intolérance. Face à de tels fléaux, seules la paix, la fraternité et les meilleures valeurs humanistes mettraient les êtres humains, de nouveau, sur le chemin de la civilisation. Ce n&#8217;est que de cette manière que le « rêve » de Martin Luther King pourrait devenir la réalité à laquelle aspirent les manifestations massives.<br />
<strong><br />
(Source: Granma)</strong></p>
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		<title>« La Haine raciale ne peut que détruire »</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Nov 2019 23:44:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La haine raciale est le langage politique de cette classe moyenne traditionnelle. Leurs titres universitaires, leurs voyages, leur foi ne servent à rien parce qu’en dernier ressort tout se dilue face à la lignée. Au fond, l’origine imaginée est plus forte et semble collée au langage spontané de la peau qui hait, des gestes viscéraux et de leur morale corrompue.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4272" alt="evo linera" src="/files/2019/11/evo-linera.jpg" width="300" height="241" />La haine raciale est le langage politique de cette classe moyenne traditionnelle. Leurs titres universitaires, leurs voyages, leur foi ne servent à rien parce qu’en dernier ressort tout se dilue face à la lignée. Au fond, l’origine imaginée est plus forte et semble collée au langage spontané de la peau qui hait, des gestes viscéraux et de leur morale corrompue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tel un épais brouillard nocturne, la haine parcourt voracement les quartiers des classes moyennes urbaines traditionnelles de Bolivie. Leurs yeux débordent de rage. Ils ne crient pas, ils crachent ; ils ne réclament pas, ils imposent.</p>
<p>Leurs cantiques ne sont ni d’espérance ni de fraternité, ils sont de mépris et de discrimination contre les Indiens. Ils enfourchent leurs motos, grimpent sur leurs camionnettes, se regroupent dans leurs fraternités carnavalesques et leurs universités privées et se lancent à la chasse aux Indiens soulevés qui ont osé leur ravir le pouvoir.</p>
<p>Dans le cas de Santa Cruz, ils organisent des hordes motorisées en 4 x 4, armés de matraque, pour réprimer les Indiens, qu’ils appellent « collas » et qui vivent dans les quartiers marginaux et dans les marchés. Ils lancent des slogans pour inciter à « tuer des collas », et si sur leur chemin ils croisent une Indienne vêtue de la pollera, ils la frappent, la menacent et l’obligent à quitter leur territoire.</p>
<p>À Cochabamba, ils organisent des convois pour imposer la suprématie raciale dans la zone Sud, où vivent les classes les plus démunies et se ruent, tels des régiments de cavalerie, contre des milliers de femmes paysannes sans défense qui marchent pour demander la paix. Ils portent à la main des battes de base-ball, des chaînes, des grenades à gaz, certains exhibent des armes à feu. La femme est leur victime préférée ; ils s’emparent d’une mairesse d’un village paysan, l’humilient, la traînent dans la rue, la frappent, urinent sur elle quand elle s’écroule, lui coupent les cheveux, menacent de la lyncher et lorsqu’ils se rendent compte qu’ils sont filmés, ils décident de l’arroser de peinture rouge qui symbolise ce qu’ils feront de son sang.</p>
<p>À La Paz, ils se méfient de leurs domestiques et se taisent quand elles leur apportent le repas à table. Au fond, ils les méprisent, mais ils les craignent également. Plus tard, ils descendent dans les rues pour crier ; ils injurient Evo et, à travers lui, tous ces Indiens qui ont osé construire une démocratie interculturelle sur un pied d’égalité. Lorsqu’ils sont nombreux, ils traînent la wiphala, le drapeau indigène, crachent dessus, la piétinent, la découpent, la brûlent. C’est une rage viscérale qui se déchaîne contre ce symbole des Indiens qu’ils voudraient faire disparaitre de la terre en même temps que tous ceux qui se reconnaissent en lui.</p>
<p>La haine raciale est le langage politique de cette classe moyenne traditionnelle. Leurs titres universitaires, leurs voyages et leur foi ne servent à rien, parce qu’en dernier ressort tout se dilue face à la lignée. Au fond, l’origine imaginée est plus forte et semble collée au langage spontané de la peau qui hait, des gestes viscéraux et de leur morale corrompue.</p>
<p>Tout a explosé le dimanche 20 [octobre] quand Evo Morales a remporté les élections avec plus de 10% de différence sur le second, mais cette fois pas avec l’immense avantage des fois précédentes ni avec 51% des voix. Ce fut le signal attendu par les forces régressives aux aguets, depuis le candidat timoré de l’opposition libérale, les forces politiques ultra-conservatrices, l’Organisation des États américains (OEA) et l’ineffable classe moyenne traditionnelle. Evo avait gagné de nouveau, mais il ne disposait plus de 60% de l’électorat, si bien qu’il était plus faible et il fallait se lancer contre lui. Le perdant n’a pas admis sa défaite. L’OEA a parlé d’élections régulières, mais d’une victoire limitée et a demandé un second tour, en conseillant de ce fait de violer la Constitution qui stipule qu’un candidat est élu s’il obtient plus de 40% des voix et plus de 10 points de différence sur le second.</p>
<p>Et c’est ainsi que la classe moyenne s’est lancée à la chasse aux Indiens. Dans la nuit du lundi 21, cinq des neufs organes électoraux ont été incendiés, y compris les bulletins de vote. La ville de Santa Cruz a décrété une grève civique qui a rassemblé les habitants des quartiers du centre de la ville, et s’est ramifiée aux quartiers résidentiels de La Paz et de Cochabamba. Ensuite, la terreur s’est déclenchée.</p>
<p>Des bandes paramilitaires se sont mises à assiéger des institutions, à incendier des sièges syndicaux, à mettre le feu au domicile de candidats et de dirigeants politiques du parti au gouvernement. Finalement, ils ont même saccagé le domicile privé du président ; ailleurs, les familles, y compris les enfants, ont été séquestrés et menacés d’être fouettés et brûlés si leur père, ministre ou dirigeant syndical, ne démissionnait pas. Une longue nuit des longs couteaux venait de commencer, et le fascisme de pointer son oreille.</p>
<p>C’est lorsque les forces populaires mobilisées pour résister à ce putsch civil ont commencé à reprendre le contrôle des villes, avec les ouvriers, les mineurs, les paysans, les indigènes et les habitants des villes, et que la corrélation des forces s’inclinait en faveur des forces populaires, que la mutinerie de la police a démarré.</p>
<p>Pendant des semaines, les policiers s’étaient montrés indifférent et incompétents à protéger les gens humbles lorsqu’ils étaient roués de coups et poursuivis par des bandes fascisantes, mais, à partir du vendredi, ignorant les autorités civiles, beaucoup d’entre eux allaient faire preuve d’une habileté extraordinaire pour agresser, arrêter, torturer et tuer des manifestants populaires. Bien sûr, auparavant il aurait fallu stopper les enfants de la classe moyenne, mais soi-disant ils n’en avaient pas les moyens ; mais dès lors qu’il s’est agi de réprimer la révolte des Indiens, le déploiement de force, l’arrogance et la hargne de la répression furent extraordinaires. Il en fut de même avec les Forces armées.</p>
<p>Durant toute notre gestion gouvernementale, nous ne leur avons jamais permis de réprimer des manifestations civiles, pas même pendant le premier coup d’État civil de 2008. En ce moment, en pleine convulsion et sans que personne ne le leur demande, elles ont affirmé qu’elles ne disposaient d’aucun dispositif anti-émeute, qu’elles ne comptaient que de huit balles par membre et que, pour assurer une présence dans la rue d’une manière dissuasive, elles avaient besoin d’un décret présidentiel. Or, elles n’ont pas hésité à demander-imposer au président Evo sa démission, brisant l’ordre constitutionnel ; elles ont fait tout leur possible pour tenter de le séquestrer alors qu’il se rendait au Chapare ; et, une fois le coup d’État consommé, elles sont descendues dans les rues pour tirer des milliers de balles, militariser les villes, assassiner des paysans. Le tout, sans décret présidentiel. Évidemment, pour protéger l’Indien, il fallait un décret. Pour réprimer et tuer des Indiens, il suffisait d’obéir aux ordres de la haine raciale et de classe. En cinq jours, on compte déjà plus de 18 morts et 120 blessés par balle, bien entendu, tous indigènes.</p>
<p>La question à laquelle nous devons tous répondre est la suivante : comment cette classe moyenne traditionnelle a-t-elle pu incuber tant de haine et de ressentiment envers le peuple au point de l’amener à embrasser un fascisme racialisé, axé sur l’Indien en tant qu’ennemi ? Comment a-t-elle fait pour irradier ses frustrations de classe dans la police et les Forces armées et devenir la base sociale de cette fascisation, de cette régression étatique et de dégénération morale ?</p>
<p>Ce fut le refus de l’égalité, autrement dit le refus des fondements mêmes d’une démocratie substantielle.</p>
<p>Durant les quatorze dernières années de gouvernement, les mouvements sociaux ont eu pour caractéristique principale le processus d’équité sociale, le recul important de la pauvreté extrême (de 38 à 15 %), l’élargissement des droits pour tous (accès universel à la santé, à l’éducation et à la protection sociale), l’indianisation de l’État (plus de la moitié des fonctionnaires de l’administration publique ont une identité indigène, nouveau discours national autour du tronc indigène), réductions des inégalités économiques (chute de 130 à 45 de l’écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres), c’est-à-dire la démocratisation systématique de la richesse, de l’accès aux biens publics, aux chances et au pouvoir étatique.</p>
<p>L’économie est passée de 9 à 42 milliards de dollars, le marché et l’épargne intérieur se sont élargis, ce qui a permis à beaucoup de gens d’avoir leur propre logement et d’améliorer leur activité professionnelle. Mais de ce fait, en une décennie, le pourcentage de personnes de ladite « classe moyenne, en termes de revenus », est passé de 35 à 60%, la plupart provenant de secteurs populaires, indigènes. Il s’agit d’un processus de démocratisation des biens sociaux à travers la construction de l’égalité matérielle, mais qui a entraîné inévitablement une dévaluation rapide des capitaux économiques, éducatifs et politiques que possédaient les classes moyennes traditionnelles.</p>
<p>Tandis qu’auparavant un nom de famille notable ou le monopole des savoirs légitimes ou l’ensemble des liens parentaux propres aux classes moyennes traditionnelles leur permettait d’accéder à des postes dans l’administration publique, d’obtenir des crédits, des appels d’offres de travaux et des bourses d’études, aujourd’hui non seulement le nombre de personnes qui se disputent pour le même poste ou la même opportunité a doublé, réduisant de moitié les possibilités d’accéder à ces biens, mais de plus les « arrivistes », la nouvelle classe moyenne d’origine populaire indigène dispose d’un ensemble de nouveaux capitaux (langue indigène, liens syndicaux) de plus grande valeur et de plus grande reconnaissance étatique pour prétendre aux biens publics disponibles.</p>
<p>Il s’agit par conséquent d’un effondrement de ce qui était caractéristique de la société coloniale : l’ethnicité en tant que capital, à savoir du fondement imaginé de la supériorité historique de la classe moyenne sur les classes subalternes, parce qu’ici, en Bolivie, la classe sociale n’est compréhensible et ne devient visible que sous la forme de hiérarchies sociales. Le fait que les enfants de cette classe moyenne aient été le fer de lance de l’insurrection réactionnaire est le cri violent d’une nouvelle génération qui constate que l’héritage du nom de famille et de la peau s’évanouit face à la force de la démocratisation des biens.</p>
<p>Bien qu’ils arborent des drapeaux de la démocratie comprise à travers le vote, en fait, ils se sont soulevés contre la démocratie comprise comme égalisation et distribution des richesses. D’où le débordement de haine, le déferlement de violence, parce que la suprématie raciale est quelque chose qui ne se rationnalise pas ; elle se vit comme une pulsion primaire du corps, comme un tatouage de l’histoire coloniale sur la peau. D’où le fait que le fascisme n’est pas seulement l’expression d’une révolution ratée, mais, paradoxalement, également dans des sociétés postcoloniales, celle du succès d’une démocratisation matérielle réelle.</p>
<p>Il n’est donc pas surprenant que, tandis que les Indiens ramassent les corps de près d’une vingtaine de personnes assassinées par balle, leurs bourreaux matériels et moraux racontent qu’ils l’ont fait pour sauvegarder la démocratie. Mais en réalité ils savent que ce qu’ils ont fait, c’est protéger le privilège de caste et de nom de famille.</p>
<p>Mais la haine raciale ne peut que détruire ; elle n’est pas un horizon ; elle n’est rien d’autre qu’une vengeance primitive d’une classe historiquement et moralement décadente qui prouve que derrière chaque libéral médiocre se cache un putschiste consommé.</p>
<p><strong>(Tiré de La Jornada (Mexico), dimanche 17 novembre 2109)</strong></p>
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		<title>Le socialisme se doit d&#8217;être antiraciste</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Nov 2019 22:56:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur l'étagère d'un stand d’une foire du livre, une phrase imprimée sur un T-shirt a retenu mon attention : « Les races n'existent pas, le racisme, lui, existe ». Fernando Ortiz écrivit en 1946 El engaño de las razas (Le mensonge des races), un essai clé dans l'évolution d'une pensée anthropologique qui l'a amené à envisager l'ethnie cubaine en termes de pleine intégration. Le savant démantela scientifiquement et conceptuellement l'application des normes raciales pour classer les êtres humains et tenter de justifier la supériorité des uns sur les autres par la couleur de la peau.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4258" alt="cuba cartel" src="/files/2019/11/cuba-cartel.jpg" width="300" height="244" />Sur l&#8217;étagère d&#8217;un stand d’une foire du livre, une phrase imprimée sur un T-shirt a retenu mon attention : « Les races n&#8217;existent pas, le racisme, lui, existe ». Fernando Ortiz écrivit en 1946 El engaño de las razas (Le mensonge des races), un essai clé dans l&#8217;évolution d&#8217;une pensée anthropologique qui l&#8217;a amené à envisager l&#8217;ethnie cubaine en termes de pleine intégration. Le savant démantela scientifiquement et conceptuellement l&#8217;application des normes raciales pour classer les êtres humains et tenter de justifier la supériorité des uns sur les autres par la couleur de la peau.</p>
<p>Un demi-siècle plus tard, alors que l&#8217;avant-garde de la communauté scientifique a déchiffré le génome humain, l&#8217;affirmation avancée par Don Fernando s&#8217;est à nouveau confirmée : il n&#8217;y a qu&#8217;une race, la race humaine. Les traits physiques externes ne sont dus qu&#8217;à 0,01% des gènes, il est donc absolument antiscientifique et fallacieux d&#8217;attribuer les capacités et aptitudes intellectuelles des femmes et des hommes à une certaine pigmentation de la peau.</p>
<p>À l&#8217;époque, les études génétiques réalisées sur la population cubaine quant aux facteurs ayant un impact sur la santé humaine progressaient. L&#8217;enquête rigoureuse menée par la Dr Beatriz Marcheco a donné, au-delà des objectifs initiaux, un résultat révélateur. « Nous, les Cubains, sommes indubitablement tous métis, quelle que soit la couleur de notre peau », a conclu la Dr Marcheco après avoir exposé des données irréfutables</p>
<p>Le racisme est une construction culturelle qui, dans le cas cubain, est basée sur l&#8217;héritage du passé colonial et l&#8217;exploitation du travail des esclaves africains amenés de force sur l&#8217;Île. L&#8217;Européen blanc, qui occupait le sommet de la pyramide sociale dans le système de l&#8217;économie des plantations, non seulement exploitait et opprimait les esclaves, mais il propagea le mythe de l&#8217;infériorité raciale des Noirs et de leurs descendants. Un mythe qui a été naturalisé par la majorité des créoles à la peau claire et qui a marqué les pratiques sociales pendant la période coloniale et plus tard dans les années de la république néocoloniale, un phénomène lié aux divisions de classes.</p>
<p>Ortiz le souligna également lors d&#8217;une conférence qu’il prononça en 1950 : « À Cuba, le racisme le plus grave est sans aucun doute le mouvement contre les Noirs. Les racismes s’aggravent de plus en plus contre les Noirs, là où ils sont et ou ils ont été soumis socialement et où leur statut de chose doit être perpétué. Ce qu&#8217;il y a de plus noir chez le Noir n&#8217;est pas la noirceur de sa peau, mais la noirceur de sa condition sociale. La définition du Noir comme type humain, tel qu&#8217;il est généralement connu et considéré par le Blanc aveuglé par les préjugés, dépasse les frontières anthropologique pour entrer dans le domaine de la politique, l’aspect social étant bien plus déterminant que le caractère congénital. Le Noir doit moins sa &#8220;noirceur&#8221; à ses ancêtres noirs qu&#8217;à ses concitoyens blancs. Le Noir est noir non pas tant parce qu&#8217;il est né noir que parce qu&#8217;il est socialement privé de lumières. Être noir, ce n&#8217;est pas seulement le fait de l’être, c&#8217;est être à la fois &#8220;dénégré&#8221; et dénigré. »</p>
<p>Les transformations révolutionnaires qui ont commencé à s’opérer après le triomphe de janvier 1959 se sont attaquées à cette situation et l&#8217;ont largement inversée. Nombre des mesures adoptées au cours de ces années ont porté un coup dévastateur aux composantes structurelles du racisme.</p>
<p>À plusieurs reprises, le commandant en chef Fidel Castro a parlé publiquement de la question. Le 29 mars 1959, lors d&#8217;une cérémonie à Güines, il déclarait : « Nous, qui sommes un peuple composé d&#8217;hommes de toutes les couleurs et d’aucune couleur ; nous, qui sommes un peuple aux différentes composantes raciales, comment allons-nous commettre la stupidité et l&#8217;absurdité d&#8217;abriter le virus de la discrimination ? Ici, dans cette foule, je vois des Blancs et des Noirs, parce que c&#8217;est ce que sont les gens ; le peuple est composé de Blancs, de Noirs et de Jaunes, et c’est ce que doit être Cuba. C&#8217;est ce qui devrait prédominer parmi nous. »</p>
<p>Cependant, la destruction des fondements qui ont donné naissance au racisme institutionnalisé et structurel dans la période pré-révolutionnaire ne s&#8217;est pas accompagnée d&#8217;une transformation de la subjectivité. Il ne suffit pas de proclamer l&#8217;égalité des droits et des chances, ou l&#8217;existence d&#8217;une condamnation des actes de discrimination, si l&#8217;on ne travaille pas à changer les mentalités.</p>
<p>Le leader historique de la Révolution lui-même, dans l’incontournable Biographie à deux voix (2006), avoua bien plus tard à Ignacio Ramonet : « Nous étions alors assez naïfs pour croire qu’il suffisait de décréter l’égalité totale et absolue devant la loi pour mettre fin à la discrimination. Parce qu&#8217;il y a deux discriminations, l&#8217;une subjective et l&#8217;autre objective (&#8230;). La Révolution, au-delà des droits et des garanties accordés à tous les citoyens, quelles que soient leur appartenance ethnique ou leur origine, n&#8217;a pas connu le même succès dans la lutte pour l&#8217;élimination des différences de statut social et économique de la population noire du pays. Les Noirs ne vivent pas dans les meilleures maisons, on les voit encore travailler dur et parfois dans des emplois moins bien rémunérés, et ils sont moins nombreux que leurs compatriotes blancs à recevoir des fonds en devises étrangères. Mais je suis satisfait de ce que nous faisons pour découvrir des causes qui, si elles ne sont pas combattues avec détermination, tendent même à prolonger la marginalisation des générations successives. »</p>
<p>L&#8217;autre grande bataille passe par le déploiement de méthodes éducatives et culturelles qui puisse contribuer à l’émergence, tôt ou tard, d&#8217;une nouvelle subjectivité. En même temps, nous ne devons pas coexister avec des attitudes qui, consciemment ou inconsciemment, révèlent la persistance de préjugés et se manifestent dans divers espaces de notre vie quotidienne, depuis le profil professionnel jusqu’à une émission de télévision.</p>
<p>Il n&#8217;est pas possible de tolérer, par exemple, que pour le recrutement du personnel d&#8217;un centre appartenant au secteur non étatique indispensable des services, en encourage l&#8217;emploi de jeunes filles blanches. Dans un tel cas, le sexisme et le racisme vont de pair.</p>
<p>Tout comme il est impossible d&#8217;ignorer, dans un dialogue diffusé à la télévision, qu&#8217;on dise d’un danseur à la peau noire qu’il est « bleu » ou qu’on appelle « mulatocratie » l’arrivée de danseurs aux couleurs de peaux diverses dans les principales compagnies du pays, car il y a des choses qui, prises à la légère, d’une manière irréfléchie et irresponsable, ne peuvent qu’heurter les sensibilités.</p>
<p>Le chemin est long, certes, mais nous devons la parcourir pas à pas, sans répit. Plus d&#8217;une fois, au fil des ans, le général d’armée Raul Castro a insisté sur la nécessité d’encourager et de promouvoir le rôle des femmes, des Noirs et des métis dans la vie politique, sociale et économique du pays et dans l&#8217;amélioration de notre modèle social. Lors de la session constitutive de la 9e Législature de l&#8217;Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 18 avril 2018, après avoir constaté les progrès accomplis, il a appelé à ne pas reculer d&#8217;un pas et à travailler pour surmonter définitivement les problèmes hérités du passé : « Il faut penser les choses, pas simplement les dire et s’en remettre à la grâce de Dieu, s’ils l’ont fait, tant mieux, sinon, tant pis. Il faut insister, en cherchant de nouvelles méthodes, en évitant de commettre des erreurs pour qu&#8217;on ne vienne pas nous critiquer dans des objectifs aussi nobles, et il faut penser une fois et repenser à une autre solution lorsque nous ne parvenons pas à résoudre les problèmes. »</p>
<p>Pensons et agissons en conséquence. Rappelons-nous un concept essentiel exprimé par ce remarquable intellectuel révolutionnaire que fut Fernando Martinez Heredia : « La lutte pour l&#8217;approfondissement du socialisme à Cuba se doit d&#8217;être antiraciste. »</p>
<p><strong>(Granma)</strong></p>
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