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	<title>Cubadebate (Français) &#187; discours</title>
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		<title>Le chef de la diplomatie cubaine au MNA : si nous restons unis, notre voix ne pourra être ignorée</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Oct 2020 20:20:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Rodriguez]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Relations extérieures]]></category>
		<category><![CDATA[Societé]]></category>

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		<description><![CDATA[Les principes de Bandung, qui constituent le précédent le plus direct du Mouvement des pays non alignés restent, soixante-cinq ans après leur adoption, absolument actuels et sont toujours plus importants. Nous saluons le travail effectué par la République d’Azerbaïdjan en tant que présidente en exercice de notre Mouvement et les efforts qu’elle a consentis pour préserver et fortifier l’action indispensable des pays du Sud.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4954" alt="bruno-rdguez-parrilla" src="/files/2020/10/bruno-rdguez-parrilla.jpg" width="300" height="243" />Intervention de M. Bruno Rodríguez Parrilla, ministre des Relations extérieures de la République de Cuba, à la Réunion ministérielle du Bureau de coordination du Mouvement des pays non alignés, le 9 octobre 2020</p>
<p>M. Djeyhoun Baïramov, ministre des Affaires étrangères de la République d’Azerbaïdjan ;</p>
<p>Messieurs les ministres et chefs de délégation ;</p>
<p>Messieurs les délégués et invités,</p>
<p>Les principes de Bandung, qui constituent le précédent le plus direct du Mouvement des pays non alignés restent, soixante-cinq ans après leur adoption, absolument actuels et sont toujours plus importants.</p>
<p>Nous saluons le travail effectué par la République d’Azerbaïdjan en tant que présidente en exercice de notre Mouvement et les efforts qu’elle a consentis pour préserver et fortifier l’action indispensable des pays du Sud.</p>
<p>L’arène internationale se fait de plus en plus dangereuse. La principale puissance économique, militaire et technologique fait fi des organismes et accords multilatéraux, viole le Droit international et la Charte des Nations Unies, menace la paix et la sécurité internationales par sa conduite agressive et arrogante. Elle rénove et accroît ses visées de domination et d’hégémonie. Elle attise des conflits et déclenche des guerres sous des prétextes humanitaires ou au nom d’une prétendue lutte contre le terrorisme.</p>
<p>Nous constatons une modernisation continue de l’armement nucléaire et une augmentation des dépenses militaires, alors qu’il faudrait consacrer davantage de ressources au développement durable. L’écart entre le Nord et le Sud se creuse. On estimait qu’en 2019, 1% de la population la plus riche du monde possédait deux fois plus de richesse que 6,9 milliards de personnes, tandis que, selon des statistiques s’en tenant au plus bas, 600 millions d’êtres humains vivent dans une pauvreté extrême, que presque 690 millions ont faim et que 5,2 millions d’enfants de moins de cinq ans sont décédés, la plupart pour des maladies qu’il était possible d’éviter et de traiter.</p>
<p>La situation économique mondiale, déjà critique, s’aggrave à cause des effets dévastateurs de la Covid-19, dont le fardeau le plus pesant retombe sur le monde sous-développé.</p>
<p>Les modèles de production et de consommation irrationnels du capitalisme détruisent l’équilibre écologique de la planète. L’échange inégal ne fait pas que persister : il empire.</p>
<p>Qui plus est, le droit légitime au développement est entravé dans certaines de nos nations par des mesures coercitives unilatérales.</p>
<p>La dette extérieure qui étouffe les pays sous-développés, à plus forte raison en temps de pandémie, est irrécouvrable et doit être éliminée.</p>
<p>Dans un tel contexte, le Mouvement des pays non alignés, principal mécanisme de concertation politique des pays du Sud, devrait jouer un rôle capital dans la défense des revendications de nos peuples. Il a contribué d’entrée aux luttes contre le colonialisme, le néocolonialisme et l’apartheid, en faveur de la cause palestinienne, du désarmement nucléaire, de la paix et d’un nouvel ordre économique international plus juste, démocratique et équitable.</p>
<p>Pour faire face à la Covid-19, le Mouvement a, sous la conduite de l’Azerbaïdjan, revendiqué le rôle de l’Organisation mondiale de la santé et défendu l’importance de la solidarité et de la coopération internationales. Cuba est fière d’avoir contribué modestement à ces efforts, en dépit des restrictions que lui impose le blocus économique, commercial et financier des États-Unis et de la campagne cynique et brutale que l’administration actuelle orchestre contre notre coopération médicale.</p>
<p>Dans le droit fil des principes de Bandung et des buts et principes que le Mouvement a adoptés à son Quatorzième Sommet de La Havane (20o6), notre mot d’ordre essentiel doit être la préservation de notre unité, qui est indispensable dans le contexte mondial actuel. Nous constituons le gros des États des Nations Unies. Si nous restons unis, nul ne pourra ignorer notre voix. À cet égard, le Mouvement pourra toujours compter sur Cuba.</p>
<p>À partir de ces prémisses, nous sommes convaincus que, comme l’a affirmé Fidel Castro Ruz à la Septième Conférence au sommet du Mouvement à New-Delhi (Inde), « les pays non alignés continueront de jouer toujours plus leur rôle irréductible de bastion de la paix, de l’indépendance nationale et du développement, de renforcer leur cohésion et leur unité, et de remplir dignement les devoirs difficiles que leur impose l’heure dramatique que nous vivons. »</p>
<p>Je vous remercie.</p>
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		<title>Intervention de Miguel Díaz-Canel Bermudez, Président de la République de Cuba, à l’occasion du débat général de L’assemblée Générale des Nations Unies a sa soixante-quinzième session</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 20:53:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
		<category><![CDATA[Miguel Diaz-Canel]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[President]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>

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		<description><![CDATA[Une épidémie a radicalement changé la vie quotidienne. Du jour au lendemain, des millions de personnes deviennent des contagieux et des milliers d’autres, dont l’espérance de vie était bien supérieure grâce au développement, meurent. Des systèmes hospitaliers aux prestations de haut niveau s’effondrent, et les structures de santé des pays pauvres souffrent de leur incapacité chronique. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4926" alt="Canel ONU 75" src="/files/2020/09/Canel-ONU-75.jpg" width="300" height="250" />Monsieur le Secrétaire général ;</p>
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>Une épidémie a radicalement changé la vie quotidienne. Du jour au lendemain, des millions de personnes deviennent des contagieux et des milliers d’autres, dont l’espérance de vie était bien supérieure grâce au développement, meurent. Des systèmes hospitaliers aux prestations de haut niveau s’effondrent, et les structures de santé des pays pauvres souffrent de leur incapacité chronique. Des confinements draconiens convertissent en déserts virtuels les villes les plus populeuses. La vie sociale n’existe plus si ce n’est à travers les réseaux numériques. Les théâtres, les discothèques, les galeries, voire les écoles, sont fermés ou reproportionnés.</p>
<p>Nos frontières se sont refermées, nos économies se contractent, nos réserves s’épuisent. La vie souffre une modification radicale dans ses coutumes ancestrales et l’incertitude remplace la certitude. Jusqu’aux meilleurs amis ne se reconnaissent plus sous les masques qui nous protègent de la contagion. Tout change.</p>
<p>Il est urgent non seulement de juguler la pandémie mais de démocratiser dès maintenant cette Organisation qui s’avère indispensable si l’on veut qu’elle réponde efficacement aux besoins et aux aspirations de tous les peuples.</p>
<p>Le droit auquel aspire l’humanité de vivre dans la paix et la sécurité, dans la justice et dans la liberté, ce qui est la base de l’union des nations, est constamment menacé.</p>
<p>On dilapide plus de 1,9 billion de dollars dans une course aux armements insensée qui a, pour point de départ, la politique agressive et belliciste de l’impérialisme dont le fauteur suprême est l’administration actuelle des Etats-Unis, un pays qui cumule 38 p. 100 des dépenses militaires mondiales.</p>
<p>Qui plus est, cette administration foncièrement agressive et moralement corrompue attaque et méprise le multilatéralisme, recourt au chantage financier dans ses rapports avec les institutions des Nations Unies, se retire avec une arrogance inouïe de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Unesco et du Conseil des droits de l’homme.</p>
<p>Paradoxalement, cette administration dont le territoire est le siège des Nations Unies s’écarte aussi de traités internationaux essentiels comme l’Accord de Paris sur les changements climatiques, casse l’accord nucléaire consensuel avec l’Iran, fomente des guerres commerciales ; met fin à ses obligations vis-à-vis d’instruments de contrôle internationaux en matière de désarmement ; militarise le cyberespace ; multiplie la coercition et les sanctions unilatérales contre ceux qui se ne plient à ses visées ; et parraine le renversement par la force de gouvernements souverains par des méthodes de guerre non classique.</p>
<p>Ancrée dans cette attitude qui méconnaît les vieux principes de la coexistence pacifique et du respect du droit d’autrui à l’autodétermination comme garantie de la paix, l’administration Trump manipule par ailleurs à des fins subversives la coopération en matière de démocratie et de droits de l’homme, alors pourtant que les expressions de haine, de racisme, de brutalité policière et les irrégularités du système électoral et du droit de vote des citoyens prolifèrent chez elle pratiquement sans contrôle.</p>
<p>Il est urgent de réformer les Nations Unies. On ne saurait retarder plus longtemps l’actualisation et la démocratisation de cette puissante organisation issue de deux guerres mondiales qui ont coûté des millions de vie et de la prise de conscience par l’humanité de l’importance internationale du dialogue, de la négociation, de la coopération et de la légalité.</p>
<p>Quelque chose de tout à fait essentiel et profond a raté quand on constate à quel point les buts et principes de la Charte des Nations Unies sont violés jour après jour et que l’on recourt toujours plus fréquemment à la force ou à la menace de la force dans les relations internationales.</p>
<p>On ne saurait préserver plus longtemps comme s’il était naturel et inamovible un ordre international inégal, injuste et antidémocratique qui fait passer l’égoïsme avant la solidarité et les intérêts misérables d’une puissante minorité avant les justes aspirations de millions de personnes.</p>
<p>Tout en appuyant aux côtés d’autres États et de millions de citoyens du monde les demandes encore insatisfaites de transformation des Nations Unies, la Révolution cubaine défendra toujours l’existence de l’organisme auquel nous devons le seul multilatéralisme –rachitique, certes, mais indispensable – à avoir survécu à l’arrogance impériale.</p>
<p>De cette même tribune, Cuba a réitéré à maintes reprises sa volonté de coopérer à la démocratisation de l’ONU et à la défense de la coopération internationale que celle-ci est la seule à pouvoir sauver. Comme l’a dit Raúl Castro Ruz, premier secrétaire du Parti communiste de Cuba : « La communauté internationale pourra toujours compter sur la voix sincère de Cuba face à l’injustice, à l’inégalité, au sous-développement, à la discrimination et à la manipulation, et en vue de l’instauration d’un ordre international plus juste et équitable, vraiment axé sur l’être humain, sur sa dignité et sur son bien-être. »</p>
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>Compte tenu de la gravité du moment actuel, que beaucoup attribuent uniquement à la pandémie du Covid-19, j’estime essentiel d’avertir que ses effets dépassent largement le domaine sanitaire.</p>
<p>Par ses séquelles néfastes, par l’impressionnante quantité de morts qu’elle a provoquée, par les dommages qu’elle a infligés à l’économie mondiale et par la dégradation des niveaux de développement social qu’elle a engendrée, la pandémie qui s’est répandue ces derniers mois angoisse et désespère les dirigeants et les citoyens de pratiquement toutes les nations.</p>
<p>La crise multidimensionnelle qu’elle a suscitée prouve clairement que les politiques déshumanisées qu’impose la dictature jusqu’au-boutiste du marché sont profondément erronées.</p>
<p>Nous sommes douloureusement témoins du désastre auquel le monde a été poussé par le système de production et de consommation irrationnel et insoutenable qu’impose le capitalisme, par des décennies de règne d’un ordre international injuste et d’application d’un néolibéralisme brutal et effréné qui n’a fait que creuser les iniquités et sacrifier le droit des peuples au développement.</p>
<p>Même si, à la différence de ce néolibéralisme exclusif qui sépare et rejette des millions d’êtres humains qu’il condamne à survivre des miettes tombant de la table où festoie un pour cent de l’humanité des plus riches, le virus frappe sans discrimination les uns et les autres, il n’empêche que ses effets économiques et sociaux dévastateurs seront meurtriers là où vivent les plus vulnérables, ceux aux revenus les plus bas, tant dans le monde sous-développé que dans les poches de pauvreté des grandes villes du monde industrialisé.</p>
<p>Selon des prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 130 millions de personnes pourraient venir s’ajouter aux 690 qui avaient déjà faim en 2019 par suite de la récession économique qu’a causée la pandémie. Des études de l’Organisation internationale du travail (OIT) indiquent que plus de 305 millions d’emplois ont d’ores et déjà disparu, et que plus de 1,6 milliard de travailleurs sont menacés dans leurs moyens de subsistance</p>
<p>Nous ne pouvons affronter le Covid-19, la faim, le chômage et l’inégalité économique et sociale croissants entre les personnes et entre les pays comme des phénomènes indépendants. Il est urgent de mettre en place des politiques intégrales priorisant l’être humain, et non les profits économiques ou les avantages politiques.</p>
<p>Il serait criminel de renvoyer à demain des décisions d’hier et d’aujourd’hui. Il est impératif de promouvoir la solidarité et la coopération internationales pour atténuer le coup.</p>
<p>Seules les Nations Unies, justement parce qu’universelles, ont l’autorité et la portée nécessaires pour relancer un juste combat, à savoir la suppression d’une dette extérieure irrécouvrable qui, aggravée par les retombés socioéconomiques de la pandémie, entrave le développement durable des peuples du Sud.</p>
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>Quand le SARS-CoV-2 est apparu et que les premiers indices prouvaient qu’il risquait de provoquer une pandémie, Cuba n’a pas été prise au dépourvu.</p>
<p>Forte de l’expérience qu’elle a acquise durant des décennies de lutte contre de terribles épidémies, dont certaines ont été introduites délibérément dans le cadre de la guerre permanente contre son projet politique, elle a aussitôt mis en route un train de mesures fondées sur ses capacités et ses points forts essentiels : un État socialiste organisé et responsable de la santé des citoyens, des ressources humaines hautement qualifiées et une société où le peuple participe largement à la prise de décision et à la solution des problèmes.</p>
<p>L’application de ces mesures, de pair avec les connaissances accumulées durant plus de soixante ans d’efforts intenses pour créer et fortifier un système de santé de qualité ouvert à tous, ainsi qu’avec l’essor de notre recherche-développement scientifique, nous ont permis non seulement de préserver le droit de tous les citoyens sans exception à la santé, mais encore de faire face à la pandémie dans de meilleures conditions.</p>
<p>Nous y sommes parvenus malgré les dures contraintes qu’entraîne le blocus économique, commercial et financier prolongé que nous imposent les Etats-Unis et que l’administration actuelle, même en pleine pandémie, a brutalement durci ces deux dernières années parce qu’il est un élément essentiel de sa politique hostile envers nous.</p>
<p>Cette administration a haussé le blocus à un degré d’agressivité qualitativement nouveau, en faisant un obstacle encore plus réel et déterminant à l’économie et au développement de notre pays. L’administration étasunienne a intensifié notamment sa traque de nos transactions financières internationales et adopté depuis 2019 des mesures qui violent le droit international pour priver le peuple cubain de son droit de se pourvoir des combustibles dont il a besoin dans sa vie quotidienne et pour son développement.</p>
<p>Cherchant à nuire à la Révolution cubaine et à d’autres gouvernements qu’il taxe d’adversaires, les administrations étasuniennes publient des listes absolument fallacieuses et illégitimes qui visent à les diaboliser à partir de qualifications infondées, s’arrogeant dès lors le droit de leur imposer des mesures coercitives unilatérales</p>
<p>Semaine après semaine, cette administration émet des déclarations contre Cuba ou lui impose de nouvelles restrictions. En revanche, elle n’a toujours pas dit un traître mot – et c’est bien paradoxal – au sujet de l’attaque terroriste perpétrée le 30 avril dernier par un individu qui, armé d’un fusil d’assaut, a tiré à plus de trente reprises sur l’ambassade cubaine à Washington dans le but avoué de tuer.</p>
<p>Nous dénonçons donc la politique de deux poids-deux mesures pratiquée par cette administration étasunienne dans la lutte contre le terrorisme et exigeons qu’elle condamne publiquement cette attaque brutale.</p>
<p>Nous demandons par ailleurs qu’elle cesse d’attaquer et de diffamer l’action altruiste que constitue la coopération médicale internationale de notre pays qui jouit d’un prestige élevé et dont les résultats sont parfaitement vérifiables, contribuant à sauver des centaines de vies et à réduire les effets de la maladie sous diverses latitudes. Des personnalités internationales et des organisations sociales au prestige notable ont reconnu l’œuvre humaniste du Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés en situations de catastrophe naturelle et de grave épidémie, réclamant pour elle le Prix Nobel de la paix.</p>
<p>À l’inverse de cette administration étasunienne qui fait fi de l’appel à conjuguer des efforts dans le combat contre la pandémie et qui se retire de l’Organisation mondiale de la santé, Cuba, répondant aux demandes qu’elle a reçues et guidée par la profonde vocation solidaire et humaniste de son peuple, a renforcé sa coopération en dépêchant plus de 3 700 coopérants organisés dans 46 brigades médicales à 39 pays et territoires touchés par le Covid-19.</p>
<p>Aussi condamnons-nous le chantage crapuleux que l’administration étasunienne exerce sur l’Organisation panaméricaine de la santé afin que celle-ci lui serve d’instrument dans son agression maladive contre Cuba. Mais, comme toujours, la force de la vérité finira par faire voler les mensonges en éclats et l’histoire situera les faits et les protagonistes à la place que chacun mérite. L’exemple de Cuba prévaudra.</p>
<p>Nos travailleurs dévoués de la santé, fierté d’une nation formée selon l’idée de Martí : « La patrie est l’humanité », pourront bien recevoir ou non le Prix que mérite leur noblesse ; en tout cas, cela fait des années qu’ils ont forcé la reconnaissance des peuples bénéficiaires de leur œuvre sanitaire.<br />
L’administration étasunienne ne cache pas son intention d’imposer à Cuba, dans les prochains mois, de nouvelles mesures d’agression encore plus dures. Nous déclarons une fois de plus devant la communauté internationale que notre peuple, fier de son histoire et attaché aux idéaux et à l’œuvre de sa Révolution, saura résister et vaincre.</p>
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>La prétention de cette administration étasunienne d’imposer sa domination néocoloniale à Notre Amérique en ressuscitant publiquement la Doctrine Monroe viole la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix.</p>
<p>La République bolivarienne du Venezuela – nous tenons à le ratifier publiquement depuis cette tribune virtuelle – pourra toujours compter sur notre solidarité face aux tentatives de la déstabiliser, de saper son ordre constitutionnel, de briser son union civico-militaire et de détruire l’œuvre entamée par Hugo Chávez Frías et poursuivie par le président Nicolás Maduro Moros en faveur du peuple.</p>
<p>Nous rejetons aussi les actions de l’administration étasunienne visant à déstabiliser la République du Nicaragua et ratifions notre solidarité invariable envers son peuple et son gouvernement que conduit Daniel Ortega.</p>
<p>Nous nous solidarisons avec les nations des Caraïbes qui exigent une juste réparation pour l’horreur de l’esclavage et de la traite des esclaves qu’elles ont subie, dans un monde où la discrimination raciale et la répression des communautés de descendants d’Africains ne cessent de s’aggraver.</p>
<p>Nous ratifions notre engagement historique avec l’autodétermination et l’indépendance du peuple frère portoricain.</p>
<p>Nous appuyons la réclamation de souveraineté légitime de l’Argentine sur les îles Malvinas, Sandwich du Sud et Georgie du Sud.</p>
<p>Nous réitérons notre engagement envers la paix en Colombie et notre conviction que le dialogue entre les parties est la seule voie permettant d’instaurer une paix stable et durable dans ce pays.</p>
<p>Nous appuyons la recherche d’un règlement pacifique et négocié à la situation qui a été imposée à la Syrie, sans ingérence extérieure et dans le respect total de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.</p>
<p>Nous réclamons un règlement juste au conflit du Moyen-Orient, lequel repose sur l’exercice réel par le peuple palestinien de son droit inaliénable à construire son propre État dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, et nous rejetons les tentatives d’Israël d’annexer de nouveaux territoires en Cisjordanie.</p>
<p>Nous exprimons notre solidarité avec la République islamique d’Iran face à l’escalade agressive des Etats-Unis.</p>
<p>Nous réaffirmons notre solidarité invariable avec le peuple sahraoui.</p>
<p>Nous condamnons énergiquement les sanctions unilatérales imposées injustement à la République populaire démocratique de Corée.</p>
<p>Nous rejetons une fois de plus l’intention de l’OTAN de s’étendre jusqu’aux frontières de la Russie et d’imposer injustement des sanctions unilatérales à ce pays.</p>
<p>Nous refusons l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la République de Belarus et réitérons notre solidarité avec son président légitime, Alexandre Loukachenko et avec le peuple frère de ce pays.</p>
<p>Nous condamnons les ingérences dans les affaires intérieures de la République populaire de Chine et rejetons toute tentative de porter atteinte à son intégrité territoriale et à sa souveraineté.</p>
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>Compte tenu des graves circonstances actuelles, nous sommes contraints, pour la première fois en soixante-quinze ans, de tenir cette Assemblée générale des Nations Unies sur le mode virtuel.</p>
<p>La communauté scientifique cubaine, une autre fierté de la nation qui, dès le triomphe de la Révolution des justes, a annoncé au monde son intention de devenir un pays d’hommes et de femmes de science, travaille sans relâche sur l’un des premiers vaccins dans le monde à être entré dans la phase des essais cliniques.</p>
<p>Ses créateurs et d’autres chercheurs et spécialistes, en articulation avec le système de santé, mettent au point des protocoles de soins visant les malades contagieux, les patients rétablis et la population à risque, ce qui nous a permis de sauver 80 p. 100 des contagieux et de maintenir un taux de létalité inférieur à la moyenne du continent et du monde.</p>
<p>« Des médecins, et non des bombes ! » s’est exclamé un jour le leader historique de la Révolution cubaine et le promoteur principal de l’essor des sciences à Cuba, Fidel Castro Ruz. Telle est notre devise. Sauver des vies et partager ce que nous sommes et ce que nous avons, quelque soit le sacrifice, voilà ce que nous offrons au monde depuis les Nations Unies auxquelles nous demandons simplement de changer en accord avec la gravité du moment.</p>
<p>Nous sommes Cuba !</p>
<p>Battons-nous de concert pour promouvoir la paix, la solidarité et le développement.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
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		<title>Allocution prononcée par Fidel Castro Ruz, président de la République de Cuba, à la cérémonie de constitution du Contingent international Henry Reeve</title>
<link>http://fr.cubadebate.cu/actualite/2020/09/19/4904/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2020 00:15:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[brigade Henry Reeve]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
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		<category><![CDATA[Fidel Castro]]></category>
		<category><![CDATA[médecins]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[Societé]]></category>

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		<description><![CDATA[Allocution prononcée par Fidel Castro Ruz, président de la République de Cuba, à la cérémonie de constitution du Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés en situations de catastrophes et de graves épidémies et de remise de diplômes aux élèves de médecine, à la Cité des sports, La Havane, le 19 septembre 2005.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4905" alt="fidel henryy reeve" src="/files/2020/09/fidel-henryy-reeve.jpg" width="300" height="249" />Allocution prononcée par Fidel Castro Ruz, président de la République de Cuba, à la cérémonie de constitution du Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés en situations de catastrophes et de graves épidémies et de remise de diplômes aux élèves de médecine, à la Cité des sports, La Havane, le 19 septembre 2005</p>
<p>Médecins du cours 2004-2005 qui venez de recevoir vos diplômes ;</p>
<p>Membres de la Brigade Henry Reeve ;</p>
<p>Professionnels de la santé qui avez rempli de glorieuses missions internationalistes ;</p>
<p>Elèves des quatrième, cinquième et sixième années des facultés des sciences médicales de La Havane ;</p>
<p>Elèves de l’Ecole latino-américaine des sciences médicales ;</p>
<p>Jeunes qui suivez des cours de soins infirmiers et de technologie de la santé ;</p>
<p>Professeurs, parents et invités ;</p>
<p>Compatriotes :</p>
<p>Si l’on ajoute la quantité de diplômés latino-américains et caribéens de l’Ecole latino-américaine de sciences médicales provenant de pays d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et d’Amérique du Nord, à celle des jeunes Cubains qui reçoivent leur titre aujourd’hui, on obtient un total de 3 515 nouveaux médecins qui seront au service de nos peuples et du monde.</p>
<p>Ce total ne cessera de croître pour finir par dépasser dix mille nouveaux médecins par an, compte tenu de notre engagement de former à Cuba, en dix ans, cent mille médecins latino-américains et caribéens selon les principes de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), souscrits entre Cuba et le Venezuela, lequel en fournira autant, en marche décidée vers l’intégration de nos peuples.</p>
<p>Devenir médecin, c’est s’engager sur une longue route qui conduit à la plus noble activité qu’un être humain puisse réaliser envers son semblable.</p>
<p>Bien que chaque personne et chaque peuple ait droit à une vie saine et au privilège d’une existence prolongée et utile, les sociétés les plus riches et les plus développées, dominées par l’appât du gain et la soif de consommation, ont converti les services médicaux en une vulgaire marchandise, devenue inaccessible aux secteurs les plus pauvres de la population. Ces services existent à peine dans bien des pays du tiers monde. Et, entre les pays développés et ceux qu’on appelle par euphémisme les « pays en développement », les écarts sont abyssaux. Alors que, selon les statistiques, les taux de mortalité infantile sont inférieurs à 10 pour 1 000 naissances vivantes dans les pays développés et que l’espérance de vie se monte chez certains à quatre-vingts ans ou plus, d’autres pays, tels de nombreux pays africains, doivent se résigner à des taux de mortalité infantile chez les moins d’un an dépassant 100, voire 150 décès pour 1 000 naissances vivantes, et à un espérance de vie qui diminue et oscille dans certains pays à trente ou quarante ans. Alors que ceci se passe au vu et au su du monde, les dépenses militaires se chiffrent à un billion de dollars par an, une dépense seulement comparable à une autre tout aussi absurde, celle de la publicité, qui atteint ce même chiffre. L’une ou l’autre de ces dépenses, bien employée d’année en année, serait plus que suffisant pour permettre à tous les habitants de notre planète de vivre une vie décente.</p>
<p>Ni le climat ni le potentiel génétique n’est la cause de cette tragédie. Cuba, pays tropical au climat chaud et humide, le plus propice aux virus, aux bactéries et aux champignons, dont la population est un brassage d’ethnies, qui est soumis à un blocus et une guerre économique cruels depuis presque un demi-siècle, peut pourtant faire état d’un taux de mortalité infantile inférieur à 6 décès pour 1 000 naissances vivantes dans la première année de vie, à peine moindre que celui du Canada, et atteindra moins de 5, et peut-être moins de 4 dans un avenir pas si éloigné, pour occuper la première place sur ce continent. Parallèlement, Cuba mettra deux fois moins de temps que le Suède et le Japon à élever l’espérance de vie, qui se monte aujourd’hui à 77,5 ans, de soixante-dix à quatre-vingts ans. Ses services de santé ont permis d’élever cette espérance de vie de presque dix-huit ans, alors qu’elle n’était que d’environ soixante ans au triomphe de la Révolution le 1er janvier 1959.</p>
<p>Ces assertions pourraient paraître présomptueuses si notre patrie ne pouvait être qualifiée aujourd’hui, en toute justice, comme le pays qui a le plus fait au monde pour partager ses connaissances et ses expériences médicales avec d’autres peuples.</p>
<p>Pas une seule fois, tout au long de son histoire révolutionnaire dévouée, notre peuple n’a cessé d’offrir son aide médicale solidaire en cas de catastrophes à d’autres peuples qui en avaient besoin, aussi abyssales qu’aient pu être les différences idéologiques et politiques, ou les graves offenses reçues des gouvernements.</p>
<p>Nous n’avons jamais trahi et nous ne le ferons jamais nos concepts relatifs à la condition humaine d’autres peuples et le devoir de fraternité et de solidarité. Des dizaines de milliers de médecins et de professionnels de la santé cubains disséminés de par le monde sont un témoignage irréfutable de ce que j’affirme. Aucune barrière idiomatique, aucun sacrifice, aucun danger, aucun obstacle n’existera jamais pour eux. Quarante-trois ans se sont presque écoulés depuis le jour où Cuba a dépêché sa première brigade médicale en Algérie, à peine libérée du colonialisme après une lutte pour l’indépendance héroïque.</p>
<p>Quatre décennies plus tard – alors que la Période spéciale touche à sa fin – les services médicaux sont devenus le poste le plus important d’échange de biens et de services de notre pays avec le monde sur le plan économique, sans que Cuba ait cessé pour autant d’offrir sa coopération médicale gratuitement à plus de soixante pays du tiers monde qui ne disposent pas des ressources économiques. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi.</p>
<p>Rien de ce que je viens de dire ne sera toutefois comparable aux programmes de santé intégraux ayant vu le jour après que le cyclone Mitch a frappé l’Amérique centrale en 1998, provoquant la mort de dizaines de milliers d’enfants et d’adultes, essentiellement des pauvres et des démunis.</p>
<p>Nous avions promis de dépêcher assez de médecins pour sauver, chaque année, autant de vies que le cyclone en avait emportées. C’est aussi de cette manière que l’Ecole latino-américaine de sciences médicales, l’ELAM, a vu presque aussitôt le jour. Ce programme intégral s’est étendu à d’autres nations latino-américaines et caribéennes, et très vite à de nombreux pays reculés d’Afrique. De nos jours, même Timor-Oriental, dans la lointaine Océanie, est compris dans le Programme intégral de santé cubain.</p>
<p>L’ELAM compte désormais plus de douze mille élèves. Voilà à peine deux mois, elle a diplômé sa première promotion de 1 610 médecins au cours d’une cérémonie à laquelle ont assisté de nombreux Premiers ministres et hauts fonctionnaires de la région, dont notre frère de cœur, Hugo Chávez, président de la République bolivarienne du Venezuela, à laquelle nous unissent des liens indestructibles fondés sur l’histoire et une lutte commune pour l’intégration et l’indépendance pleines de nos peuples.</p>
<p>C’est au nom des peuples vénézuélien et cubains que nous sommes profondément engagés, tous les deux, à appuyer la santé, l’alphabétisation, l’éducation, la mission Miracle, PETROCARIBE, ELECTROCARIBE, la lutte contre le sida et d’autres importants programmes sociaux et économiques à grande teneur humaine et à volonté d’intégration dans notre région.</p>
<p>L’immense tâche de préserver ou de rendre la vue à non moins de six millions de Latino-Américains et Caribéens et de former deux cent mille médecins et professionnels de la santé en dix ans n’a pas de précédents dans le monde.</p>
<p>Je suis toutefois convaincu que ces programmes seront dépassés. On a parlé le 30 juin d’étendre la mission Miracle aux pays caribéens. Je peux aujourd’hui vous informer, quatre-vingt-un jours après, que le nombre de Caribéens opérés de la vue dans notre pays se monte déjà à 4 212 et celui des frères vénézuéliens, tout au long de cette année-ci, à 79 450, soit un total de 83 662.</p>
<p>Les grands progrès faits dans ce domaine par notre patrie s’étendront à d’autres pays frères de notre région grâce aux jeunes médecins qui commencent à sortir de l’Ecole latino-américaine de sciences médicales.</p>
<p>C’est un fait que la coopération médicale de Cuba et de ses instituts de recherche scientifique avec d’autres pays du monde s’étend rapidement au bénéfice de l’humanité. Il n’est donc pas étonnant que Cuba n’ait pas hésité à offrir au peuple étasunien de lui envoyer aussitôt du personnel médical expérimenté et des ressources indispensables pour soigner d’urgence les personnes en danger de mort à cause d’une grande catastrophe naturelle. À quoi il fallait ajouter que notre pays était le plus proche, géographiquement parlant, de la zone touchée par le cyclone et qu’il était en mesure de dépêcher une aide humaine et matérielle en quelques heures à peine. C’était comme si un grand navire de plaisance étasunien emportant de milliers de passagers était en train de couler à proximité de nos côtes. Donc, nous ne pouvions pas rester indifférents. Que nul n’aille croire que cette aide pouvait être jugée comme une offense ou une humiliation. Nous avons fait parvenir notre message aux autorités étasuniennes à peine Katrina s’était-il abattu avec sa force destructrice sur la Nouvelle-Orléans. Il est douloureux d’y penser, mais certaines de ces personnes désespérées que nous avons vues, encerclées par les eaux et au bord de la mort, ont peut-être pu en réchapper. Dure leçon pour ceux qu’un orgueil mal placé et des concepts erronés ont poussés à ne pas répondre, fût-ce tardivement, à notre offre, comme si nous ne l’avions pas déjà fait dans des circonstances similaires. Certains ont prétendu justifier cette conduite sous prétexte que Cuba avait refusé auparavant l’offre monétaire ridicule de cinquante mille dollars que les Etats-Unis lui avaient faite : c’était là une offre que, pour des raisons historiques et morales qui coulent de source, au milieu d’un blocus qui a coûté des dizaines de milliards de dollars, de pair avec le harcèlement et les agressions qui, depuis maintenant un demi-siècle, ont causé des milliers de vies, nous ne pouvions que refuser. Nous n’offrions pas de l’argent, nous ; nous offrions de sauver des vies, et nous maintenons notre offre, pour aujourd’hui ou pour demain, car c’est et ce sera la norme habituelle de Cuba vis-à-vis de n’importe quel peuple du monde.</p>
<p>Si j’ai abordé ce point, c’est parce que, les autorités étasuniennes ont supprimé le nom de Cuba de la longue liste des pays ayant offert leur aide, ce qui a causé de la confusion, voire de l’étonnement, parmi les nombreux amis de notre pays dans le monde. Je l’ai déjà expliqué le 2 septembre, trois jours après notre offre, en concrétisant publiquement notre disposition à dépêcher par avion, dans des délais de douze à trente-six heures, mille cent médecins emportant dans leurs sacs à dos vingt-quatre tonnes de médicaments indispensables. À peine quarante-huit heures après, le 4 septembre, cette force se montait déjà à 1 586 médecins et paramédicaux, prêts à partir en emportant trente-six tonnes de médicaments : la présentant au monde au palais des Congrès, nous l’avons appelée Force médicale Henry Reeve, à la mémoire de cet exceptionnel et jeune combattant étasunien mort pour l’indépendance de Cuba.</p>
<p>Le 12 septembre au soir, une note informative a été remise au journal Granma, qui l’a publiée le lendemain, 13 septembre. On y faisait savoir que la remise de diplômes de l’année universitaire 2004-2005 se réaliserait le 19 septembre, à cinq heures de l’après-midi, sur la place des Drapeaux de l’Ecole latino-américaine de sciences médicales. Mais le mauvais temps nous a obligé à changer à temps. On y faisait aussi savoir ce qui suit, et je cite textuellement :</p>
<p>Il sera constitué ce jour-là une organisation sans précédent dans le monde : le Contingent international de médecins spécialisés dans des situations de catastrophes et de graves épidémies, qui prendra la place de la Force médicale constituée pour appuyer le peuple étasunien à peine Katrina avait-il frappé le Sud de cet pays de toute sa brutalité. Il aura pour objectif non seulement d’appuyer une nation donnée, mais de coopérer sans retard, grâce à son personnel spécialement formé, avec tout pays qui souffrirait une catastrophe semblable, en particulier ceux qui seraient frappés par de graves fléaux : cyclones, inondations et d’autres phénomènes naturels similaires. Il portera le même nom que celui de la Force médicale née à la suite de la tragédie que le peuple étasunien vient de souffrir : Henry Reeve.</p>
<p>Quatorze jours s’étaient déjà écoulés sans que les autorités étasuniennes aient fourni la moindre réponse à notre offre.</p>
<p>Le mercredi 14 septembre, au soir, je me suis de nouveau réuni avec tous les membres de cette force, tous en train d’enrichir leurs connaissances, pour les informer de la déclaration faite par le gouverneur de la Louisiane, connue à Cuba dans la journée, et du message adressé par Bruno Rodríguez, premier vice-ministre des Relations extérieures de notre pays, dont je vous lis aujourd’hui la teneur afin que l’opinion publique en soit informée :</p>
<p>Honorable gouverneur de la Louisiane, Mme Kathleen Babineaux Blanco</p>
<p>Madame le Gouverneur,</p>
<p>Nous avons lu attentivement votre ordre exécutif nº KBB 2005-33, portant Déclaration d’urgence en santé publique et suspension de la procédure d’Etat de délivrance de permis aux professionnels et personnels médicaux extérieurs, qui signale textuellement : « …Bien qu’un certain nombre de personnes aient été sauvées, beaucoup d’autres attendent de l’être à leur tour, d’être évacuées et de recevoir des soins médicaux, tandis que de nombreux citoyens ont souffert et souffriront de maladies et de blessures… » Votre déclaration signale aussi : « La quantité de médecins disponible actuellement dans l’Etat est insuffisante pour répondre à cette urgence et il nous faut sur-le-champ d’autres médecins en mesure de porter secours aux sinistrés du désastre… »</p>
<p>Je tiens à vous faire savoir que le personnel cubain nécessaire que nous avons offert aux USA pour secourir la population et soulager les souffrances des victimes du cyclone Katrina – soit 1 586 médecins qualifiés et expérimentés, apportant les médicaments adéquats ou tous autres médicaments qu’exigeraient les nouvelles circonstance – est prêt à partir sur-le-champ par avion pour la Louisiane dès que vous disposerez de l’autorisation correspondante des autorités fédérales.</p>
<p>Bruno Rodríguez Pariilla</p>
<p>Ministre p.i.</p>
<p>Cinq jours de plus se sont écoulés, et aujourd’hui, 19 septembre, les autorités fédérales n’ont toujours pas dit un traître mot. Nous avons donc toutes les raisons du monde de penser que l’offre généreuse et opportune de notre peuple ne sera pas non plus acceptée.</p>
<p>Comme la tragédie que vit le monde saute de plus en plus aux yeux, nous ratifions notre décision de créer aujourd’hui, 19 septembre 2005, le Contingent Henry Reeve qui sera formé tout d’abord des membres de la Force médicale qui porte ce nom, auxquels viendront s’ajouter successivement deux cents bénévoles de la promotion de médecins actuelle 2004-2005, deux cents de la promotion antérieure 2003-2004, six cents élèves de la sixième année de médecine, promotion 2005-2006, et huit cents de la cinquième année de cette même promotion, après viendront les autre, personne n sera exclue.</p>
<p>Les dizaines de milliers de spécialistes en médecine générale intégrale, les licenciées en soins infirmiers et les technologues de la santé cubains, qui remplissent ou ont rempli des missions à l’étranger, constituent un creuset inépuisable pour le Contingent Henry Reeve.</p>
<p>Indépendamment de leurs connaissances de médecins généralistes, les plus jeunes, ou les spécialistes en médecine générale intégrale, qui seront la majorité, ou d’autres spécialités, quel que soit l’endroit de notre pays ou du monde où ils exercent leurs fonctions normales, tous les membres de ce Contingent devront posséder de solides connaissance en épidémiologie et en maladies associées aux catastrophes naturelles, parler deux langues étrangères parmi les plus usuelles, avoir des conditions physiques appropriées et, le cas échéant, la disposition et la préparation nécessaires pour se rendre rapidement par divers moyens à l’endroit où on a besoin d’eux d’urgence. Cette glorieuse organisation, la première de ce genre dans l’histoire d’une humanité qui a toujours plus besoin de coopération et de solidarité, sera ouverte aux jeunes Latino-Américains et Caribéens diplômés de l’ELAM, et même aux Etatsuniens qui y font des études.</p>
<p>Le Contingent Henry Reeve ne se contentera pas de soutenir la population en cas de cyclones, d’inondations et d’autres catastrophes naturelles de ce genre : des épidémies données constituent de vraies catastrophes naturelles et sociales. Il suffit de citer, à titre d’exemple, la dengue hémorragique qui frappe toujours plus de pays latino-américains, privant de la vie en particulier des enfants, ou d’autres maladies graves, vieilles et nouvelles, dont nous pouvons et devons savoir comment les combattre le plus efficacement possible. Il existe notamment une épidémie terrible – disons le mot – qui frappe le monde : le VIH, le sida, qui menace de liquider des nations entières, voire des régions continentales. Cuba occupe une place éminente dans la prévention et la lutte contre cette maladie. Quand on analyse son taux de prévalence sur ce continent, on constate qu’il existe des pays à taux d’infestation moyenne se montant, en 2003,d´après la dernière publication, à 2,4 p, 100, 2,3 p. 100, 3,2 p. 100 de la population adulte entre quinze et quarante-neuf ans. Pour des raisons évidentes, je ne cite pas de noms. Dans d’autres pays, le taux d’infestation est plus élevé. Le meilleur taux, après Cuba, est de 0,6 p. 100. Là non plus, je ne donnerai pas de nom. À Cuba, il est de 0,07 p. 100, soit un taux de prévalence inférieur de 8,6 fois à celui du pays le plus proche.</p>
<p>Nos médecins, nos scientifiques, nos chimistes pharmaceutiques, et en particulier ceux du Contingent Henry Reeve, doivent connaître le plus de choses possible du sida, les méthodes les plus efficaces pour le combattre, et savoir surtout lesquelles de ces méthodes s’adaptent le mieux aux conditions concrètes de chaque pays.</p>
<p>Quand les nations développées et immensément riches décideront de coopérer vraiment avec les pays africains et d’autres pays du monde dans la lutte contre le sida, elles auront besoin de professionnels comme ceux du Contingent Henry Reeve. C’est alors qu’on comprendra dans toute son ampleur la valeur de cette décision. Les Etats développés et riches ont le capital financier, mais non le capital humain. Si l’on veut éviter par exemple que le sida se transmette de la maman à l’enfant, il faut pratiquer une césarienne. Or, les mamans vivent dans les villages, et les médecins du monde développé ne vont pas dans les villages africains : ils ne sont pas programmés pour ça.</p>
<p>Il faut former les médecins dont ont besoin les campagnes, les quartiers marginaux et pauvres des villes du tiers monde. Jusque dans des pays immensément riches comme les Etats-Unis, des dizaines de millions d’Afro-américains, d’Indiens, d’immigrants latinos, haïtiens et autres, ne bénéficient pas de programmes et de soins médicaux.</p>
<p>Nous offrons de former des professionnels prêts à lutter contre la mort. Nous prouverons qu’on l’on peut riposter à bien des tragédies de la planète. Nous prouverons que l’être humain peut et doit être meilleur. Nous prouverons la valeur de la conscience et de la morale. Nous offrons de vies.</p>
<p>Vivent les défenseurs de la vie qui ont reçu aujourd’hui leur diplôme !</p>
<p>Vivent les médecins, hommes et femmes, capables de vaincre la mort !</p>
<p>Vive le glorieux Contingent international Henry Reeve !</p>
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		<title>Discours prononcé par Fidel Castro Ruz à l’occasion de la grande assemblée du peuple cubain réunie sur la Place Civique, La Havane, le 2 septembre 1960</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2020 15:54:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
		<category><![CDATA[Fidel Castro]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous autres, ceux du Gouvernement révolutionnaire, qui avons vu de nombreuses réunions du peuple, celle-ci est si immense qu’elle ne peut pas ne pas nous impressionner profondément et qu’elle nous permet de comprendre la responsabilité énorme que, vous et nous, prenons sur nos épaules, a déclaré Fidel.
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1098" alt="fidel-castro-universidad-habana-27-noviembre-1960-discurso-580x390" src="/files/2011/09/fidel-castro-universidad-habana-27-noviembre-1960-discurso-580x390.jpg" width="300" height="250" />(LE PEUPLE ACCUEILLE FIDEL EN SCANDANT DES SLOGANS RÉVOLUTIONNAIRES, DONT : « FIDEL, FIDEL, OUI, OUI, OUI, POURQUOI LES RICAINS PEUVENT RIEN CONTRE LUI ! » « FIDEL, C’EST SÛR, SUR LES YANKEES TAPE DUR ! », « CUBA OUI, YANKEES NON ! », ET NE SE TAIT QUE POUR ÉCOUTER L’HYMNE NATIONAL.)</p>
<p>Citoyens,</p>
<p>Bien entendu, aucun de vous, de l’endroit où il est, ne peut se faire une idée de l’immensité de la foule qui s’est réunie ici cet après-midi : c’est une véritable marée humaine qui emplit la Place civique d’un bout à l’autre.</p>
<p>Nous autres, ceux du Gouvernement révolutionnaire, qui avons vu de nombreuses réunions du peuple, celle-ci est si immense qu’elle ne peut pas ne pas nous impressionner profondément et qu’elle nous permet de comprendre la responsabilité énorme que, vous et nous, prenons sur nos épaules.</p>
<p>Le peuple s’est réuni aujourd’hui pour débattre de questions importantes, notamment de nature internationale. Mais pourquoi quasiment personne n’est resté chez lui ? Pourquoi cette réunion de notre peuple est-elle la plus grandiose depuis le triomphe de la Révolution ? Pourquoi ? Parce que notre peuple sait ce qu’il défend, parce que notre peuple sait quelle bataille il livre. Et c’est justement parce que notre peuple sait qu’il livre une grande bataille pour sa survie et pour son triomphe, parce que notre peuple est batailleur et courageux que les Cubains sont venus ici.</p>
<p>Dommage, d’ailleurs, alors que nous allons discuter des questions dont on a discuté au Costa Rica, que les vingt-et-un ministres des Affaires étrangères d’Amérique ne soient pas assis ici ! (Cris de : « Qu’ils dégagent ! ») Dommage, oui, vraiment dommage qu’ils ne soient pas ici pour avoir l’occasion de voir le peuple qu’ils ont condamné à la réunion du Costa Rica ! Dommage qu’ils ne soient pas ici pour pouvoir comparer combien le langage diplomatique des ministères des Affaires étrangères est différent du langage des peuples !</p>
<p>Là-bas, bien entendu, notre ministre des Relations extérieures a parlé au nom du peuple (ovation). Mais ceux qui l’écoutaient, en tout cas une bonne partie d’entre eux, ne représentaient pas leurs peuples. Si ç’avait été des hommes représentant les intérêts véritables et les sentiments véritables des peuples d’Amérique, surtout des peuples d’Amérique latine, qui s’étaient réunis au Costa Rica, ils n’auraient jamais concocté une déclaration comme celle qu’ils ont prononcée contre les intérêts d’un peuple d’Amérique, et contre les intérêts de tous les peuples frères d’Amérique (applaudissements).</p>
<p>Et de quoi donc a-t-on discuté là-bas ? Eh ! bien, on y a joué le sort de notre patrie ; on y a enjolivé les agressions contre notre patrie ; on y a affûté le poignard que la main criminelle de l’impérialisme yankee veut plonger dans le cœur de la patrie cubaine ! (Slogans de : « Cuba, oui, Yankees non ! »)</p>
<p>Mais pourquoi voulait-on condamner Cuba ? Qu’est-ce que Cuba a fait pour être condamnée ? Qu’est-ce que notre peuple a fait pour mériter la Déclaration de Costa Rica ? Eh ! bien, ce que notre peuple a fait, c’est tout simplement briser ses chaînes ! (Applaudissements.) Ce que notre peuple a fait, sans causer de préjudices à aucun autre peuple, sans rien ôter à aucun autre peuple, c’est lutter pour un meilleur sort ! Ce que notre peuple a voulu, c’est tout simplement être libre ; ce que notre peuple a voulu, c’est tout simplement vivre de son travail ; ce que notre peuple a voulu, c’est tout simplement vivre du fruit de ses efforts ; ce que notre peuple a voulu, c’est tout simplement que ce qui est à lui soit à lui, que ce qui sort de sa terre lui appartienne, que ce qui sort de son sang lui appartienne, que ce qui sort de sa sueur lui appartienne ! (Applaudissements et slogans de : « Fidel, c’est sûr, sur les Yankees tape dur ! »)</p>
<p>Les Cubains ont tout simplement voulu que les décisions qui guident leur conduite soient à eux, que le drapeau à l’étoile solitaire qui ondoie sur notre patrie soit à eux, et uniquement à eux ! (Applaudissements.) Que leurs lois soient à eux, que leurs richesses naturelles soient à eux, que leurs institutions démocratiques et révolutionnaires soient à eux, que leur destinée soit à eux, et que cette destinée, aucun intérêt ne puisse s’y immiscer, aussi puissant qu’il soit, ni aucune oligarchie ni aucun gouvernement, aussi puissants qu’ils soient ! (Applaudissements.)</p>
<p>Et la liberté, elle doit être à nous, parce que conquérir la liberté nous a coûté beaucoup de sacrifices ; et la souveraineté, elle doit être à nous, et complète, parce que notre peuple se bat depuis un siècle pour la souveraineté ; et la richesse de notre terre doit être à nous, et le fruit de notre travail, parce que notre peuple a dû beaucoup se sacrifier pour ça, et tout ce qu’il y a ici, c’est le peuple qui l’a créé, et tout ce qu’il y a de richesse ici, c’est notre peuple qui l’a produit par sa sueur et son travail ! (Applaudissements.)</p>
<p>Notre peuple avait le droit d’être un jour un peuple libre ; notre peuple avait le droit de régir un jour ses propres destinées ; notre peuple avait le droit de pouvoir compter un jour sur des dirigeants qui ne défendent pas les monopoles étrangers, des dirigeants qui ne défendent pas des intérêts privilégiés, des dirigeants qui ne défendent pas les exploiteurs, mais des dirigeants qui mettent les intérêts de leur peuple et de leur patrie au-dessus des intérêts de l’étranger vorace, des dirigeants qui mettent les intérêts du peuple, les intérêts de ses paysans, les intérêts de ses ouvriers, les intérêts de ses jeunes, les intérêts de ses enfants, les intérêts de ses femmes, les intérêts de ses personnes âgées au-dessus des privilégiés et des exploiteurs (applaudissements).</p>
<p>Quand la Révolution est arrivée au pouvoir le 1er janvier 1959, voilà un peu plus d’un an et demi, qu’est-ce qu’il y avait dans notre patrie ? Qu’est-ce qu’il y avait dans notre patrie sinon des larmes, du sang, de la misère et de la sueur ? Qu’est-ce qu’il y avait pour nos paysans dans notre patrie ? Qu’est-ce qu’il y avait pour les enfants dans notre patrie ? Qu’est-ce qu’il y avait pour les travailleurs dans notre patrie ? Qu’est-ce qu’il y avait pour les familles modestes dans notre patrie ? Qu’est-ce qui avait régné jusque-là dans notre patrie ? Ç’avait été le règne de l’exploitation la plus inhumaine, le règne de l’abus, le règne de l’injustice, le règne du pillage systématique des richesses nationales par les monopoles étrangers, le règne de l’inégalité et de la discrimination, le règne du mensonge et de la tromperie, le règne de la soumission aux visées étrangères, le règne de la pauvreté.</p>
<p>Des centaines et des centaines de milliers de familles vivaient sans espoir dans de modestes chaumières ; des centaines et des centaines de milliers d’enfants n’avaient pas d’écoles ; plus d’un demi-million de travailleurs n’avaient pas de travail ; et les Cubains noirs avaient moins de chance que quiconque de trouver du travail (applaudissements) ; les paysans étaient délogés sans pitié ; les ouvriers de la canne à sucre ne travaillaient que quelques mois par an et souffraient de la faim, eux et leurs enfants, le reste du temps. Le vice, le jeu et tous les fléaux de ce genre régnaient dans notre pays ; l’agriculteur était exploité ; le pêcheur était exploité ; le travailleur était exploité ; le peuple dans son immense majorité était exploité.</p>
<p>On ne faisait jamais rien pour le peuple ; on ne décrétait aucune mesure de justice pour le peuple afin de le délivrer de la faim, afin de le délivrer de la pauvreté, afin de le délivrer de la douleur et de la souffrance ; afin de vous délivrer, vous, citoyens cubains, hommes et femmes, personnes âgées et enfants, afin de vous délivrer vous, qui êtes cette immense foule réunie ici, afin de délivrer la nation cubaine, afin de faire quelque chose pour elle, afin de faire quelque chose en sa faveur. Non, on ne faisait absolument rien ! (Applaudissements.)</p>
<p>Et le peuple devait supporter, impuissant ; dans notre patrie, le peuple devait payer les loyers les plus élevés au monde ; dans notre patrie, le peuple devait payer les tarifs électriques les plus élevés au monde; le peuple devait payer les services de téléphone en fonction des intérêts d’une compagnie étrangère qui avait arraché des concessions à un gouvernement tyrannique tandis que le sang de l’héroïque jeunesse étudiante était encore chaud sur les pavés devant le Palais présidentiel (applaudissements).</p>
<p>Dans les réserves monétaires de la nation, il ne restait plus que soixante-dix millions ; dans son commerce inégal avec les Etats-Unis, notre pays avait, en dix ans, payé un milliard de dollars de plus que ce qu’eux avaient payé pour nos articles. Pas d’usines. Qui est-ce qui allait ouvrir des usines pour les centaines de milliers de Cubains sans travail ? Pas de plans d’agriculture ; pas de plans d’industrie. Qui est-ce qui allait s’inquiéter d’ouvrir des usines ? Et le peuple, qu’est-ce qu’il pouvait faire ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire, l’ouvrier du sucre ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire, l’ouvrier de la canne à sucre ? Le travailleur, il ne lui restait plus que son salaire de misère ; le travailleur, il ne lui restait plus que le morceau de pain qu’il avait grand mal à pouvoir apporter à ses enfants affamés. Les profits, c’était les monopoles étrangers qui les emportaient ; les profits, c’étaient les possédants qui les entassaient ; les profits, c’était les intérêts se nourrissant du travail du peuple qui les entassaient. Et cet argent, soit ils le gardaient indéfiniment dans les banques, soit ils les investissaient dans toutes sortes de luxes, soit, et surtout, ils l’envoyaient à l’étranger…</p>
<p>Qui est-ce qui allait ouvrir des usines pour les centaines de milliers de Cubains sans travail ? Et comme la population cubaine augmentait, et que plus de cinquante mille jeunes arrivaient tous les ans à leur majorité, de quoi allaient-ils vivre ? De quoi allait vivre la population croissante dans notre pays ? De quoi allaient vivre les paysans, les enfants de paysans, alors que ceux-ci n’avaient même pas de travail ni de terres ? De quoi allait vivre une population qui se multipliait, et dont la croissance humaine était bien supérieure à la croissance de son industrie et de son économie ?</p>
<p>Le peuple n’avait aucune chance. Allez, le fils du paysan, ou le fils d’un ouvrier, le fils d’une famille modeste quelconque pouvait très difficilement aspirer à être un jour une profession libérale, un médecin, un ingénieur, un architecte ou un technicien universitaire ! Certains fils de familles pauvres pouvaient, au prix de sacrifices extraordinaires, faire des études supérieures, mais l’immense majorité des enfants de nos familles n’avaient même pas, bien souvent, l’occasion d’apprendre l’alphabet, et des régions entières de Cuba n’avaient jamais vu un instituteur. Notre peuple n’avait accès qu’au travail, oui mais s’il en trouvait ! Le lot de notre peuple, c’était toujours le pire. Pour notre peuple, il n’y avait jamais un terrain de sport ; pour notre peuple, il n’y avait jamais une rue ; pour notre peuple, il n’y avait jamais un jardin public ; et dans bien des localités où il y avait un jardin public, certains citoyens – les citoyens noirs – n’avaient pas le droit de s’y promener ! (Applaudissements.)</p>
<p>Voilà ce qu’a hérité la Révolution en arrivant au pouvoir : un pays économiquement sous-développé, un peuple qui était victime de toutes sortes d’exploitation. Voilà ce qu’a hérité la Révolution au terme d’une lutte héroïque et sanglante. Et les révolutions ne se font pas pour laisser les choses telles quelles ; les révolutions se font pour rectifier toutes les injustices. Les révolutions ne se font pas pour protéger et défendre des privilèges ; les révolutions se font pour aider ceux qui ont besoin d’être aidés ; les révolutions se font pour instaurer la justice, pour mettre fin aux abus, pour mettre fin à l’exploitation. Et notre Révolution s’est faite pour ça, et c’est pour ça que ceux qui sont tombés sont tombés. Et c’est pour atteindre ce but que tant de sacrifices ont été faits.</p>
<p>La Révolution venait arranger la patrie ; la Révolution venait faire ce que chaque Cubain demandait depuis très longtemps qu’on fasse. Quand chaque Cubain analysait, impuissant, la vie de notre pays et le panorama dans lequel se déroulait la vie nationale, il se disait toujours : « Ça, il faut l’arranger, il faut que ça s’arrange, il faut qu’un jour ça s’arrange. » Et les plus optimistes disaient : « Un jour, ça s’arrangera. »</p>
<p>C’est pour arranger le pays que les Cubains se battaient depuis très longtemps. Mais il y avait une force très puissante que nous empêcher d’arranger notre pays. Cette force, c’était la pénétration impérialiste des Etats-Unis dans notre patrie ; c’est cette force qui a fait échouer notre pleine indépendance ; c’est cette force qui a empêché Calixto García et ses courageux soldats d’entrer dans Santiago de Cuba ; c’est cette force qui a empêché l’Armée libératrice de faire la révolution au début de la république ; c’est cette force qui a décidé dès les premiers moments des destinées de notre patrie ; c’est cette force qui a permis que des intérêts étrangers s’emparent des ressources naturelles et des meilleures terres de notre patrie ; c’est cette force qui s’est arrogé le droit de s’ingérer dans les affaires de notre pays ; c’est cette force qui a écrasé autant de révolutions qu’on a essayé de faire ; c’est cette force qui s’est toujours associée à tout ce qu’il y avait de négatif, de réactionnaire et d’abusif dans notre pays. Et c’est cette même force qui tente maintenant de nous empêcher d’arranger notre pays.</p>
<p>Cette force, c’est celle qui a maintenu la tyrannie ; cette force, c’est celle qui a entraîné les sbires de la tyrannie, celle qui a armé les soldats de la tyrannie, celle qui a fourni des armes, des avions et des bombes au régime tyrannique pour qu’elle puisse maintenir notre peuple dans la pire oppression. C’est cette force qui a été le principal ennemi du développement et du progrès de notre patrie ; c’est cette force qui a été la principale cause de nos maux ; c’est cette force qui s’entête à faire échouer la Révolution cubaine ; c’est cette force qui s’entête à faire revenir les criminels de guerre, à faire revenir les exploiteurs, à faire revenir les monopoles, à faire revenir les latifundios, à faire revenir la misère, à faire revenir l’oppression dans notre patrie (applaudissements).</p>
<p>Les Cubains doivent voir très clairement que l’impérialisme, qui est cette force dont je parle, s’efforce d’empêcher notre peuple d’atteindre son plein développement ; ils doivent comprendre que cette force ne veut pas que vous-mêmes, les Cubains, puissiez atteindre un niveau de vie plus élevé ; qu’elle ne veut pas que vos enfants s’éduquent ; qu’elle ne veut pas que nos ouvriers perçoivent le fruit de leur travail ; qu’elle ne veut pas que nos paysans perçoivent le fruit de leur terre ; qu’elle ne veut, en fin de compte, que notre peuple puisse croître, que notre peuple puisse travailler et que notre peuple puisse avoir une destinée meilleure.</p>
<p>Notre peuple n’avait pas eu l’occasion à ce jour de comprendre ces grandes vérités. On cachait la vérité à notre peuple, on trompait misérablement notre peuple, on maintenait notre peuple divisé et berné. Notre peuple n’avait jamais eu l’occasion de discuter de ces problèmes de nature internationale ; le peuple ne savait absolument rien de ce que l’ambassadeur nord-américain conversait avec les dirigeants ; le peuple ne savait absolument rien de ce que tramaient les ministres des affaires étrangères ; le peuple comptait pour du beurre ; le peuple, on ne le réunissait pas pour lui rendre compte de ses problèmes ; le peuple, on ne le réunissait pas pour l’orienter ; le peuple, on ne le réunissait pas pour lui dire la vérité. Le sort de nos peuples se décidait à l’ambassade étasunienne. Notre peuple comptait pour du beurre dans les destinées du pays.</p>
<p>Est-ce que Cuba pouvait se résigner à ce sort ? Est-ce que les Cubains pouvaient continuer de supporter ce système ? (Cris de : « Non ! »). Alors, qu’est-ce que les Cubains ont fait ? Eh ! bien, la seule chose qu’ils pouvaient faire : se rebeller contre tout ça, se libérer de tout ça ! (Applaudissements.)</p>
<p>Acharnés à faire capoter la Révolution, les Etats-Unis ont commencé par la calomnier, par orchestrer une campagne contre elle dans le monde entier pour nous isoler des peuples frères du continent et pour que le monde ne sache pas ce que la Révolution était en train de réaliser. Puis, comme ces tentatives de discréditer la Révolution, de la diviser, de la freiner ont fait fiasco, ils se sont mis à mener des agressions plus ou moins directes, à bombarder nos plantations de canne à sucre, à faire des incursions aériennes au-dessus de notre territoire, à manigancer pour nous laisser sans pétrole, et ils ont fini par s’en prendre directement à notre économie en réduisant de presque un million de tonnes nos contingents d’exportation de sucre aux Etats-Unis.</p>
<p>C’était là une politique agressive contre notre pays ; c’était une action qui violait le droit international ; c’était une action qui constituait une agression économique contre un petit pays afin de le contraindre à renoncer à ses ambitions révolutionnaires ; c’était une agression économique pour obtenir un résultat politique. La nation la plus petite avait été agressée ; la petite nation avait vu ses champs bombardés et incendiés par des avions en provenance des Etats-Unis.</p>
<p>Il était donc logique qu’une réunion de ministres des affaires étrangères n’aille pas condamner Cuba ; il était donc logique qu’une réunion de ministres des affaires étrangères condamne les Etats-Unis pour leurs agressions contre un petit pays. Et il est donc absurde que le petit pays ait été condamné par les ministres des affaires étrangères, uniquement pour servir aux visées du puissant pays agresseur. Et c’est justement de cela dont nous allons débattre aujourd’hui, à cette Assemblée générale nationale du peuple cubain</p>
<p>Tout d’abord, pourquoi cette Assemblée générale du peuple ? Qu’est-ce que ça veut dire Assemblée générale du peuple ? Ça veut dire en premier lieu que le peuple est souverain, autrement dit que la souveraineté réside dans le peuple et que c’est de lui que découlent tous les pouvoirs (applaudissements). Le peuple cubain est souverain. Personne ne peut contester que la majorité du peuple est réunie ici ; personne ne pourra contester que le peuple est représenté ici. Dans les annales de notre patrie, jamais une foule pareille ne s’est réunie ; dans les annales de notre patrie, jamais on n’a vu une manifestation pareille ; dans les annales de l’Amérique, jamais une foule pareille ne s’est réunie ; dans les annales de l’Amérique, jamais on n’a vu une manifestation pareille (applaudissements).</p>
<p>Aujourd’hui, nous les Cubains, nous pouvons nous adresser à l’Amérique ; aujourd’hui, nous les Cubains, nous pouvons nous adresser au monde. Ce n’est pas un petit groupe de « recruteurs de votes politiques » qui s’est réuni ici ; ce n’est pas une poignée de mercenaires qui s’est réuni ici. Aujourd’hui, c’est le peuple qui s’est réuni ici ! (Applaudissements.) Qu’ils viennent donc et voient ! Ceux qui veulent savoir ce que c’est qu’un peuple réuni, qu’ils viennent et qu’ils voient ! Ceux qui veulent savoir ce que c’est qu’un peuple démocratique, qu’ils viennent et qu’ils voient ! Ceux qui veulent savoir ce que c’est qu’un peuple qui régit ses destinées, qu’ils viennent et qu’ils voient ! Ceux qui veulent savoir ce que c’est qu’une démocratie, qu’ils viennent et qu’ils voient !</p>
<p>Nous pouvons nous adresser à l’Amérique et au monde, parce que notre parole… (La foule scande : « Fidel, Fidel, Fidel ! ») Nous pouvons nous adresser à l’Amérique et au monde, parce que ce n’est pas un groupe d’hommes qui dit représenter un peuple qui prend la parole ici, comme ceux qui ont dit représenter là-bas les peuples frères d’Amérique. Nous pouvons nous adresser à l’Amérique avec la voix, l’approbation et l’appui d’une nation entière ! Ceux qui, en Amérique, affirment parler au nom de leurs peuples, eh ! bien, qu’ils les réunissent donc ! Ceux qui, en Amérique, affirment représenter leurs peuples et qui sont allés là-bas, au Costa Rica, parler au nom de leurs peuples respectifs, eh ! bien, qu’ils les réunissent donc ! Ceux qui, en Amérique, se disent des démocrates, eh ! bien, qu’ils réunissent donc leurs peuples, comme nous avons réuni, nous, le nôtre ici, pour aborder avec eux les problèmes d’Amérique !</p>
<p>Pour que les accords de n’importe quel congrès international soit valables, ils doivent recevoir l’approbation du peuple. S’ils veulent donc, eux, que nous respections les accords du Costa Rica, eh ! bien, qu’ils les soumettent à l’approbation de leurs peuples respectifs ! (Applaudissements et slogans de : « Fidel, Fidel ! », « Cuba, oui, Yankees non ! », « Fidel, c’est sûr, sur les Yankees tape dur ! » « Fidel, Fidel, oui, oui, oui, pourquoi les Ricains peuvent rien contre lui ! », et seul l’hymne national parvient à faire taire la foule.)</p>
<p>C’est là un principe élémentaire de droit public : qu’aucun ministre des affaires étrangères ne peut engager son pays dans des actes de droit international sans recevoir l’approbation du peuple. Le représentant d’un pays ne se rend pas à une réunion internationale de son plein gré. Personne n’a le droit d’engager pour son compte la conduite internationale d’un pays, et ceux qui s’y rendent sans représenter les peuples ne les compromettent donc par leur conduite. Tout acte qui fait en passant par-dessus la volonté souveraine des peuples est nul et non avenu. Par conséquent, la validité de la Déclaration du Costa Rica dépend, non des ministres des affaires étrangères, mais des peuples. Et on ne peut venir maintenant raconter des sornettes au peuple cubain, affirmer que cette Déclaration est valide parce qu’ils disent représenter les peuples… Non, il faut nous prouver d’abord que c’est bien ça que sentent les peuples ! (Applaudissements.) Alors, nous demandons au gouvernement vénézuélien, au gouvernement péruvien, au gouvernement chilien, au gouvernement argentin, au gouvernement brésilien, au gouvernement équatorien, au gouvernement costaricien, nous demandons respectueusement aux gouvernements latino-américains de convoquer leurs peuples en assemblée générale et de leur soumettre la Déclaration du Costa Rica ! (Applaudissements.)</p>
<p>Et qu’ils ne disent pas… qu’ils ne disent pas qu’ils ne peuvent pas ! Nous parlons démocratiquement… nous parlons démocratiquement. Parce que nous, oui, nous pouvons parler de démocratie ; nous, oui, nous réunissons aussitôt le peuple pour qu’il décide (applaudissements et cris). Pourquoi… pourquoi donc le peuple vénézuélien ne réunit-il pas le peuple ? (Cris.) Nous invitons respectueusement le président vénézuélien à réunir le peuple vénézuélien à Caracas et à lui soumettre la Déclaration du Costa Rica. Nous invitons respectueusement le président argentin (huées et cris) à réunir à Buenos Aires, en assemblée générale, le peuple argentin et à le consulter, comme nous le faisons ici, au sujet de la Déclaration du Costa Rica (cris). Nous invitons respectueusement le gouvernement uruguayen à réunir dans la capitale du pays le peuple uruguayen et à le consulter au sujet de la Déclaration du Costa Rica. Nous invitons respectueusement le gouvernement chilien à réunir dans la capitale… (cris) – non, ne dites rien, nous allons voir s’il le fait (cris) – à réunir le peuple chilien dans la capitale et à le consulter au sujet de la Déclaration du Costa Rica. Nous invitons aussi le gouvernement péruvien, le gouvernement équatorien… pour ne pas parler, bien entendu, du gouvernement nicaraguayen, ou du gouvernement guatémaltèque, ou du gouvernement paraguayen, car ce serait une blague, ce serait une blague… Non, non, je ne vais pas parler de ces gouvernements tyranniques, comme celui du Nicaragua ou celui de Paraguay, non, non ! Je veux parler des gouvernements qui se disent démocratiques… Et démocratie, ça vient du peuple ! Démocratie veut dire gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! (Applaudissements et slogans de : « Avec l’OEA ou sans l’OEA, la bataille on la gagnera ! »)</p>
<p>Et celui qui ne réunit pas le peuple… celui qui ne réunit pas le peuple, celui-là n’est pas démocrate ! Celui qui ne consulte pas le peuple, celui-là n’est pas démocrate ! Pour être démocrate, il faut consulter le peuple ! (Slogan de : « Ça n’arrive qu’à Cuba ! »)</p>
<p>Et ça, oui, c’est une représentation. Ici, il n’y a pas de truquage électoral, pas de fraude, pas de voix achetées, pas de recruteurs de voix, pas d’appareils de parti, pas d’emplois bidon, rien de tout ça. Ici, tout est pur ! (Applaudissements.) Ça oui, c’est une démocratie lavée d’impuretés, lavée d’impuretés, c’est une démocratie vraiment « pasteurisée » (rires et applaudissements). Et qu’on ne nous dise pas qui l’autre démocratie est meilleure que celle-ci, que la démocratie du recruteur de voix, du truquage électoral, de l’emploi-bidon, de la politicaillerie, de la concussion, de l’achat des consciences, de la coaction, de l’appareil de parti, est plus que celle-ci…</p>
<p>Est-ce qu’il peut y avoir quelque chose de plus pur qu’une réunion de tout le peuple ? (Cris de : « Non ! ») Est-ce que quelqu’un a traîné le peuple ici de force ? (Cris de : « Non ! ») Est-ce que quelqu’un a payé le peuple pour qu’il vienne ? (Cris de : « Non ! ») Celui qui est venu ici et qui souffre maintenant tous les problèmes que vous souffrez… parce que nous savons que dans une foule serrée, beaucoup de gens s’évanouissent, et que beaucoup de gens… Nous savons que vous devez avoir soif, nous savons les sacrifices que vous faites… (Slogans de : « On est prêt à tout ! On est prêt à tout ! ») Quand quelqu’un arrive d’endroits aussi éloignés que la province d’Oriente, ou la province de Camagüey, ou de Las Villas, ou de Matanzas, ou de la banlieue de La Havane, ou des quartiers les plus éloignés de la capitale, et que les heures passent, et qu’il résiste à pied ferme, et fait tous ces sacrifices, eh ! bien, il le fait d’une manière absolument spontanée, il le fait d’une manière absolument spontanée. Chacun de vous sent que c’est son devoir, et il vient parce qu’il comprend que c’est son devoir, et que vous avez de grands devoirs envers la patrie, et que vous devez défendre la patrie, et que vous devez hisser au plus haut le nom de votre patrie, et que vous devez vous dresser face aux calomnies. (Applaudissements et slogans de : « : « On est prêt à tout ! On est prêt à tout ! »)</p>
<p>C’est aussi parce que vous savez que vous deviez envoyer un message aux peuples frères d’Amérique, et que vous deviez répondre à la Déclaration du Costa Rica, et que le peuple tout entier devait être présent, parce que vous êtes un peuple conscient de vos devoirs, parce que vous êtes un peuple qui sent qu’il joue un grand rôle historique, qui sent qu’il défend une cause très noble, qui sent qu’il est devenu le flambeau de deux cent millions d’êtres humains qui souffrent aujourd’hui les mêmes choses que vous souffriez ici avant (applaudissements).</p>
<p>Alors, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le peuple marche uni, parce qu’il sait que ce sont ses intérêts qui comptent aujourd’hui, que c’est sa volonté qui compte, qu’aujourd’hui absolument rien ne se fait qui ne soit pour son bien. Et c’est ainsi que doivent être tous les dirigeants ; tous les dirigeants doivent exister pour faire du bien à leur peuple, non pour voler, non pour piller, non pour vendre leur peuple, non pour trahir leur peuple ! (Applaudissements.)</p>
<p>Et c’est pour ça que nous, qui pouvons parler pour de vrai au nom de la démocratie, nous demandons ça aux gouvernements d’Amérique. Et nous espérons qu’ils ne prennent pas la mouche pour autant. Car nous ne leur demandons rien de mauvais, nous leur demandons tout bonnement de réunir le peuple et que tout le peuple réuni dise le dernier mot au sujet de la Déclaration du Costa Rica. Car si le peuple ne l’approuve pas, la Déclaration du Costa Rica n’a absolument aucune validité pour nous ! (Applaudissements.) Et nous espérons qu’aucun gouvernement démocrate d’Amérique ne prendra la mouche parce que nous lui demandons de réunir le peuple…</p>
<p>Puisqu’ils disent que nous nous sommes écartés de la famille américaine, nous leur répondons que non, que ceux qui se sont écartés de la famille américaine, autrement dit de la famille latino-américaine, pour s’associer à l’empire yankee exploiteur, ce sont eux, qui se sont rendus au Costa Rica. Ce sont bel et bien eux qui s’écartent de la famille latino-américaine, pas nous ! Au contraire, nous, nous voulons que notre famille, celle des peuples latino-américains, se réunisse et ait le dernier mot. Cette famille-là, oui, c’est la nôtre : les peuples d’Amérique latine, ça oui, c’est notre famille ! (Applaudissements.)</p>
<p>Mais que s’est-il passé ? Qu’est-ce qu’il a fait, l’Empire ? Il nous supprime nos contingents d’exportation de sucre sur son marché et les distribue entre tous ces gouvernements qui auraient dû condamner cette action. Autrement dit, c’est nous qui sommes le gouvernement victime : le gouvernement étasunien nous enlève nos contingents et, avant même la discussion prévue là-bas, il les distribue entre les juges. Et ça, qu’est-ce que c’est, sinon suborner les juges, en leur offrant les contingents qu’il nous a enlevés ! Mais ce n’est pas tout : au beau milieu des discussions au Costa Rica, il dégage un crédit de six cent millions de dollars pour le distribuer entre les gouvernements, autrement dit, les oligarchies d’Amérique latine ! Comment un gouvernement qui se respecte et qui respecte les autres peut-il, au milieu d’une conférence, offrir un crédit de six cent millions de dollars aux pays qui sont en train de discuter ? C’est une politique morale, ça ? Non, c’est une politique immorale de la part du gouvernement des Etats-Unis qui enlève ses contingents sucriers à Cuba pour les distribuer entre les oligarchies et qui offre en pleine conférence un crédit de six cent millions de dollars aux oligarchies. Oui mais, il pourra bien acheter les oligarchies, mais il ne pourra pas acheter les peuples ! Sinon, qu’il aille un peu le demander aux peuples ! (Applaudissements.) Oui, qu’il aille un peu le demander aux peuples, pour constater que les peuples vont réagir pareil que nous et qu’ils vont lui dire : « Non, non, ce que nous voulons, nous, c’est que les mines nous appartiennent, c’est que le pétrole nous appartienne, c’est que les industries nous appartiennent, et que les monopoles rentrent chez eux parce que nous n’avons pas besoin de leurs dollars ! » Voilà ce que les peuples vont lui dire ! (Applaudissements.)</p>
<p>Car qu’est-ce qu’il veut, le peuple vénézuélien ? Qu’on lui donne des dollars ? Non, c’est qu’il veut, c’est qu’on ne les lui enlève pas ! Ce qu’il veut, c’est qu’on ne lui enlève pas son pétrole, qu’on ne lui épuise pas ses ressources naturelles. Ce qu’il veut, le peuple vénézuélien, c’est qu’on lui rende son pétrole, ses mines et ses ressources naturelles pour les développer, lui, et pour progresser. Voilà ce qu’il veut, le peuple vénézuélien, et voilà ce qu’ils veulent, les peuples.</p>
<p>Les peuples savent que cet argent reste aux mains de l’oligarchie, des latifundiaires, des exploiteurs, de tous ceux qui dirigent la politique de ces pays-là, mais qu’eux, ils ne touchent rien. C’est pour ça que la diplomatie de ces gens-là se cuisine en secret, qu’ils ne disent rien aux peuples, que les peuples sont de simples spectateurs qui ne sont jamais consultés pour prendre ce genre de décisions.</p>
<p>Alors, nous disons à l’impérialisme yankee : ce qui vaut, ce n’est pas l’opinion des oligarchies. Si les oligarchies peuvent se vendre, les peuples frères d’Amérique ne se vendront jamais pour son or ! (Applaudissements.)</p>
<p>Ils sont allés discuter là-bas, la bourse dans une main, le bâton dans l’autre. Inutile de vous dire que, même s’ils n’avaient pas apporté la bourse, ils auraient obtenu la Déclaration du Costa Rica. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient apporté le bâton. Mais, même si l’impérialisme n’avait pas apporté le bâton, les oligarchies auraient voté pour lui. Vous savez pourquoi ? Parce que les latifundiaires d’Amérique ne veulent pas de réforme agraire ; parce que les monopoles d’Amérique ne veulent pas de réforme agraire ; parce que les exploiteurs en Amérique latine n’y veulent pas de justice. Alors, tout simplement, par peur d’une révolution qui a liquidé tous les privilèges, qui a liquidé les latifundios, qui a liquidé l’exploitation, par peur d’une révolution comme celle-ci, par peur de voir les peuples s’inspirer de l’esprit révolutionnaire de Cuba, ils votent contre elle, parce qu’ils veulent, c’est détruire l’exemple de la Révolution cubaine.</p>
<p>Mais ce n’est pas ça que pensent les ouvriers d’Amérique latine ; ce n’est pas ça que pensent les paysans ; ce n’est pas ça que pensent les étudiants ; ce n’est pas ça que pense le peuple latino-américain. Bien qu’on orchestre une campagne contre Cuba, bien que les dépêches des agences yankees n’arrêtent pas de mentir, de calomnier, de répéter toutes sortes de mensonges sur la Révolution, les peuples n’avalent pas les couleuvres de l’impérialisme ! (Applaudissements.)</p>
<p>Alors, qu’est-ce que nous avons fait, nous ? Eh ! bien, nous sommes allés discuter, nous avons exposé nos points de vue, nous avons très bien discuté. Et que s’est-il passé ? Ce à quoi tout le monde s’attendait. Malgré les raisons formidables, malgré la force morale extraordinaire de Cuba, ces ministres des affaires étrangères, bien que beaucoup en rougissaient, ont signé la Déclaration. Pas tous, parce que le ministre vénézuélien, Arcaya, a refusé de signer cette directive gouvernementale (applaudissements). En effet, bien que le délégué vénézuélien ait signé, son ministre Arcaya, qui représente les sentiments de ce peuple héroïque qui proteste dans la rue depuis une semaine contre la Déclaration de Costa Rica (applaudissements) a refusé de la signer personnellement.</p>
<p>Il y a un autre cas. Le ministre du Pérou, qui avait convoqué cette réunion sur instructions, évidemment, de son gouvernement pour aborder la prétendue ingérence extracontinentale, a été si dégoûté devant l’esprit autoritaire du département d’État nord-américain, devant cette farce, qu’il a refusé lui aussi de signer la Déclaration (applaudissements et slogans de : « Roa, Roa ! »).</p>
<p>Et bien que le ministre du Mexique ait signé la Déclaration, à peine de retour à Mexico il a déclaré qu’il n’était absolument pas d’accord avec la condamnation de Cuba, et que, même si la Déclaration en était une, il a affirmé personnellement qu’il n’avait pas l’intention de condamner Cuba.</p>
<p>Autrement dit, la force morale de Cuba a été telle, le prestige de notre Révolution a été telle que plusieurs ministres des affaires étrangères ont refusé de signer la Déclaration et que certains de ceux qui l’ont fait ont exprimé ensuite leur point de vue favorable à Cuba.</p>
<p>Bien entendu, ça ne décide pas de la teneur de la Déclaration : celle-ci est bel et bien braquée contre Cuba. Mais il s’est passé des choses si extraordinaires à cette conférence que, selon ce que nous dit notre compagnon Olivares, la délégation argentine a présenté un projet en anglais ! Après, elle a expliqué que ça avait été une erreur. Mais quelle erreur : une délégation hispanophone qui présente un projet en anglais ! (Exclamations.)</p>
<p>Est-ce que ça a été une victoire de l’impérialisme ? Une victoire, oui, mais à la Pyrrhus. Les victoires à la Pyrrhus, ce sont celles où vous y perdez plus que vous n’y gagnez. Maintenant, on va bien voir ce que dira cette assemblée démocratique et comment ils vont oser dire que le peuple est obligé d’appliquer une Déclaration qui n’est pas démocratique. On va bien voir combien ça va leur durer, ce conte à dormir debout de la démocratie aux Etats-Unis ! (Exclamations.) À partir de maintenant, c’est nous qui allons parler de démocratie, parce que nous réunissons le peuple et que nous discutons les problèmes avec lui (applaudissements). Et ceux qui doivent promulguer des lois d’exception, des lois répressives, dont les forces de répression poursuivent le peuple dans la rue, qui emprisonnent des citoyens, eh ! bien, qu’ils ne parlent pas de démocratie ! Celui qui ne peut pas réunir le peuple et le consulter et compter sur lui pour que ce soit lui qui décide des destinées du pays, eh ! bien, qu’il ne nous sorte pas ce conte à dormir debout de la démocratie, parce que nous ne sommes plus de bambins !</p>
<p>Et maintenant, nous allons discuter, nous allons décider. Le peuple cubain va décider, en cette Assemblée générale nationale, au sujet de la Déclaration de Costa Rica. Et nous allons aussi formuler la nôtre. Puisqu’ils ont fait la leur, nous devons faire la nôtre ici, la Déclaration de La Havane ! (Applaudissements.)</p>
<p>Presque tous les articles de leur Déclaration sont braqués contre Cuba, mais je ne vais lire que les trois plus importants. Et après nous déciderons si nous acceptons ou refusons – non, non, pas maintenant ! &#8211; la Déclaration. Nous sommes allés au Costa Rica, nous n’avons pas signé, et nous venons ici pour soumettre la Déclaration au peuple cubain.</p>
<p>Son Article Premier est le suivant : « Condamne énergiquement l’intervention ou la menace d’intervention, même conditionnelle (voyez donc un peu : même conditionnelle !), d’une puissance extracontinentale dans les affaires des républiques américaines et déclare que l’acceptation d’une menace d’intervention extracontinentale de la part d’un État américain met en danger la solidarité et la sécurité américaines, ce qui oblige l’Organisation des États américains à la désapprouver et à la refuser tout aussi énergiquement. »</p>
<p>Cette énergie, c’est celle de la clique ou celle du peuple ? Parce que, que je sache, le peuple investit son énergie à des protestations dans les rues des capitales des nations sud-américaines !</p>
<p>Ceci nous oblige donc à poser au peuple, réuni en assemblée générale, la première question : « Au cas où notre île était envahie militairement par des forces impérialistes, accepterait-il ou non l’aide de l’Union soviétique ? » (Le peuple crie : « Oui ! ». On écoute aussi des slogans : « Fidel ! Fidel ! » « Cuba, oui, Yankees, non ! », « Fidel, Fidel, oui, oui, oui, pourquoi les Ricains peuvent rien contre lui ! », « Bye-bye, barrez-vous de chez nous ! »)</p>
<p>Premier vote et première réponse du peuple cubain réuni en assemblée générale nationale. Première réponse aux ministres des affaires étrangères du Costa Rica : Le peuple cubain, réuni en assemblée générale nationale, déclare que si l’île de Cuba est envahie militairement par des forces militaires impérialistes, Cuba accepte l’aide de l’Union soviétique (applaudissements).</p>
<p>Il est bon, par ailleurs, que nous posions une question aux ministres que condamnaient « énergiquement » la menace d’intervention, même conditionnelle, d’une puissance extracontinentale. Alors, comme ça, si l’Union soviétique nous offre son appui militaire au cas où nous serions envahis par les Etats-Unis, vous condamnez cette offre d’aide ou notre acceptation de l’aide ? Comme c’est sympa !</p>
<p>Nous voulons poser une autre question aux ministres des affaires étrangères du Costa Rica : sur quoi comptent les gouvernements latino-américains pour défendre Cuba si elle est envahie par des forces militaires impérialistes, comme le Mexique a déjà été envahi, une fois, deux fois, le Nicaragua plusieurs fois, comme Haïti a été envahie, comme le Costa Rica a été envahi ? Sur quels effectifs militaires comptent les gouvernements latino-américains pour défendre Cuba ?</p>
<p>Tout d’abord, ils n’en ont pas ; ensuite, s’ils en avaient, ils ne pourraient pas compter sur eux, non plus. Bref, ils prétendent que nous refusions cette aide en cas d’agression. Pour quoi ? Pour que nous ne dépendions que d’eux, qui allaient sûrement nous laisser en rade. Donc, la réponse intelligente, la réponse correcte, la réponse vaillante, la réponse révolutionnaire est celle que le peuple cubain adresse aux ministres des affaires étrangères qui se sont réunis au Costa Rica (applaudissements). Sur ce point, donc, ils savent à quoi s’en tenir.</p>
<p>Un autre point affirme : « …repousse de même la prétention des puissances sino-soviétiques d’utiliser la situation politique, économique ou sociale de n’importe quel État américain [ils ne mentionnent pas Cuba, bien évidemment, mais c’est d’elle dont ils parlent] dans la mesure où cette prétention est susceptible de briser l’unité continentale et de mettre en danger la paix et la sécurité du continent. »</p>
<p>Alors, je vais poser une question : est-ce que le peuple estime que l’Union soviétique ou la République populaire de Chine sont les fautifs de cette Révolution que nous avons faite nous, ici ? (Le peuple crie : « Non ! ») Qui est le fautif de cette Révolution ? Qui est le fautif que nous ayons dû faire cette Révolution, nous les Cubains ? Qui est le fautif : l’Union soviétique, la République populaire de Chine ou l’impérialisme yankee ? (Cris de : « Les Yankees ! ») Autrement dit, le seul fautif que cette Révolution ait lieu à Cuba est l’impérialisme yankee, et, par conséquent, le peuple cubain repousse cette accusation selon laquelle l’Union soviétique ou la République populaire de Chine sont en train d’utiliser la situation politique, économique et sociale d’un État américain pour briser l’unité continentale et mettre en danger la paix et la sécurité du continent. Quels sont ceux qui mettent en danger l’unité continentale ? (Cris de : « Les Yankees ! ») Quels sont ceux qui sont en train de diviser un peuple latin d’autres peuples latins ? (Cris de : « Les Yankees ! ») Quels sont ceux qui ont réuni là-bas un groupe de ministre des affaires étrangères latins pour faire une déclaration contre un peuple latin ? (Cris de : « Les Yankees ! ») Les Yankees. Quels sont ceux qui ont été les seuls agresseurs sur ce continent ? (Cris de : « Les Yankees ! ») Les Yankees. Donc, notre réponse à ce deuxième point, c’est que les seuls à avoir agressé les peuples d’Amérique latine, les seuls à avoir brisé l’union des peuples d’Amérique latine et les seuls coupables de la situation révolutionnaire qui existe à Cuba et qui existera en Amérique latine, c’est l’impérialisme yankee ! (Applaudissements.)</p>
<p>Et pour finir de le prouver, il suffit d’un exemple. Ici, j’ai sous les yeux un traité qui a été signé, le 7 mars 1952, par le ministre d’État de l’époque, monsieur Aureliano Sánchez Arango (huées), avec l’ambassadeur nord-américain. Ce traité s’est appelé (cris de : « S’appelait ! ») … &#8211; s’appelait, s’est appelé, c’est du pareil au même – Convention bilatérale d’aide militaire entre Cuba et les Etats-Unis d’Amérique. Bien entendu, c’était le traité entre le pot de fer et le pot de verre, ou entre le requin et la sardine</p>
<p>Voyez un peu le point 2 de l’article premier… Je sais que le peuple ne comprend pas grand-chose à ces trucs de traité, parce qu’on ne lui en a jamais parlé. Et voilà donc quelle était la politique de l’impérialisme : il obligeait chaque gouvernement à souscrire avec lui un traité de requin à sardine ; un pacte militaire. Imaginez un peu ce qu’était ce genre de pacte entre les Etats-Unis et les pays d’Amérique latine, un pacte bilatéral visant à lier par une série d’engagements tous les peuples d’Amérique latine. Et ce point 2 stipule : « Le Gouvernement de la République de Cuba s’engage à utiliser efficacement l’aide qu’il reçoit du Gouvernement des États-Unis d’Amérique, conformément à la présente Convention, en vue de mettre en œuvre les plans de défense adoptés par les deux gouvernements, en vue de quoi les deux gouvernements prendront part à des missions importantes pour la défense du continent, et à moins que, au préalable – faites bien attention à ce que dit le traité – il n’en ait reçu l’assentiment du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, il ne consacrera pas cette aide à d’autres fins que celles pour lesquelles elle a été octroyée. » Nous, nous avons été témoins que les avions qu’il a prêtés, les chars qu’il a prêtés, les bombes qu’il a prêtées et les armes qu’ils a prêtées ont servi à assassiner des paysans, à bombarder des paysans dans la Sierra Maestra, à assassiner des milliers de Cubains, autrement dit à opprimer le peuple et à lui faire une guerre impitoyable. Et que dit le Traité : « … à moins que, au préalable il n’en ait reçu l’assentiment du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, il ne consacrera pas cette aide à d’autres fins que celles pour lesquelles elle a été octroyée. » Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique a donné l’autorisation pour que ces canons, ces bombes et ces avions soient utilisés contre le peuple cubain !</p>
<p>C’est un traité qui, bien qu’il semble absurde… Bien entendu, la mission militaire d’ici a été expulsée voilà pas mal de temps, mais le traité est toujours en vigueur. Alors nous allons le soumettre aussi au peuple, aujourd’hui, s’il faut maintenir ou annuler ce traité militaire (cris de : « L’annuler ! ») Que ceux qui sont d’accord pour annuler ce traité militaire dès maintenant, qu’ils lèvent la main ! (L’immense majorité de la foule réunie le fait.) Autrement dit, par volonté souveraine du peuple cubain, ce traité militaire entre Cuba et les Etats-Unis qui a coûté tant de sang est annulé. (Applaudissements et cris de : « Qu’on le brûle ! ») Non, nous n’allons pas le brûler, nous allons le garder pour l’histoire, tel quel, déchiré.</p>
<p>Demain, le ministère d’État, ou plutôt le ministère des Relations extérieures, car c’est comme ça qu’on l’appelle dans le Gouvernement révolutionnaire, fera savoir au gouvernement des Etats-Unis que le peuple cubain, de par sa volonté absolument souveraine et libre, réuni en assemblée générale nationale, a annulé cette convention militaire qui était déjà caduque par les faits et les sentiments (Cris de : « Ouste ! » « Ouste ! » « Bye-bye, barrez-vous de chez nous ! ») Un instant, un instant, le problème de Guantánamo a n’est pas inscrit à notre ordre du jour (applaudissements). Il y aura d’autres assemblées générales nationales. Il y en aura d’autres, et nous devons savoir poser chaque chose à son moment. Nous proposons au peuple, nous le lui demandons, d’aborder la question de Guantánamo au moment opportun. Car nous avons d’autres explications à donner, nous répondons aujourd’hui à des faits de nature internationale, à des agressions de nature internationale.</p>
<p>Nous avons été victimes d’agressions économiques. Quand ils nous ont enlevé neuf cent mille tonnes de sucre, nous les avons avertis d’avance qu’ils paieraient, sucrerie après sucrerie, entreprise après entreprise, pour les agressions qu’ils commettaient contre notre économie. Ils nous ont enlevé neuf cent mille tonnes de sucre, presque un million, et nous leur avons nationalise trente-six sucreries, la compagnie d’électricité, la compagnie de téléphone et les compagnies pétrolières (applaudissements)</p>
<p>Il leur en reste une partie ici encore, qui est là, en réserve : le jour où ils commettront de nouvelles agressions économiques, eh ! bien nous leur nationaliserons les entreprises restantes. Donc, quelle sera la politique du Gouvernement révolutionnaire ? Très simple et très claire. Et ça aussi, il faut que le peuple le comprenne et qu’il l’appuie. Si les agressions économiques continuent contre notre pays, nous continuerons de nationaliser les entreprises nord-américaines ! (Applaudissements.) Mais si, malgré le fait que notre pays et notre peuple sont victimes d’une série continuée d’agressions, l’impérialisme poursuit ses agressions contre notre pays, s’entête à vouloir ruiner économiquement notre pays et s’entête à continuer d’agresser notre pays, eh ! bien, nous réunirons le peuple en assemblée générale et nous demanderons le retrait des forces navales nord-américaines du territoire de Guantánamo ! (Applaudissements et slogans de : « Bye-bye, barrez-vous de chez nous ! »)</p>
<p>Tout le monde sait maintenant comment ils se sont emparés de cette partie de notre île ; tout le monde sait maintenant par quels procédés, sans discuter avec un pays souverainement libre, mais un pays occupé et soumis aux clauses de l’Amendement Platt. Et puis tout le monde sait le risque qu’entraîne pour notre pays le fait qu’une puissance agressive et belliciste maintienne une base sur notre territoire ; les risques qu’implique pour notre population, en cas de guerre atomique, la présence d’une base militaire yankee en territoire cubain. Et tout le monde sait en plus que ceci n’a cessé de nous inquiéter et que nous avons dénoncé d’ici, plusieurs fois, que tout ce qui arriverait là-bas sera toujours une auto-provocation, parce que nous n’allons jamais commettre l’erreur de leur donner des prétextes pour envahir notre pays. S’ils veulent envahir notre pays, qu’ils le fassent sans le moindre prétexte, sans la moindre justification, parce qu’ils ne l’auront jamais, et ils savent aussi ce qui les attend s’ils envahissent notre pays. Mais nous connaissons bien la duplicité et la fourberie du département d’État nord-américain, nous connaissons bien les procédés auxquels ils ont recouru, et c’est pour ça que nous avons averti notre peuple et averti le monde que nous n’attaquerions jamais la base. Au contraire, nous avons tenu à mettre en garde contre toute auto-provocation, parce qu’ils sont parfaitement capables – qui en doute ? – de planifier là-bas une auto-provocation à partir de criminels de guerre pour se donner un prétexte. Nous, qui sommes obligés d’être constamment en état d’alerte et d’avertir le peuple et d’avertir le monde de tous les dangers, nous avertissons que tout ce qui se passerait là serait une autoprovocation, parce que nous n’attaquerons jamais cette base. Quand les circonstances le demanderont, nous demanderons souverainement et démocratiquement, comme aujourd’hui, l’annulation de ce traité pour recouvrer notre territoire, mais nous n’agirons jamais de manière à donner des prétextes à l’impérialisme pour ensanglanter notre pays (applaudissements).</p>
<p>Et comme notre peuple est intelligent, qu’il comprend qu’il faut marcher de pied ferme, qu’il faut mener de l’avant cette lutte avec la plus grande intelligence, il appuie la ligne que le Gouvernement révolutionnaire suit sur ces questions délicates et épineuses.</p>
<p>Maintenant, je passe au point 5 de la Déclaration qui dit comme suit :</p>
<p>« Proclame que tous les États membres de l’organisation régionale – écoutez bien ! – que tous les États membres de l’organisation régionale sont obligés de se soumettre à la discipline du système interaméricain volontairement et librement convenue, et que la plus solide garantie de leur souveraineté et de leur indépendance politique provient de l’obéissance aux dispositions de la Charte de l’Organisation des États américains. »</p>
<p>Quelle classe de garantie ! « Que la plus solide garantie… provient de l’obéissance aux dispositions de la Charte de l’Organisation des États américains », qui n’ont pas été capables de nous défendre des incursions aériennes, qui n’ont pas été capables de nous défendre des plans des contre-révolutionnaires qui se trament là-bas, en territoire nord-américain, des expéditions qui s’organisent, des attentats que conçoit, prépare et `paie le département d’État yankee, des attentats terroristes, des bombes et de tous les actes de subversion qu’inspire, prépare et paie le département d’État yankee. Qui n’ont pas pu nous défendre ni de ces agressions, ni de l’hostilité croissante contre notre pays ni de l’agression économique. Et pourtant cette Organisation déclare que les États membres sont obligés de se soumettre à sa discipline » ! Très bien ! Avant de nous soumettre à cette discipline, nous demandons que tous les États membres réunissent leurs peuples et les consultent sur ces questions de l’Organisation des États américains et sur la Déclaration du Costa Rica. Alors, quand ils auront consulté leurs peuples et que leurs peuples seront d’accord avec ça, eh ! bien alors qu’ils viennent nous parler de discipline.</p>
<p>Non, notre devoir, nous le comprenons ainsi : notre ministre des Relations extérieures va au Costa Rica avec la délégation cubaine, la réunion se tient, les ministres adoptent la Déclaration. Que fait le gouvernement cubain ? Il réunit le peuple et lui soumet la Déclaration. Et aucun État ne peut être obligé à aucun accord international contre la volonté de son peuple. Nous avons été les premiers et les seuls à soumettre la question au peuple. Et nous n’avons fait là que notre devoir. Nous obéissons à ce que dit le peuple cubain, pas à ce que disent les ministres des affaires étrangères qui répondent aux ordres de Washington (applaudissements). Le gouvernement cubain n’est obligé à d’autre obéissance, ni à d’autre discipline ni à d’autre acceptation que vis-à-vis des dispositions émanant de la volonté libre et souveraine de son peuple !</p>
<p>Il reste encore quelques questions que nous voulons soumettre au peuple pour qu’il dise s’il est d’accord pour que la politique de notre pays soit d’amitié et de commerce avec tous les peuples du monde (cris unanimes de : « Oui ! »).</p>
<p>Nous voulons soumettre à notre peuple un autre point. Notre peuple a rétabli les relations diplomatiques avec l’Union soviétique. Nous demandons à notre peuple s’il est d’accord avec ce rétablissement des relations (cris unanimes de : « Oui ! ») ; s’il est d’accord pour que nous maintenions aussi des relations avec les autres pays socialistes (cris unanimes de : « Oui ! »).</p>
<p>Il reste un autre point extrêmement important. L’impérialisme, vous le savez, en a profité pour accuser la République populaire de Chine de s’ingérer dans les questions de l’Amérique latine, alors que notre pays n’a pas de relations diplomatiques à ce jour avec ce pays, mais qu’il en a au contraire avec un gouvernement fantoche protégé par les bâtiments de la VIIe flotte nord-américaine. Et aucun pays latino-américain n’a osé rétablir des relations, je ne dirais pas diplomatiques, mais juste commerciales, avec la République populaire de Chine. Par conséquent, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba souhaite soumettre au peuple réuni en cette assemblée souveraine et libre le point suivant : est-il d’accord pour établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine ? (Cris unanimes de : « Oui ! ») Par conséquent, à partir d’aujourd’hui, nos relations diplomatiques avec le régime fantoche de Tchang Kaï-Chek cessent (cris de : « Oui ! »). Et si la République populaire de Chine veut nous aider aussi au cas où Cuba serait attaquée par des forces militaires de l’impérialisme, nous l’acceptons ! (Cris unanimes de : « Oui ! » « Nous l’acceptons » !)</p>
<p>Bref, oui, nous sommes un pays libre en Amérique, nous décidons de notre politique nationale et de notre politique internationale d’une manière démocratique et souveraine. Démocratique, autrement dit avec le peuple ; souveraine, autrement dit sans soumission aux diktats d’aucune puissance étrangère.</p>
<p>Ça veut dire que notre peuple ne demande la permission à personne pour adopter une décision. C’est ça que veut dire : peuple libre ; c’est ça que veut dire : peuple souverain. Ceux qui ne pourraient pas s’appeler peuples libres, peuples souverains, ce sont ceux qui doivent demander la permission à M. Herter pour faire un pas (cris de : « Bye-bye ! Bye-bye ! »), ceux qui doivent demander la permission à l’ambassade yankee pour faire un pas. Cette décision de notre peuple aujourd’hui prouve que Cuba est bel et bien le territoire libre d’Amérique ! (Applaudissements et slogans de : « Cuba oui ! Yankees non ! »)</p>
<p>Ils ne voulaient qu’il y ait des révolutions en Amérique ? Eh ! bien, ils ont une ! Ils ne voulaient pas que la justice règne dans un pays d’Amérique, que nos paysans aient enfin une terre, que nos enfants aient enfin des écoles, que nos familles aient enfin un toit, que le peuple ait enfin du travail, ait des plages, que le fils de paysans et le fils d’ouvrier aient aussi l’occasion d’aller à l’université ? Ils ne voulaient pas que le peuple soit heureux ? Eh ! bien, ils auront un peuple heureux, même contre leur gré ! Parce que ce bonheur, personne n’en a fait cadeau à ce peuple, ce bonheur il l’a conquis au prix de nombreux sacrifices. Ce peuple a droit au bonheur, parce qu’il sait le conquérir. Ce n’est que lorsqu’on a un esprit révolutionnaire comme celui du peuple cubain, lorsqu’on a un peuple aussi mûr politiquement et aussi formidable que celui-ci qu’on peut livrer une lutte comme celle que livre Cuba ! Ce n’est pas pour rien que notre peuple a forcé le respect de tout le monde, l’admiration de tout le monde, l’affection des autres peuples du monde, parce qu’ils comprennent que nous sommes un petit peuple, que nous avons dû nous heurter à de très gros obstacles ! Ils comprennent que nous sommes un petit peuple qui a été soumis à l’influence yankee, soumis à la publicité yankee, soumis aux films yankees, soumis aux revues yankees, à la mode yankee, à la politicaillerie yankee, aux coutumes yankees, parce qu’ici tout était yankee (cris).</p>
<p>Ah ! bon, comment osent-ils parler d’ingérence soviétique, ou comment vont-ils accuser la République populaire de Chine, alors que la seule influence qu’on voyait ici tous les jours, les seuls livres qu’on lisait ici tous les jours, les seuls livres qu’on voyait ici tous les jours, les seules coutumes et les seules modes provenaient des Etats-Unis ! Bref, s’il faut parler d’intrus, eh ! bien, cet intrus c’est l’impérialisme yankee, qui a essayé de détruire notre esprit national, qui a essayé de détruire le patriotisme des Cubains, qui a essayé de détruire notre résistance à la pénétration des intérêts étrangers. Dieu merci, nous avons un peuple extraordinairement vertueux, qui a commencé à se battre très tôt, qui a lutté tout seul pour son indépendance voilà un siècle, qui a conçu des hommes comme Maceo, comme Céspedes, comme Agramonte, comme Calixto García, un peuple qui a conçu un Apôtre si extraordinaire, un homme à la vision si perçante, un homme d’un fond si humain, un homme d’une éloquence et d’une sagesse aussi extraordinaire que José Martí qui a forgé la nationalité de la patrie ! (Applaudissements prolongés.) Dieu merci, nous avons eu des hommes qui, à l’époque républicaine, ont mené une lutte très inégale, dans des conditions très défavorables, contre la pénétration yankee, depuis ceux qui, comme Juan Gualberto Gómez et Sanguily, s’y sont opposés tenacement jusqu’à ceux qui, dans les années 20 et 30, se sont immolés et sont tombés pour que survivent la nationalité cubaine, l’esprit national cubain, pour que l’âme nationale ne soit pas absorbée par le puissant étranger. C’est grâce à eux, à cette œuvre de plusieurs générations, à cette tradition, que notre peuple a pu récolter cette maturité et cette conscience révolutionnaire. L’Amérique admire notre peuple, le monde admire notre peuple pour son esprit, pour ses faits, pour son courage, pour son enthousiasme. Quand vous dites à notre peuple : « Il faut se réunir pour répondre à l’agression ! Il faut se réunir pour prouver aux ennemis de Cuba que le peuple est avec la Révolution ! Il faut se réunir pour prouver que le peuple n’a pas peur ! Il faut se réunir pour qu’on voit que le peuple est prêt à tenir sa promesse de : “La Patrie ou la mort !” » (exclamations), il le fait en une quantité si extraordinaire, il remplit une place si vaste que celle-ci et offre un spectacle tel que personne ne pouvait l’imaginer</p>
<p>Ah ! C’est ça qui explique l’admiration des visiteurs, car il n’y a pas de spectacle plus impressionnant, plus formidable qu’un peuple débordant de vie, qu’un peuple conscient, qu’un peuple qui a une âme, qu’un peuple qui a de la morale, qui a raison, qui a un esprit de lutte, qui est courageux, qui est capable de ressentir un idéal et de sacrifier tous les intérêts individuels pour cet idéal ! Car, quand un peuple parvient à ce degré de conscience révolutionnaire, les individus se fondent dans l’âme du peuple, si bien que chacun de nous, individuellement, importe peu. Il y a quelque chose qui ne meurt pas, qui ne peut jamais mourir : le peuple ! Les hommes peuvent disparaître, individuellement ; les peuples perdurent. Et notre peuple-ci, ce peuple révolutionnaire, cette foule, ce peuple qui défile, ce peuple qui se groupe, ce peuple qui travaille, ce peuple qui se prépare, ce peuple qui s’éduque, c’est quelque chose qui possède une vie éternelle, quelque chose qui a un vie immortelle, quelque chose dans lequel l’œuvre de chacun de nous, la petite pierre de chacun de nous, se poursuivra au long de l’histoire, car ceux qui viendront après nous continueront la tradition de leur peuple, tout comme nous avons suivi la tradition de ceux qui ont commencé à lutter pour la nation cubaine voilà un siècle ; ceux qui viendront après nous suivront notre tradition et auront nos exemples, tout comme nous avons eu les exemples de ceux qui sont venus avant nous (applaudissements).</p>
<p>Voilà pourquoi le peuple crie : « La Patrie ou la mort ! » Qu’est-ce que ça veut dire La Patrie ou la mort ? Ça veut dire que n’importe lequel d’entre nous est prêt à mourir pourvu que son peuple vive, que sa patrie vive ; que n’importe lequel d’entre nous est prêt à donner sa vie à la patrie pour qu’elle continue de vivre (slogans de : « La Patrie ou la mort ! » « Nous vaincrons ! »). Et pourquoi le peuple crie-t-il : « Nous vaincrons ? » Le peuple crie : « Nous vaincrons ! » parce que, même si beaucoup de nous peuvent tomber, même si, individuellement, beaucoup de compatriotes, si la patrie l’exige, font le sacrifice de leur vie, ils ne la donnent pas en vain : ils la donnent pour que la patrie triomphe ! Voilà pourquoi chacun de nous crie : « La Patrie ou la mort ! » Voilà pourquoi le peuple crie : « Nous vaincrons ! », et la patrie crie : « Nous vaincrons ! » (Slogans de : « Nous vaincrons ! »)</p>
<p>Et nous n’avons pas le moindre doute que la patrie vaincra. Nous n’en avons pas le moindre doute parce que nous savons sur quel terrain nous avançons. De plus, ce n’est pas la bataille d’un groupe d’hommes, c’est la bataille d’un peuple entier, et jamais un peuple entier n’a perdu une bataille. C’est une bataille fondée sur la raison, une bataille pour la justice, une bataille pour le bien de nos compatriotes, une bataille pour le bien de nos semblables, une bataille pour le bien de l’homme, une bataille pour le bien de l’humanité, et jamais un peuple entier qui a lutté pour une si noble cause n’a perdu la bataille ! Et puis Cuba n’est pas seule. Elle serait seule si elle ne défendait pas une cause juste, elle serait seule si elle ne se battait pas pour le bien de l’humanité. Ceux qui resteront seuls, ce sont ceux qui luttent contre le progrès de l’humanité, ce sont ceux qui luttent contre le bien de l’homme. Ceux-là, ils resteront toujours plus seuls, tandis que nous, qui luttons pour le bien de l’homme et pour le bien de l’humanité, nous serons toujours plus accompagnés (applaudissements).</p>
<p>Notre petite patrie représente aujourd’hui des intérêts qui dépassent nos frontières. Notre petite patrie, son destin est d’être le phare qui éclaire les millions et les millions d’hommes et de femmes, pareils que nous, qui souffrent en Amérique ce que nous avons souffert hier ! C’est un destin glorieux, et nous serons une lumière qui ne s’éteindra jamais, une lumière qui sera chaque jour plus brillante et dont les reflets parviendront chaque jour plus loin sur les terres de l’Amérique, notre sœur ! Et ça, notre peuple le sait, et c’est pour ça qu’il répond si formidablement, c’est pour ça qu’il agit si dignement et si héroïquement.</p>
<p>Permettez-nous, nous qui sommes responsables du Gouvernement révolutionnaire, permettez-nous, à moi et à mes compagnons, parce que nous en sentons le besoin, de dire tout l’orgueil que nous sentons envers notre peuple, toute la satisfaction que nous sentons envers notre peuple, l’allégresse infinie que nous éprouvons devant les succès de notre peuple (applaudissements et exclamations). Permettez-nous d’exprimer l’encouragement que nous sentons dans notre travail, l’enthousiasme que nous sentons dans notre lutte, combien augmente notre ferveur pour cette cause-ci et combien nous sentons que nos forces et nos énergies se décuplent afin de continuer de travailler pour le peuple, afin de continuer de batailler contre les derniers résidus d’injustice, contre les derniers résidus de pauvreté, afin de continuer de travailler à faire le bien à notre peuple, à continuer de travailler à rendre notre peuple heureux, à continuer de lutter pour nous dépasser, pour remplir nos devoirs chaque jour plus efficacement, pour agir chaque jour plus judicieusement. Et, à des instants comme ceux-ci, nous nous promettons d’éliminer jusqu’aux erreurs les plus petites ; nous nous promettons de le faire par rapport à toutes les choses que nous n’avons pas fait tout à fait bien ou parfaitement bien ou de la manière la plus judicieuse… Car, qui mieux que nous sait que les hommes se trompent, que les hommes commettent des erreurs, et que les révolutions, aussi justes, aussi nobles et aussi bonnes qu’elles soient, commettent parfois des injustices, car ce sont des hommes qui agissent, ce sont des hommes qui arrangent, ce sont des hommes qui décident ? À des instants comme ceux-ci, face à un peuple aussi formidable que celui-ci, nous sentons que nous grandissons, nous aussi, nous sentons que nous avons plus de force, que nous avons plus d’amour pour cette cause, si tant que ça soit possible, et plus de disposition à faire les sacrifices nécessaires, parce que, rarement dans l’histoire, un groupe de dirigeants n’a été autant payé de retour par le peuple que nous, au Gouvernement révolutionnaire cubain ! (Applaudissements prolongés et slogans de : « Avec vous ! Avec vous ! »)</p>
<p>Et pour conclure cette Assemblée, il reste encore quelque chose. Nous allons soumettre au peuple une Déclaration qui contient les points de vue du peuple cubain et que nous sommes en train de discuter. C’est une sorte de réponse à la Déclaration du Costa Rica, à la déclaration des ministres des affaires étrangères : une déclaration des peuples, une déclaration qui s’appellera dans l’histoire de l’Amérique la Déclaration de La Havane ! (Applaudissements.)</p>
<p>Cette Déclaration, une fois soumise au peuple cubain, nous demanderons à toutes les organisations révolutionnaires d’Amérique, à tous les syndicats ouvriers, aux organisations étudiantes, intellectuelles, artistiques, et à tous les révolutionnaires d’Amérique de l’appuyer (applaudissements). Son prestige vient de ce qu’elle est appuyée par tout un peuple ; son prestige vient de la contribution démocratique de notre peuple. Car, ce qu’il faut souligner et que nous soulignerons toujours, c’est que cette Révolution est arrivée au pouvoir par la volonté du peuple, qu’elle gouverne pour le peuple et qu’elle se soutient au pouvoir uniquement grâce à l’appui du peuple ! (Applaudissements) Qu’il existe un Gouvernement révolutionnaire parce qu’il y a un peuple révolutionnaire qui l’appuie ! Les gouvernements se maintiennent au pouvoir soit par la force soit par l’appui du peuple. Les oligarchies militaires et les oligarchies politiques, qui représentent les intérêts les plus réactionnaires de chaque pays, qui représentent l’exploitation des ouvriers et des paysans, qui représentent l’exploitation des peuples se maintiennent au pouvoir par la force et par la conjonction de la force, de l’argent et du mensonge. Malgré les attaques, malgré les agressions, malgré les campagnes de calomnies dans lesquelles le puissant Empire du Nord engage tout son pouvoir de propagande, malgré ses agressions économiques, malgré ses manigances diplomatiques internationales, la Révolution se maintient au pouvoir. Pourquoi ? Par le peuple ! Et elle se maintiendra au pouvoir aussi longtemps qu’elle aura le peuple avec elle ! (Applaudissements.) Et elle aura le peuple avec elle aussi longtemps qu’elle luttera et travaillera pour le peuple ! (Applaudissements.)</p>
<p>Donc, fort de ce prestige et de cet appui, nous lisons la Déclaration.</p>
<p>DÉCLARATION DE LA HAVANE</p>
<p>Auprès de la statue et du souvenir de José Martí (applaudissements), à Cuba, Territoire libre d’Amérique (applaudissements), le peuple, en vertu des pouvoirs inaliénables qui découlent de l’exercice effectif de sa souveraineté exprimée dans le suffrage direct, universel et public, s’est constituée en Assemblée générale nationale (applaudissements).</p>
<p>En son nom, et faisant siens les sentiments des peuples de Notre Amérique, l’Assemblée générale nationale du peuple cubain,</p>
<p>PREMIÈREMENT. Condamne dans tous ses termes la Déclaration dite de San José du Costa Rica, un document dicté par l’impérialisme nord-américain qui porte atteinte à l’autodétermination nationale, à la souveraineté et à la dignité des peuples frères du continent (applaudissements).</p>
<p>DEUXIÈMEMENT. Condamne énergiquement l’intervention ouverte et criminelle que l’impérialisme nord-américain a exercée durant plus d’un siècle dans tous les peuples d’Amérique latine, des peuples qui ont vu leur territoire envahi plusieurs fois au Mexique, au Nicaragua, en Haïti, à Saint-Domingue ou à Cuba, qui, à cause de la voracité des impérialistes yankees, ont perdu des zones riches et étendues comme au Texas, des centres stratégiques vitaux comme au Panama, des pays entiers comme à Porto Rico devenu un territoire occupé, qui ont souffert aussi le traitement vexatoire de l’infanterie de marine aussi bien contre nos femmes et nos filles que contre les symboles les plus élevés de l’histoire de la patrie, comme la statue de José Martí (applaudissements).</p>
<p>Cette intervention, fondée sur la supériorité militaire, sur des traités inégaux et sur la soumission misérable de gouvernants traîtres, a converti, tout au long de plus de cent ans, notre Amérique, l’Amérique que Bolívar, Hidalgo, Juárez, San Martín, O’Higgins, Sucre, Tiradentes et Martí voulurent libre, en une zone d’exploitation, en l’arrière-cour de l’empire financier et politique yankee, en une réserve de voix dans les organismes internationaux au sein desquels nous, les pays latino-américains nous avons figuré comme des convois de mules du « Nord convulsé et brutale qui nous méprise » (José Martí) (applaudissements).</p>
<p>Déclare que l’acceptation par des gouvernements qui assument officiellement la représentation des pays d’Amérique latine de cette intervention continue et historiquement irréfutable trahit les idéaux d’indépendance de leurs peuples, liquide leur souveraineté et empêche la véritable solidarité entre nos pays, ce qui l’oblige à la rejeter au nom du peuple cubain d’un voix qui recueille l’espoir et la décision des peuples latino-américains et l’accent libérateur des grands hommes immortels de Notre Amérique (applaudissements)</p>
<p>TROISIÈMEMENT. Rejette de même la tentative de préserver la Doctrine Monroe, utilisée jusqu’ici, comme l’avait prévu José Martí, « pour étendre la domination en Amérique » des impérialistes voraces, pour mieux instiller, comme l’avait aussi dénoncé José Martí à temps, « le venin des crédits destinés aux canaux et aux voies ferrées… ».</p>
<p>Aussi, face au panaméricanisme hypocrite qui n’est rien que la mainmise des monopoles yankees sur les intérêts de nos peuples et la manipulation par les Yankees de gouvernements prosternés devant Washington, proclame-t-elle le latino-américanisme libérateur qui bat chez José Marti et chez Benito Juárez (applaudissements). Et, tout en étendant son amitié au peuple nord-américain – le peuple des Noirs lynchés, des intellectuels persécutés, des ouvriers forcés d’accepter la direction de gangsters – réaffirme-t-elle sa volonté de marché « avec tout le monde, et non avec une partie du monde » (applaudissements).</p>
<p>QUATRIÈMEMENT. Déclare que l’aide offerte spontanément à Cuba par l’Union soviétique, au cas où notre pays serait attaqué par des forces militaires impérialistes, ne pourra jamais être considérée comme un acte d’ingérence, mais qu’elle constitue un acte de solidarité évident, et que cette aide, offerte à Cuba devant une attaque imminente du Pentagone yankee (murmures) honore le gouvernement de l’Union soviétique qui l’offre tout autant que ses agressions lâches et criminelles contre Cuba déshonorent le gouvernement des Etats-Unis.</p>
<p>PAR CONSÉQUENT, l’Assemblée générale nationale du peuple cubain déclare devant l’Amérique et le monde qu’elle accepte, tout en s’en sachant gré, l’appui des missiles de l’Union soviétique (cris et slogans de : « Mort au gringo ! ») si son territoire était envahi par des forces militaires des Etats-Unis.</p>
<p>CINQUIÈMEMENT. L’Assemblée générale nationale du peuple de Cuba nie catégoriquement que l’Union soviétique et la République populaire de Chine aient prétendu en quoi que ce soit utiliser la situation politique, économique ou sociale de Cuba pour briser l’unité continentale et mettre en danger la sécurité du continent.</p>
<p>Du premier au dernier coup de feu, du premier au dernier des vingt mille martyrs qu’a coûtés la lutte pour renverser la tyrannie et conquérir le pouvoir révolutionnaire, de la première à la dernière loi révolutionnaire, du premier au dernier acte de la Révolution, le peuple cubain a agi d’une façon absolument libre et souveraine, et l’on ne peut donc accuser l’Union soviétique ou la République populaire de Chine de l’existence d’une révolution qui est la réponse authentique de Cuba aux crimes et aux injustices commis par l’impérialisme en Amérique. (Applaudissements et slogans de : « Fidel, c’est sûr, sur les Yankees tape dur ! »)</p>
<p>L’Assemblée générale nationale du peuple cubain estime en revanche que c’est la politique d’isolement et d’hostilité envers l’Union soviétique et la République populaire de Chine, que prône le gouvernement des Etats-Unis et qu’il impose aux gouvernements d’Amérique latine, ainsi que sa conduite belliciste et agressive et son opposition systématique à l’entrée de la République populaire de Chine aux Nations Unies, alors que celle-ci représente pourtant la quasi-totalité d’un pays de plus de six cent millions d’habitants, qui mettent vraiment en danger la paix et la sécurité du continent et du monde.</p>
<p>PAR CONSÉQUENT, l’Assemblée générale nationale du peuple cubain ratifie sa politique d’amitié avec tous les peuples du monde, réaffirme sa décision de nouer des relations diplomatiques aussi avec tous les pays socialistes (applaudissements et slogans de : « Khrouchtchev ! Khrouchtchev ! ») et, à partir de cet instant, en vertu de sa souveraineté et de sa libre volonté, fait savoir au gouvernement de la République populaire de Chine qu’il décide d’établir des relations diplomatiques entre les deux pays et que, de ce fait, il annule les relations que Cuba maintenait à ce jour avec le régime fantoche maintenu au pouvoir à Formose par les bâtiments de la VIIe Flotte yankee (applaudissements).</p>
<p>SIXIÈMEMENT. L’Assemblée générale nationale du peuple cubain réaffirme – et elle est convaincue d’exprimer par là les vues communes des peuples d’Amérique latine – que la démocratie n’est pas compatible avec l’oligarchie financière, avec la discrimination du Noir et les sévices du Ku-Klux-Klan, avec les persécutions qui ont privé de leur poste des scientifiques comme Oppenheimer, qui ont empêché le monde d’écouter pendant des années la voix merveilleuse de Paul Robeson, incarcéré dans son propre pays, et qui ont conduit à la mort, malgré les protestations d’un monde épouvanté et les appels de dirigeants de différents pays et du Pape Pie XII, les époux Rosenberg.</p>
<p>L’Assemblée générale nationale du peuple cubain exprime sa conviction que la démocratie ne peut consister uniquement en l’exercice du suffrage électoral qui est presque toujours fictif et manipulé par les latifundiaires et les politiciens professionnels, mais dans le droit des citoyens de décider, comme elle le fait à présent, ses propres destinées. Par ailleurs, la démocratie n’existera en Amérique que lorsque les peuples seront vraiment libres de choisir, et que les petites gens ne seront pas réduits – par la faim, l’inégalité sociale, l’analphabétisme et les systèmes juridiques – à l’impuissance la plus ignominieuse.</p>
<p>Par conséquent, l’Assemblée générale nationale du peuple cubain : condamne le latifundio, source de misère pour le paysan et système de production agricole rétrograde et inhumain ; condamne les salaires de misère et l’exploitation inique du travail humain par des intérêts bâtards et privilégiés ; condamne l’analphabétisme, la carence d’enseignants, d’écoles, de médecins et d’hôpitaux ; l’abandon de la vieillesse qui règne dans les pays d’Amérique ; condamne la discrimination du Noir et de l’Indien ; condamne l’inégalité et l’exploitation de la femme ; condamne les oligarchies militaires et politiques qui maintiennent nos peuples dans la misère, empêchent leur développement démocratique et le plein exercice de leur souveraineté ; condamne les concessions des ressources naturelles de nos pays aux monopoles étrangers en tant que politique de braderie et de trahison des intérêts des peuples ; condamne les gouvernement qui font la sourde oreille aux sentiments de leurs peuples pour se plier aux diktats de Washington ; condamne la tromperie systématique dont sont victimes les peuples de la part d’organes de divulgation qui répondent aux intérêts des oligarchies et à la politique de l’impérialisme oppresseur ; condamne le monopole des nouvelles par des agences yankees, instruments des trusts nord-américains et des agents de Washington ; condamne les lois répressives qui empêchent les ouvriers, les paysans, les étudiants et les intellectuels, ainsi que les grandes majorités de chaque pays, de s’organiser et de lutter pour leurs revendications sociales et patriotiques ; condamne les monopoles et les entreprises impérialistes qui pillent continûment nos richesses, exploitent nos ouvriers et nos paysans, saignent à blanc nos économies et les maintiennent dans le retard, et soumettent la politique de l’Amérique latine à leurs visées et à leurs intérêts.</p>
<p>L’Assemblée générale nationale du peuple cubain condamne finalement l’exploitation de l’homme par l’homme (applaudissements) et l’exploitation des pays sous-développés par le capital financier impérialiste.</p>
<p>Par conséquent, l’Assemblée générale nationale du peuple cubain proclame devant l’Amérique :</p>
<p>Le droit des paysans à la terre ; le droit de l’ouvrier au fruit de son travail ; le droit des enfants à l’éducation ; le droit des malades à des soins médicaux et hospitaliers ; le droit des jeunes au travail ; le droit des élèves et étudiants à l’enseignement libre, expérimental et scientifique ; le droit des Noirs et des Indiens à « la dignité pleine de l’homme » ; le droit de la femme à l’égalité civile, sociale et politique ; le droit de la personne âgée à une vieillesse sûre ; le droit des intellectuels, des artistes et des scientifiques à lutter, par leurs œuvres, pour un monde meilleur ; le droit des États de nationaliser les monopoles impérialistes pour recouvrer ainsi les richesses et les ressources naturelles ; le droit des pays à commercer librement avec tous les peuples du monde ; le droit des nations à leur pleine souveraineté ; le droit des peuples à convertir leurs casernes militaires en écoles, et à armer leurs ouvriers, leurs paysans, leurs étudiants, leurs intellectuels, le Noir, l’Indien, la femme, le jeune, la personne âgée, tous les opprimés et tous les exploités, pour qu’ils défendent par eux-mêmes leurs droits et leurs destinées. (Applaudissements et slogans de : « Fidel, Fidel, oui, oui, oui, pourquoi les Ricains peuvent rien contre lui ! »)</p>
<p>SEPTIÈMEMENT. L’Assemblée générale nationale du peuple cubain prône : le droit des ouvriers, des paysans, des étudiants, des intellectuels, des Noirs, des Indiens, des jeunes, des femmes, des personnes âgées, de lutter pour leurs revendications économiques, politiques et sociales (applaudissements) : le droit des nations opprimées et exploitées de lutter pour leur libération ; le droit de chaque peuple à se solidariser avec tous les peuples opprimés, colonisés, exploités ou attaqués (applaudissements), où que ceux-ci se trouvent dans le monde et quelle que soit la distance géographique qui les sépare. Tous les peuples du monde sont frères ! (Slogans de : « Unité, unité ! »)</p>
<p>HUITIÈMEMENT. L’Assemblée générale nationale du peuple cubain réaffirme sa confiance que l’Amérique latine marchera bientôt, unie et victorieuse, libre des entraves qui convertissent ses économies en une richesse aliénée à l’impérialisme nord-américain et qui l’empêchent de faire entendre sa voix authentique dans les réunions où des ministres des Affaires étrangères domestiqués font chorus avec le maître despotique. Elle ratifie par conséquent sa décision de travailler à ces destinées latino-américaines communes qui permettront à nos pays d’instaurer une solidarité véritable, fondée sur la libre volonté de chacun d’eux et sur les aspirations concertées de tous. Dans la lutte pour cette Amérique latine libérée, face aux voix obéissantes de ceux qui usurpent sa représentation officielle, s’élève maintenant avec une puissance invincible la voix authentique des peuples, une voix qui se fraie un chemin depuis les entrailles de leurs mines de charbon et d’étain, depuis leurs usines et leurs sucreries, depuis leurs terres inféodées où les rotos, les cholos, les gauchos, les jibaros, héritiers de Zapata et de Sandino, brandissent les armes de leur liberté, une voix qui résonne chez leurs poètes et leurs romanciers, chez leurs étudiants, chez leur femmes et leurs enfants, chez leurs personnes âgées sur le qui-vive. L’Assemblée générale nationale du peuple cubain répond à cette voix fraternelle (applaudissements) : Présent ! Cuba ne faillira pas à son devoir ! Cuba est là aujourd’hui pour ratifier, face à l’Amérique latine et au monde, à titre d’engagement historique, son alternative irrévocable pas : La Patrie ou la mort !</p>
<p>NEUVIÈMEMENT. L’Assemblée générale nationale du peuple cubain</p>
<p>Décide que cette Déclaration soit connue sous le nom de « Déclaration de La Havane », Cuba, La Havane, Territoire libre d’Amérique. Le 2 septembre 1960 (applaudissements).</p>
<p>Nous soumettons cette Déclaration de La Havane au peuple. Autrement dit, que ceux qui appuient la Déclaration lèvent la main. (La foule lève la main et scande pendant plusieurs minutes : « Nous avons déjà voté avec Fidel ! » et « Fidel, Fidel, oui, oui, oui, pourquoi les Ricains peuvent rien contre lui ! » et « Vive Raúl Roa ! »)</p>
<p>Il nous manque encore quelque chose : qu’est-ce que nous faisons de la Déclaration de San José ? (Cris de : « On la déchire !) D’accord, on la déchire ! (Fidel la déchire devant la foule.)</p>
<p>Ces accords de l’Assemblée générale nationale du peuple cubain que nous venons d’adopter, nous les communiquerons à tous les peuples frères d’Amérique latine.</p>
<p>(Ovation. La foule chante en chœur l’hymne du 26-Juillet et l’hymne national.)</p>
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		<title>Vous avez montré au monde une vérité que les ennemis de Cuba ont tenté de passer sous silence ou de dénaturer : la puissance de la médecine cubaine !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2020 21:56:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<category><![CDATA[bienvenue]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
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		<description><![CDATA[Vous avez montré au monde une vérité que les ennemis de Cuba ont tenté de passer sous silence ou de dénaturer : la puissance de la médecine cubaine ! Paroles prononcées par Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez, président de la République de Cuba, lors de l’accueil par vidéo des médecins de la brigade Henry Reeve qui se trouvaient à Crema, en Italie.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4656" alt="canel discurso medicos italia" src="/files/2020/06/canel-discurso-medicos-italia.jpg" width="300" height="250" />Vous avez montré au monde une vérité que les ennemis de Cuba ont tenté de passer sous silence ou de dénaturer : la puissance de la médecine cubaine !</p>
<p>Paroles prononcées par Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez, président de la République de Cuba, lors de l’accueil par vidéo des médecins de la brigade Henry Reeve qui se trouvaient à Crema, en Italie, à leur arrivée à l&#8217;aéroport José Marti, le 8 juin 2020</p>
<p>(Traduction de la version sténographique de la Présidence de la République)</p>
<p>• Chers compatriotes, bienvenue à la Patrie !</p>
<p>Il y a quelques minutes à peine que la réunion quotidienne du groupe temporaire de travail qui a mené les actions pour faire face à la pandémie s&#8217;est achevée, et nous sommes restés ici, un groupe de compañeros, pour participer à cet accueil à distance, que nous rendrons plus intime lorsque votre quarantaine sera terminée ; et nous n&#8217;avons pas voulu non plus violer tous les protocoles établis par le pays pour prévenir la transmission de cette pandémie.</p>
<p>Le premier ministre Marrero, le vice-président de la République Salvador, le vice-premier ministre Morales ; les ministres de la Santé et du Commerce extérieur, respectivement Portal et Malmierca ; le compañero Amado, Secrétaire du Conseil des ministres et la Dr Tania Margarita sont avec nous.</p>
<p>Au nom du général d&#8217;armée, au nom de notre Parti, de notre gouvernement et de notre peuple, nous vous souhaitons la bienvenue chez vous.</p>
<p>Votre retour nous remplit d&#8217;une joie profonde, car vous revenez en bonne santé et après avoir accompli la plus humanitaire et la plus noble des missions : sauver des vies.</p>
<p>Au terme de plus de deux mois d’une tâche intense et risquée, rien ne nous ferait plus plaisir que de vous embrasser, un par un, pour vous remercier de votre mission héroïque, mais aujourd’hui, nous ne pouvons que tenter de toucher votre cœur avec des mots et vous dire du plus profond de nos émotions : Merci ! Nous nous retrouverons lors d’un autre accueil avec une plus grande proximité.</p>
<p>Des sacrifices encore plus difficiles vous attendent : comme ces deux semaines supplémentaires d&#8217;isolement et le report de la rencontre avec vos êtres chers.</p>
<p>J&#8217;espère que pendant tout ce temps, vous avez ressenti l&#8217;admiration, l&#8217;affection et la fierté exprimées par chaque applaudissement que notre peuple vous a dédié.</p>
<p>Vous représentez la victoire de la vie sur la mort, de la solidarité sur l&#8217;égoïsme, de l&#8217;idéal socialiste sur le mythe du marché. Par votre noble geste et votre courageuse disposition à défier la mort pour sauver des vies, vous avez montré au monde une vérité que les ennemis de Cuba ont tenté de passer sous silence ou de dénaturer : la puissance de la médecine cubaine !</p>
<p>Lorsque vous avez quitté La Havane pour Crema, il y avait beaucoup plus d&#8217;incertitudes que de certitudes sur l&#8217;épidémie. Cela ne faisait que quelques jours que le virus mettait à l’épreuve notre capacité de réaction épidémiologique, mais une chose était très claire pour nous dès les premières nouvelles concernant la propagation du virus, c’est qu’il n&#8217;est possible de sortir d&#8217;une pandémie qu&#8217;avec un effort collectif.</p>
<p>Le monde a un besoin urgent de coopération et de solidarité, deux ressources de la volonté humaine que Fidel nous a appris à cultiver en tant que principes fondamentaux d&#8217;une Révolution au pouvoir.</p>
<p>Le retour victorieux de cette brigade de plus de 50 personnes, entre le personnel médical et infirmier, a beaucoup de sens à la lumière de ces principes. Des gens de toutes les latitudes, y compris dans le monde développé, font confiance à la qualité professionnelle et humaine des travailleurs de la santé à Cuba.</p>
<p>Vous avez mis au plus haut niveau cette vérité, que les porte-parole impériaux ont tenté de cacher, de saper, d&#8217;enterrer avec des mensonges et des agressions par le biais d’une énorme campagne millionnaire et mensongère de discrédit et d&#8217;attaques infâmes.</p>
<p>Vous êtes cette idée juste capable d&#8217;arrêter une armée depuis le fond d&#8217;une grotte, celle dont a parlé notre Apôtre José Marti.</p>
<p>Vous, à travers le message de vie que vous laissez aux patients que vous avez sauvés, avez remis à la mode la solidarité, alors que beaucoup croyaient que la tendresse des peuples était morte.</p>
<p>Pendant les plus de deux mois durant lesquels vous avez été absents, le pays n&#8217;a pas cessé d&#8217;être attentif à chaque message transmis à vos proches et à vos compagnons. D&#8217;ici, nous vous avons applaudis chaque soir et, alors que nos autorités suivaient de près votre travail, des prières populaires se sont élevées pour demander votre retour sains et saufs une fois votre mission accomplie.</p>
<p>Des professionnels de presque toutes les disciplines scientifiques et universitaires ont mis sur pied dans notre pays un puissant réseau, duquel sont nées des stratégies pour faire face à l&#8217;épidémie, des études sur son évolution dans tout le pays et des protocoles de prise en charge des malades et de la population vulnérable, entre autres travaux, que nous sommes fiers de vous montrer et qui prouvent que ceux qui sont restés ici ont également livré bataille pour être à la hauteur de ceux qui sont allés embrasser le monde, comme le disent les paroles de Valientes, la chanson de Buena Fe, qui est devenue l’un de nos hymnes ces jours-ci.</p>
<p>Ce n&#8217;est qu&#8217;avec le travail inlassable, dans des conditions exceptionnelles, de personnes de tous les métiers et ce talent débordant que nous pouvons expliquer la raison pour laquelle nous sommes en train de gagner la bataille contre la pandémie, alors qu&#8217;une autre terrible pandémie, celle du blocus et de la guerre économique, est impitoyablement renforcée par l&#8217;administration étasunienne la plus criminelle, et d’autant plus discréditée.</p>
<p>Au cours de ces deux mois et demi cruciaux pour le monde, mais surtout pour une nation soumise à un blocus qui atteint des dimensions génocidaires, les États-Unis nous ont refusé et empêché des achats de toutes sortes ; ils n&#8217;ont pas partagé d&#8217;informations ni agi comme le prévoient les lois internationales dans le cas de l’attentat terroriste contre notre ambassade à Washington et, avec le plus grand cynisme, ils ont inscrit Cuba sur une liste fallacieuse de pays qui ne coopèrent pas à la lutte contre le terrorisme. Ils ont agi avec une fourberie particulière dans la traque des navires ravitailleurs en carburant en provenance du Venezuela, et ont imposé de nouvelles sanctions contre les investisseurs actuels ou potentiels et contre des institutions cubaines. Il n&#8217;y a plus de trou dans le ceinturon qu&#8217;ils resserrent autour de Cuba.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas un hasard si les brigades médicales cubaines qui défendent aujourd&#8217;hui la vie dans 28 pays portent le nom du Nord-Américain qui a le plus fait pour Cuba : Henry Reeve, brigadier général de notre Armée de libération et inspiration permanente de ceux qui, comme Marti, aiment la Patrie de Lincoln autant qu’ils craignent la Patrie de Cutting.</p>
<p>Nous avons été vraiment fiers ces jours-ci de voir que le monde entier réclame de plus en plus que ces brigades soient nommées pour le prix Nobel de la paix. Avec la mission que vous avez remplie, vous avez apporté une solide contribution au progrès de ce mouvement.</p>
<p>Lorsque le monde sera un lieu plus juste et plus noble, tout le système de santé cubain sera certainement récompensé pour avoir transformé en faits la prédication martinienne selon laquelle « la Patrie, c’est l&#8217;humanité », à laquelle Fidel, Raul et la Génération du centenaire, ont consacré leurs plus grandes énergies et leurs plus grands efforts. Une Patrie dont nous sommes les enfants et vous les continuateurs à qui nous souhaitons la bienvenue aujourd’hui.</p>
<p>Merci encore ! Des œuvres profondément humaines comme celles que vous accomplissez chaque jour honorent la mémoire de Marti, de Fidel et de tous les révolutionnaires cubains ; elles inspirent également notre cri invariable : La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons !</p>
<p>Bienvenue à la Patrie !</p>
<p>(Applaudissements.)</p>
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		<title>Discours prononcé par le Président de la République de Cuba Fidel Castro Ruz,  1er mai 2000</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 20:39:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Révolution, cela veut dire avoir le sens du moment historique; cela veut dire changer tout ce qui doit être changé; cela veut dire l'égalité et la liberté pleines; cela veut dire être traité soi-même et traiter autrui comme un être humain; cela veut dire nous libérer par nous-mêmes et par nos propres efforts; cela veut dire défier de puissantes forces dominantes dans l'arène sociale et nationale et au-dehors; cela veut dire défendre des valeurs auxquelles on croit au prix de n'importe quel sacrifice; cela veut dire modestie, désintéressement, altruisme, solidarité et héroïsme.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4550" alt="Fidel Castro primero de Mayo" src="/files/2020/04/Fidel-Castro-primero-de-Mayo.jpg" width="300" height="252" />Discours prononcé par le Président de la République de Cuba Fidel Castro Ruz, à la Tribune ouverte de la jeunesse, des étudiants et des travailleurs à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs. Place de la Révolution. 1er mai 2000.<br />
Fecha:01/05/2000</p>
<p>Compatriotes,</p>
<p>Notre gratitude aux personnalités admirables qui nous accompagnent. Notre reconnaissance aux travailleurs, aux étudiants et à toute la population qui inondent cette place.</p>
<p>Nous vivons des journées de lutte intenses et capitales. Voilà cinq mois que nous bataillons sans trêve. Des millions de compatriotes, la quasi-totalité de notre peuple, y ont participé. Nos armes ont été la conscience et les idées que la Révolution a semées au long de plus de quarante ans.</p>
<p>Révolution, cela veut dire avoir le sens du moment historique; cela veut dire changer tout ce qui doit être changé; cela veut dire l&#8217;égalité et la liberté pleines; cela veut dire être traité soi-même et traiter autrui comme un être humain; cela veut dire nous libérer par nous-mêmes et par nos propres efforts; cela veut dire défier de puissantes forces dominantes dans l&#8217;arène sociale et nationale et au-dehors; cela veut dire défendre des valeurs auxquelles on croit au prix de n&#8217;importe quel sacrifice; cela veut dire modestie, désintéressement, altruisme, solidarité et héroïsme; cela veut dire lutter avec audace, intelligence et réalisme; cela veut dire ne jamais mentir, ne jamais violer des principes moraux; cela veut dire conviction profonde qu&#8217;il n&#8217;existe pas de force au monde capable d&#8217;écraser la force de la vérité et des idées. Révolution, cela veut dire unité, cela veut dire indépendance, cela veut dire lutter pour nos rêves de justice en faveur de Cuba et en faveur du monde, qui est la base de notre patriotisme, de notre socialisme et de notre internationalisme.</p>
<p>En des termes réels et concrets, nous avons fait face pendant quarante et un ans à la plus forte puissance que le monde ait jamais connue, qui est notre voisine à seulement cent cinquante kilomètres et qui constitue de nos jours un pouvoir unipolaire et hégémonique.</p>
<p>Cette lutte a pris en l&#8217;occurrence un caractère particulièrement grave. Son point de départ ? L&#8217;enlèvement d&#8217;un enfant. Est-ce le premier ? Non ! Bien des enfants cubains ont été séparés de leur père ou de leur mère et conduits illégalement aux Etats-Unis, sans qu&#8217;il y ait eu la moindre possibilité de les récupérer en recourant aux autorités de ce pays. Rien que dans les deux premières années et demie de Révolution, quatorze mille enfants ont été enlevés clandestinement, avec l&#8217;assentiment dans ce cas-là du père, de la mère, ou des deux à la fois, victimes de la tromperie fabriquée par les services de renseignements nord-américains et leurs agents à Cuba qui avaient délibérément peaufiné, s&#8217;aidant d&#8217;une loi apocryphe, la rumeur selon laquelle les parents allaient être privés de l&#8217;autorité paternelle. Quand le gouvernement nord-américain a eu supprimé les vols normaux entre les deux pays, ces parents se sont retrouvés séparés de leurs enfants, dont beaucoup ont vécu un enfer de souffrance, de désarroi et de déracinement.</p>
<p>Dans ce cas-ci, un père d&#8217;une famille modeste s&#8217;est adressé à notre gouvernement en quête d&#8217;aide devant la grande tragédie que vivait son enfant, qui n&#8217;avait pas encore six ans et qui avait été enlevé du pays, à son insu et sans son autorisation, dans le cadre d&#8217;une expédition illégale, irresponsable et aventurière organisée par un délinquant agressif et violent. Comme le dirait Raquel, la grand-mère maternelle d&#8217;Elián en arrivant à New York le 21 janvier en vue de libérer son petit-fils, sa fille a été entraînée à la tragédie par la violence de cet individu.</p>
<p>Le bateau de fortune a coulé, et l&#8217;enfant a vu sa mère se noyer. C&#8217;était une excellente travailleuse, militante de l&#8217;Union des jeunes communistes et du parti, dont tous ceux qui l&#8217;ont connue conservent une bonne opinion. Elle a été une des onze Cubains qui sont morts ce jour-là. Comme bien d&#8217;autres en trente-quatre ans, ils ont été conduits à la mort par une loi monstrueuse, dite d&#8217;Ajustement cubain, qui stimule les départs illégaux et la contrebande d&#8217;émigrants en les incitant à se rendre aux Etats-Unis, à l&#8217;instar de millions de personnes en provenance de pays pauvres de ce continent-ci et des autres, attirés par l&#8217;étalage de luxe et de gaspillage des sociétés de consommation.</p>
<p>Mais dans le cas particulier de notre pays, il faut y ajouter les grands privilèges que cette loi concède en exclusivité aux Cubains qui se rendent illégalement aux Etats-Unis et quarante ans de blocus et de guerre économique non moins monstrueux que cette loi. Et voilà pourquoi, malgré les accords migratoires souscrits entre nos deux pays, la Floride se remplit par cette voie illégale de délinquants. Car il faut préciser que la moitié de ceux qui utilisent ce moyen ont un casier judiciaire ouvert pour vols avec effraction et d&#8217;autres crimes semblables.</p>
<p>L&#8217;enfant, on le sait, a pu survivre pendant plus de trente heures sur un pneu flottant à la dérive. La mafia terroriste cubano-américaine de Miami, créée à leur ressemblance par des administrations nord-américaines irresponsables, s&#8217;est alors emparée de cet enfant comme d’un précieux trophée publicitaire. Un individu corrompu et sinistre, un lointain parent de l&#8217;enfant qu&#8217;il n&#8217;avait vu qu&#8217;une seule fois dans sa vie, s’est vu confier le droit de garde temporaire et, totalement contrôlé dès lors par cette mafia, a refusé de le rendre à son père quand celui-ci le lui a demandé une fois son fils sorti de l&#8217;hôpital. Aussitôt, notre peuple a commencé à se battre &#8211; et il continue de le faire avec sa ténacité traditionnelle &#8211; pour que l&#8217;enfant soit rendu à son père et à la famille directe et prochaine qui a toujours constitué son entourage.</p>
<p>Le droit international ainsi que les lois nord-américaines et cubaines exigeaient que l&#8217;enfant soit renvoyé sans retard dans son pays d&#8217;origine, car tout litige éventuel était du ressort des tribunaux cubains. Or, les autorités nord-américaines ont mis presque dix jours à répondre à la note diplomatique par laquelle notre ministère des Relations extérieures leur réclamait la restitution de l&#8217;enfant que son père avait demandée dès le début. Les premières protestations publiques avaient d&#8217;ores et déjà commencé à Cuba, et elles se poursuivent.</p>
<p>Il est évident qu&#8217;on a sous-estimé notre peuple qui n&#8217;a pas cessé un seul jour de lutter pour quelque chose d’absolument juste et qui a su transmettre au peuple nord-américain lui-même et au monde son message de douleur et d&#8217;indignation devant l&#8217;injustice commise contre une modeste famille cubaine et le grand crime perpétré contre cet enfant. Dante ne serait pas capable de décrire l&#8217;enfer de tortures mentales, de pressions psychologiques et de manipulation politique où cet enfant a vécu pendant presque cinq mois !</p>
<p>Ces faits ont sensibilisé des dizaines de millions de familles nord-américaines qui ont des enfants, des petits-fils, des arrière-petits-fils et des neveux de l&#8217;âge d&#8217;Elián. Et qui, comme le reste du monde, comprenaient toujours plus qu&#8217;il ne saurait exister aucun prétexte politique ou idéologique pouvant justifier qu&#8217;on commette contre un enfant et son père, quelle que soit leur nationalité, ce crime barbare et cruel.</p>
<p>La mafia terroriste de Miami et ses alliés de l&#8217;extrême-droite nord-américaine nous ont accusé d&#8217;avoir politisé ce cas alors que tout ce que nous avons fait, c&#8217;est lutter contre ce crime, et par des moyens pacifiques : pas une seule vitre de la Section d&#8217;intérêts des Etats-Unis à La Havane n&#8217;a été brisée, pas une seule pierre n&#8217;a été lancée contre le bâtiment, pas un seul fonctionnaire ou visiteur nord-américain n&#8217;a été pris à partie, pas un seul drapeau nord-américain n&#8217;a été piétiné ou brûlé dans la rue.</p>
<p>Qu&#8217;aurait fait le gouvernement des Etats-Unis si un enfant nord-américain d&#8217;à peine six ans avait été séquestré à Cuba et soumis au traitement atroce qu&#8217;a souffert Elián là-bas ?</p>
<p>Dès que cet enfant est apparu sur les côtes de la Floride, et pendant presque cinq mois, on a vu se passer des choses incroyables et se commettre toutes sortes de procédés arbitraires et d&#8217;erreurs. Aucune des différentes branches de l&#8217;administration, bien que toutes aient été au courant de la situation, n&#8217;a semblé s&#8217;inquiéter, si ce n&#8217;est juste quelques heures avant son sauvetage, de la santé mentale de cet enfant, de la façon scandaleuse dont il était exhibé en public, des manipulations dont il était victime et, ce qui est encore plus censurable, des risques que sa vie courait.</p>
<p>Le chef du commando qui l&#8217;a récupéré vient d&#8217;affirmer que la résistance était parfaitement organisée et que de nombreux hommes armés rôdaient autour de la maison où l&#8217;enfant était séquestré, exactement ce dont le gouvernement cubain avait averti le département d&#8217;Etat et qu&#8217;il avait dénoncé publiquement du 22 mars au 22 avril.</p>
<p>La dernière proposition en sept points que l&#8217;attorney general a fait parvenir au père de l&#8217;enfant, le vendredi 21 avril, vers dix heures du soir, soit environ sept heures avant le moment où Elián a été arraché à ses ravisseurs un peu après cinq heures du matin, contenait trois points que je n&#8217;ai pas voulu lire à la tribune ouverte de Jagüey Grande où nous rappelions le douloureux épisode de l&#8217;invasion mercenaire de Playa Girón, parce que je les trouvais tout simplement grotesques, et que j&#8217;ai préféré utiliser ce que j&#8217;ai appelé une « trêve de vingt-quatre heures » pour me féliciter de la décision que l&#8217;attorney general a finalement adoptée, bien que ceci ait laissé en nous une profonde inquiétude quant aux choses qui pourraient se passer à l&#8217;avenir. Ces trois points étaient les suivants :</p>
<p>« 2. Samedi matin, Elián et la famille de Lázaro se rendront à Washington dans un avion de la police du comté et sous la supervision de celle-ci. Le département de Justice les transportera directement à Airlie House. Elián sera sous la protection du Service d&#8217;immigration et de naturalisation (SIN).</p>
<p>« 3. Pendant son séjour à Airlie, Elián vivra avec Juan Miguel qui aura la pleine autorité sur lui, exception faite de tout ce qui a trait à sa liberté conditionnelle ou aux autres limitations imposées par le SIN, tel le contrôle du départ. Une fois Juan Miguel arrivé à Airlie House, l&#8217;attorney general laissera Elián en liberté conditionnelle aux soins de celui-ci. La famille de Lázaro vivra à Airlie House, dans des pièces à part.</p>
<p>« 4. Les parties resteront à l&#8217;endroit spécifié de la résidence, tout le temps que l&#8217;interdiction de la cour d&#8217;appel du onzième circuit restera en vigueur, ou jusqu&#8217;à ce que l&#8217;attorney general, après consultation des experts, détermine qu&#8217;il est pertinent de modifier les accords concertés. »</p>
<p>Rien ne pouvait être plus humiliant ni plus proche d&#8217;un traitement carcéral ou d&#8217;une séquestration de Juan Miguel, de sa femme et de leurs deux enfants. Ç&#8217;aurait été le début d&#8217;une nouvelle étape de torture psychologique pour toute la famille, pire que celle que l&#8217;enfant avait souffert à Miami.</p>
<p>Ceux qui ont vu à la télévision l&#8217;hystérie de Marisleysis et qui savent qui est le sinistre Lázaro, et tous les psychiatres honnêtes comprennent parfaitement ce que cette coexistence absurde et impossible aurait signifié pour Elián et sa famille. C&#8217;était justement ce que réclamait la Fondation nationale cubano-américaine. Et c&#8217;est cette</p>
<p>proposition qui a décidé Juan Miguel, dans une attitude quasi suicidaire, à partir aussitôt à Miami avec sa femme et son autre enfant pour récupérer Elián personnellement.</p>
<p>Mais les meneurs de cette Fondation ont été si stupides et si insensés qu&#8217;ils ont repoussé cette proposition. C&#8217;était pourtant exactement ce qu&#8217;ils demandaient, à la seule différence qu&#8217;au lieu d’être à Miami, c’était à Washington.</p>
<p>Le législateur Bob Menéndez, un lobbyiste bien connu étroitement allié à la mafia de Miami, et une sous-secrétaire adjointe d&#8217;Etat, cherchaient anxieusement, le vendredi 21 avril, un endroit semblable à Airlie House aux environs de Miami. Je signale ces faits pour montrer à quel point l&#8217;attorney general s&#8217;est efforcée – toute honte bue &#8211; d&#8217;éviter l&#8217;utilisation de la force.</p>
<p>Voilà pourquoi personne dans notre pays ne peut ignorer les risques potentiels qui continueront de jalonner le chemin tortueux sur lequel, sous les pressions de la Fondation, les autorités nord-américaines ont choisi de s’engager pour régler ce qui serait un simple cas d&#8217;immigration s&#8217;il ne s&#8217;agissait pas d&#8217;un enfant cubain.</p>
<p>Quels sont les faits qui le prouvent ?</p>
<p>Premièrement. Les trois juges de la cour d&#8217;appel d&#8217;Atlanta qui doivent connaître du pourvoi de la mafia ne sont pas fiables. Leur réponse à la demande de l&#8217;attorney general pour qu&#8217;ils ordonnent légalement à Lázaro González de rendre l&#8217;enfant alors qu&#8217;il avait violé d&#8217;une manière flagrante l&#8217;ordre du SIN passera à l&#8217;histoire comme un exemple d&#8217;arbitraire, de partialité et d&#8217;arrogance. En effet, ils ont décrété ce jour-là qu&#8217;un enfant, de quelque âge que ce soit, d&#8217;où qu&#8217;il vienne, pouvait réclamer l&#8217;asile politique aux Etats-Unis contre la volonté de ses parents. Ils obligeaient par ailleurs cet enfant martyrisé à rester aux Etats-Unis jusqu&#8217;à la fin du procès. Ils ne se sont pas prononcés en revanche sur la violation par le ravisseur de la sommation de rendre l&#8217;enfant. Ils ont laissé l&#8217;attorney general sans autre alternative que des concessions impudiques ou le recours à la force. Et celle-ci a fait les deux choses à la fois. Seuls le hasard et l&#8217;adresse de la police ont permis d&#8217;éviter le pire, et l&#8217;enfant a été récupéré sain et sauf.</p>
<p>Le père a-t-il maintenant la certitude qu&#8217;il a retrouvé son fils pour</p>
<p>toujours ? Absolument pas !</p>
<p>Deuxièmement. El Nuevo Herald du 26 avril a informé que la veille, mardi 25, l&#8217;attorney general Janet Reno, réunie avec onze sénateurs qui l&#8217;avaient convoquée pour « discuter de leurs inquiétudes » et qui lui ont demandé : « Que se passerait-il au cas où la cour d&#8217;Atlanta ou n&#8217;importe quelle autre déciderait que l&#8217;enfant doit recevoir l&#8217;asile ?», a répondu textuellement : « Alors, je crois que nous devrions le renvoyer à Miami. »</p>
<p>Le risque que cette cour décide que l&#8217;enfant a le droit à l&#8217;asile est réel. Cela coïnciderait tout à fait avec la doctrine qu&#8217;elle a entérinée dans sa sentence du 19 avril et que la mafia terroriste exigeait. Nul ne pourrait imaginer ce que serait la réaction de l&#8217;opinion mondiale et de l&#8217;opinion publique nord-américaine elle-même qui ont vu tout ce que cet enfant a souffert à Miami et, ensuite, les photos émouvantes de la rencontre du père et de l&#8217;enfant, au cas où on enlèverait de nouveau l&#8217;enfant à Juan Miguel pour le renvoyer dans l&#8217;enfer de chez Lázaro González. C&#8217;est impossible, mais c&#8217;est en tout cas ce qu&#8217;a dit l&#8217;attorney general et ce que peut décider la cour d&#8217;Atlanta.</p>
<p>Troisièmement. L&#8217;agence ANSA a donné la nouvelle suivante depuis Washington, le 26 avril : « &#8220;Si Wye River [l'endroit où se trouvent Juan Miguel et sa famille] a été choisi, c&#8217;est parce que c&#8217;est un bon endroit pour qu&#8217;un enfant puisse y jouer. Et il est assez grand pour que les membres de la parenté puissent y être sans se gêner mutuellement&#8221;, a indiqué un fonctionnaire du département de la Justice qui a préféré conserver l&#8217;anonymat. » Comme vous pouvez le constater, on voit resurgir la vieille idée ténébreuse déjà contenue dans les points susmentionnés de la proposition horripilante faite à Juan Miguel dans la nuit critique du vendredi 21 avril. Et c&#8217;est rien moins qu&#8217;un fonctionnaire « anonyme » du département de la Justice qui le dit.</p>
<p>Quatrièmement. Le 26 avril, Gregory Craig, l&#8217;avocat de Juan Miguel, a présenté devant les trois juges de la cour d&#8217;Atlanta ce qu&#8217;on connaît comme une motion d&#8217;urgence, réclamant l&#8217;intervention de Juan Miguel dans le procès et sa substitution à Lázaro González comme son seul représentant légal, aussi bien à titre de père survivant qu&#8217;à celui d&#8217; «ami proche » d&#8217;Elián. Ce curieux concept s&#8217;utilise dans la loi nord-américaine pour désigner un mineur n&#8217;ayant pas de parent proche qui le représente devant une cour, ce qui n&#8217;est absolument pas le cas d&#8217;Elián. Or, le lendemain, 27 avril, la cour d&#8217;Atlanta a refusé de reconnaître que Juan Miguel était le seul représentant de l&#8217;enfant, tout en acceptant, selon un vote divisé, que celui-ci participe au procès.</p>
<p>The New York Times a écrit à ce sujet le 28 avril : « Une cour d&#8217;appel fédérale, se divisant au sujet du cas d&#8217;Elián González, a repoussé hier la demande du père d&#8217;être son seul représentant légal, ce qui aurait de fait mis fin au procès&#8230; Dans leur décision, le groupe de juges de la cour d&#8217;appel ont affirmé avoir &#8220;hésité&#8221; à concéder à Juan Miguel González le droit de participer si tard au procès, mais qu&#8217;ils avaient accepté parce qu&#8217;il s&#8217;agissait du père de l&#8217;enfant. L&#8217;un des trois juges a été en désaccord&#8230; La cour a aussi dit qu&#8217;il serait &#8220;prématuré&#8221; de décider si le père devait être le seul représentant d&#8217;Elián. »</p>
<p>Le juste pourvoi de l&#8217;avocat de Juan Miguel, fondé sur des arguments solides, a donc été repoussé en ce qui concerne le fait que le père doit être le seul représentant de son fils.</p>
<p>Selon des experts, si la décision des trois juges, le 11 mai, est divisée, autrement deux contre un, la partie perdante pourra demander une décision de l&#8217;ensemble de la cour, et non de trois juges seulement.</p>
<p>Selon les experts, ce nouveau recours obligerait à prolonger le procès et précéderait de toute façon un appel devant la Cour suprême.</p>
<p>Il existe cinq autres variantes pour prolonger indéfiniment le procès.</p>
<p>Les avocats des mafieux ont présenté à leur tour différentes demandes.</p>
<p>Cinquièmement. Le 25 avril, l&#8217;AP a informé depuis Laredo</p>
<p>(Texas) : « &#8220;L&#8217;administration Clinton devrait tenter de persuader le père d&#8217;Elián González de rester aux Etats-Unis pour élever son enfant&#8221;, a affirmé le candidat présidentiel républicain, George W. Bush. &#8220;J&#8217;espère que le gouvernement expliquera au père que, s&#8217;il le préfère, il peut élever son fils dans la liberté, qu&#8217;il peut rester ici aux Etats-Unis. Il est important que notre gouvernement rappelle que la maman a fui en quête de liberté pour apporter la liberté à son fils. J&#8217;espère qu&#8217;il convaincra le papa d&#8217;élever son enfant aux USA. »</p>
<p>Sixièmement. Le lendemain, selon une dépêche de l&#8217;agence EFE, Mme Hillary Clinton, la femme du président des Etats-Unis, participant à un programme de radio à Bufalo, dans l&#8217;Etat de New York, « a exprimé l&#8217;espoir que le père du petit Cubain, Elián González, Juan Miguel, décidera finalement de s&#8217;exiler et de rester vivre aux Etats-Unis. &#8220;J&#8217;espère qu&#8217;avoir goûté à la liberté et aux chances qu&#8217;il a avec son fils durant tout ce temps-ci l&#8217;aidera à réviser sa décision et qu&#8217;il restera définitivement aux Etats-Unis&#8230; Je suis convaincue que beaucoup de gens seront contents de l&#8217;accueillir, s&#8217;il décide de déserter&#8221;, a dit la première dame, utilisant le terme employé au sujet des soldats qui décident de passer à l&#8217;ennemi. »</p>
<p>Autrement dit, ces gens-là parlent tout simplement d&#8217;inciter un père, qui a été vilement outragé durant des mois, à déserter ! Ils ne sont même pas capables d&#8217;imaginer un Cubain digne. D&#8217;abord, ils l&#8217;accusaient d&#8217;être un lâche qui n&#8217;osait pas se rendre aux Etats-Unis et ne s&#8217;intéressait pas à son fils. Ensuite, ils ont affirmé que le gouvernement cubain ne l&#8217;autorisait pas à voyager de peur qu&#8217;il ne déserte. Depuis qu&#8217;ils l&#8217;ont vu arriver avec sa femme et son petit bébé, au moment précis, à l&#8217;heure et à la minute exactes où il devait le faire, ils ne sortent pas de leur étonnement devant sa dignité, son courage et son sens de l&#8217;honneur. Ils tentent de le retenir jusqu&#8217;aux calendes grecques dans l&#8217;espoir de le séduire. Ils font tous chorus, en quête du même objectif : que l&#8217;enfant ne rentre jamais à Cuba pour blesser moralement un peuple fier et héroïque d&#8217;où sont nés Juan Miguel et Elián.</p>
<p>Où donc est passée la morale des dirigeants politiques de ce pays-là ? Comment peuvent-ils ignorer à ce point la réalité cubaine ? Pourquoi tant de mépris ? Jusqu&#8217;à quand vont-ils continuer de croire leurs propres mensonges ?</p>
<p>Le 27 avril, les autorités nord-américaines imposent toute une série de restrictions et d&#8217;obstacles aux déplacements des fonctionnaires cubains qui s&#8217;occupaient de Juan Miguel, de sa femme et de ses deux enfants, logés à cent douze kilomètres de distance; elles ne délivrent que quatre visas de quinze jours aux enfants qui devaient aider au rétablissement d&#8217;Elián, établissant en plus la formule absurde d&#8217;une rotation, et ne délivrent aucun visa aux spécialistes indispensables que la famille avait réclamés. Il est évident qu&#8217;on cherche à isoler Juan Miguel, sa compagne et les deux enfants dans la lointaine Wye Plantation du Maryland.</p>
<p>Parallèlement aux déclarations de Bush et Hillary, Mme Albright, la secrétaire d&#8217;Etat, affirme à la chaîne Fox au cours d&#8217;une interview télévisée : « Nous avons des problèmes très sérieux avec Cuba et nous allons continuer de maintenir la loi d&#8217;embargo [c'est ainsi qu'elle appelle le blocus et la guerre économique] et la Loi pour la démocratie cubaine [qui est le nom officiel de la loi génocide Helms-Burton]. »</p>
<p>Le plus curieux, c&#8217;est que personne à Cuba n&#8217;a demandé grâce au gouvernement nord-américain, que personne ne lui a demandé non plus la levée du blocus qui est toujours plus insoutenable et qui s&#8217;effondrera inexorablement parce qu&#8217;anachronique et toujours plus coûteux pour les Etats-Unis des points de vue politique et moral.</p>
<p>Les pères qui ont lancé la tradition héroïque de notre patrie face aux visées annexionnistes aux Etats-Unis vis-à-vis de Cuba, voilà deux cents ans, nous ont appris que les droits, on les exige, on ne les mendie pas ! Rien ne sera facile pour Cuba à l&#8217;avenir. Quarante années de résistance à des agressions et à des injustices de toute sorte et la bataille d&#8217;idées que nous livrons sans relâche depuis cinq longs mois nous ont beaucoup fortifiés. Nous nous battrons sans trêve contre la loi assassine dite d&#8217;Ajustement cubain, contre la cruelle loi Helms-Burton dont les auteurs sont passibles &#8211; selon les traités signés en 1948 et 1949 et souscrits tant par Cuba que par les Etats-Unis &#8211; de condamnation pour crime de génocide; nous nous battrons contre la loi dont l&#8217;auteur, Robert Torricelli, est l&#8217;allié de la mafia terroriste de Miami; nous nous battrons contre le blocus et la guerre économique auxquels notre peuple a su résister durant presque un demi-siècle; nous nous battrons contre les activités subversives qui se réalisent depuis les Etats-Unis pour nous déstabiliser, y compris le terrorisme, et nous nous battrons pour qu&#8217;ils rendent enfin à notre patrie le territoire qu&#8217;ils y occupent illégalement. Nous tiendrons tous les engagements que nous avons jurés de tenir à Baragua face à la mémoire indélébile et immortelle du Titan de bronze.</p>
<p>Nous n&#8217;accusons pas le peuple nord-américain, nous accusons les responsables des mensonges par lesquels ils l&#8217;ont trompé bien plus longtemps que ne l&#8217;imaginait Lincoln. Nous rendons au contraire hommage au peuple qui, malgré ces mensonges, a été capable à une grande majorité de repousser le crime répugnant qu&#8217;on commettait contre un enfant cubain.</p>
<p>Il serait sage que les dirigeants actuels et futurs des Etats-Unis comprennent que David a grandi. Il s&#8217;est converti en un géant moral dont la fronde ne lance pas des pierres, mais des exemples, des messages et des idées face auxquels le Goliath aux finances, aux richesses colossales, aux armes nucléaires, aux techniques les plus perfectionnées et au pouvoir politique mondial qui repose sur l&#8217;égoïsme, la démagogie, l&#8217;hypocrisie et le mensonge, se retrouve sans défense.</p>
<p>Et qu&#8217;ils ne se fassent pas trop d&#8217;illusions après la victoire ridicule, à la Pyrrhus, qu&#8217;ils ont remportée en faisant voter la résolution infâme de Genève, fondée sur la calomnie et imposée par des pressions humiliantes et grâce au soutien de leurs alliés de l&#8217;OTAN. En effet, pendant cette même session, Cuba a fait adopter six résolutions en faveur des pays du tiers monde, toutes à une majorité écrasante, et toujours avec le vote contre des Etats-Unis qui n&#8217;ont pu compter généralement que sur le seul soutien ou l&#8217;abstention du groupuscule de leurs alliés européens.</p>
<p>Les peuples d&#8217;un monde ingouvernable, qui souffrent de la pauvreté et de la misère, toujours plus exploités et mis à sac, seront nos meilleurs compagnons de lutte. Pour coopérer avec eux, nous ne disposons pas de ressources financières. Nous pouvons compter en revanche sur un capital humain extraordinaire et dévoué qui fait défaut et fera toujours défaut aux pays riches.</p>
<p>Vive le patriotisme !</p>
<p>Vive le socialisme !</p>
<p>Vive l&#8217;internationalisme !</p>
<p>La patrie ou la mort !</p>
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		<title>Diaz-Canel au peuple cubain : Unis, nous avons vaincu ! Unis, nous vaincrons !</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Dec 2019 19:42:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<category><![CDATA[Miguel Diaz-Canel]]></category>
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		<description><![CDATA[Discours prononcé par Miguel Diaz-Canel,  président de la République de Cuba, à la clôture de la 4e Période ordinaire de sessions de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire dans sa 9e Législature, au Palais des Conventions, le 21 décembre 2019. À la veille d’un nouvel anniversaire de la Révolution invaincue et victorieuse, avant toute chose, permettez-moi de vous dire : Toutes mes félicitations !. Nous avons traversé une année chargée de défis, de tensions et d’agressions. Ensemble, nous y avons fait face et ensemble nous sommes en train de vaincre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4362" alt="Canel  Nacional" src="/files/2020/01/Canel-Nacional.jpg" width="300" height="252" />Discours prononcé par Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez, président de la République de Cuba, à la clôture de la 4e Période ordinaire de sessions de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire dans sa 9e Législature, au Palais des Conventions, le 21 décembre 2019 « Année 61 de la Révolution »</p>
<p>« Traduction de la version sténographique de la Présidence de la République)</p>
<p>Cher compañero général d’armée Raul Castro Ruz, Premier secrétaire du Comité central de notre Parti communiste,<br />
Compañero Esteban Lazo, président de l´Assemblée nationale et du Conseil d’État,</p>
<p>Compañeros de la Génération historique qui nous accompagnent, députées et députés,</p>
<p>Peuple de Cuba,</p>
<p>À la veille d’un nouvel anniversaire de la Révolution invaincue et victorieuse, avant toute chose, permettez-moi de vous dire : Toutes mes félicitations !</p>
<p>Nous avons traversé une année chargée de défis, de tensions et d’agressions. Ensemble, nous y avons fait face et ensemble nous sommes en train de vaincre.</p>
<p>En vérité, la 61e année de la Révolution a été difficile et pleine de défis, mais jamais autant que celles qui ont succédé au triomphe de janvier lorsque le harcèlement était accompagné d’attaques sournoises, dont une invasion, des sabotages, des incendies, du banditisme et l’isolement de Cuba sur tout le continent.</p>
<p>Ces défis ont été vaincus et surmontés l’un après l’autre, et ses protagonistes nous ont légué une histoire qui nous comble d’une profonde fierté et de la plus formidable école révolutionnaire : pour le peuple, aux côtés du peuple et avec le peuple, tout est possible !</p>
<p>Endurcis par la résistance de toutes ces années, et appuyés sur la force de l’œuvre humaine édifiée « contre vents et marées » durant six décennies, nous sommes parvenus à traverser cette année 2019 en renversant des obstacles qui paraissaient infranchissables, et à l’heure actuelle, nous avons tout le droit de nous féliciter de ce que nous avons obtenu, sans complaisance et, conscient de ce que chaque objectif et un nouveau point de départ.</p>
<p>À propos des obstacles, commençons par le pire et le plus profond de tous : le blocus économique, commercial et financier des États-Unis.</p>
<p>Lorsque l’on écrira l’histoire de ces journées, il faudra réserver un chapitre à l’année 2019 pour la façon brutale, démente, pourrait-on dire, dont l’agression à l’encontre de Cuba s’est aggravée durant cette année, pratiquement, au rythme de plus d’une mesure par semaine, c’est-à-dire « un tour de vis » tous les sept jours visant à asphyxier notre économie.</p>
<p>Des voyages de croisières, des vols, des envois d’argent, des services médicaux, des financements, des transports de carburant et des assurances ont été annulés, restreints ou interdits. Il n’existe aucun secteur qui n’ait souffert de la chasse, du siège, de la traque. Il ne reste pas non plus de projet ou d’action révolutionnaire qui ne soit pas l’objet de diffamation.</p>
<p>Pour justifier ses agissements, Washington a eu de nouveau recours à de grossiers mensonges, à l’accusation indécente que nous sommes un facteur d’instabilité et de menace pour la région, ce que nous avons démenti avec la plus grande fermeté.</p>
<p>Les mesures adoptées sont destinées à saboter le commerce extérieur de Cuba et à entraver les transactions financières avec des pays tiers, y compris des paiements, des encaissements et des possibilités de crédits. Ils tentent d’interrompre les approvisionnements de l’industrie nationale, de limiter l’accès à la technologie et aux sources de capital et de revenus économiques, par le biais d’actions spécifiques contre le transport de carburant, le tourisme et les services internationaux de santé.</p>
<p>À cette fin, les États-Unis ont déployé une forte campagne injurieuse contre la coopération médicale offerte par Cuba. Il est immoral et inacceptable de questionner la dignité, le professionnalisme et l’altruisme des plus de 400 000 coopérants de la santé qui, en 56 ans, ont accompli des missions dans 164 pays.</p>
<p>Comme le peuple le sait bien, en adoptant une conduite sans précédent, le gouvernement des États-Unis se vante aujourd’hui d’avoir menacé, poursuivi et pris des mesures illégales contre plus de 10 compagnies et des dizaines de navires de pays tiers qui transportaient du pétrole à Cuba. Ces agressions resteront enregistrées dans l’Histoire comme des actes de lâche piraterie.</p>
<p>L’objectif déclaré est de priver d’approvisionnement en combustible un pays de 11 millions d’habitants. Son impact n’a pas été plus sévère grâce à l’unité et à la solidarité consciente du peuple, la force du système économique et social socialiste et à l’expérience de 60 années de confrontation à l’agression impérialiste.</p>
<p>Mais l’impact est bel et bien là, dans les résultats de l’économie, les dommages que ces mesures ont causés.</p>
<p>Pratiquement, tous les secteurs ont dû déplorer des interruptions ou des retards dans leurs productions. Nous sommes parvenus à éviter les inconfortables coupures d’électricité et supporter les restrictions grâce à des mesures adaptées à la situation particulière par territoire et par organisme. Tout le pays s’est de nouveau « serré la ceinture », mais aucune mesure d’ajustement qui aurait fait retomber le poids du blocus criminel sur le peuple n’a été prise. Nous sommes un territoire exempt de néolibéralisme !</p>
<p>Selon nos ennemis et ceux qui amplifient leur message sur n’importe quelle plateforme de communication, le blocus est destiné à nuire au gouvernement. Mensonge ! Le blocus touche le peuple tout entier car il touche tous les secteurs et tous les acteurs de l’économie.</p>
<p>Les restrictions supplémentaires de disponibilité de carburant, qui ont débuté en avril, ont affecté sensiblement le transport public, ont obligé à stopper provisoirement ou à diminuer le rythmes de certains travaux d’investissement, portant préjudice à l’agriculture, la production et la distribution d’aliments et d’autres lignes de produits à l’impact économique et social élevé.</p>
<p>L’interruption de l’arrivée de bateaux de croisière, des vols interprovinciaux, la réduction des envois d’argent, la fermeture des bureaux consulaires, la limitation des octrois de permis de voyager [des Étasuniens à Cuba], entre autres, frappent tout particulièrement le secteur non étatique de l’économie.</p>
<p>Le peuple le sait parce qu’il en souffre, mais il y a fait face avec une plus grande sagesse et une plus grande prévision, grâce à cette source d’énergie inépuisable, que chaque cubain porte en lui : la créativité et la capacité inégalée de trouver une solution à chaque problème. C’est notre histoire, celle qui nous enseigne que l’unité, la résistance, la lutte et l’émancipation sont les clés de nos victoires.</p>
<p>Tout d’abord, grâce à cela, et aussi à la coopération de gouvernements souverains et de chefs d’entreprise courageux, prêts à défier l’hégémonie étasunienne pour faire du commerce avec Cuba, nous avons fait face et nous avons résisté à la guerre économique.</p>
<p>Et nous sommes ici ! Debout, dignes et fermes. Calmes, mais attentifs. Conscients que celui qui va aussi loin dans sa vilénie n’aura aucun scrupule à avoir recours à des plans encore plus pervers, si cela lui permet d’effacer de la carte cet exemple d’audace et de résistance qui les irrite tellement, et qu’ils n’ont pas réussi à vaincre en 61 ans, ni par la pression ni par la séduction.</p>
<p>Voilà exactement deux ans, lors de la clôture de l’Assemblée nationale, le général d’armée Raul Castro rappelait que « la Révolution cubaine a résisté aux assauts de onze administrations des États-Unis de différents bords et nous sommes ici et nous resterons libres, souverains et indépendants ».</p>
<p>Avec la plus grande des fiertés, nous, les générations actuelles de dirigeants, du peuple et particulièrement la jeunesse cubaine, présents aujourd’hui dans la Révolution cubaine, affirmons : Nous sommes la continuité de Fidel, de Raul et de tous leurs compañeros et compañeras de combat !</p>
<p>Je sais que cette déclaration à elle seule enrage les adversaires, parce qu’elle est la confirmation qu’aucun de leur plan n’a abouti. Ils nous ont frappés et ils nous frappent. Le blocus ralentit le progrès et rend nos efforts moins efficaces. Cela fait mal, cela exaspère et cela irrite, comme l’abus, l’arrogance et la malveillance font mal, exaspèrent et irritent, mais il est important qu’ils sachent que nous ne nous rendrons pas !</p>
<p>Le blocus est une politique tellement discréditée, tellement immorale et tellement contraire à tout droit que ses défenseurs dépassent toute limite légale et humaine pour le maintenir, en oubliant un proverbe espagnol, plus ancien que le Quichotte « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise ». Il est vrai que les proverbes expriment la sagesse issue des expériences des peuples, y compris de ses luttes.</p>
<p>Qui sait si un jour, né de la lutte légendaire du peuple contre cette engeance, un proverbe naîtra dans toutes les langues comme un monument universel à notre résistance ! Ce proverbe pourrait dire : « Empire qui isole, isolé termine » (Applaudissements)</p>
<p>Rongée par la corruption et le dysfonctionnement internes, l’administration des États-Unis a exacerbé son comportement agressif et unilatéral dans presque toutes les régions du monde face à des problèmes fondamentaux pour l’avenir de l’Humanité et a aggravé les conflits existants, avec un irrespect absolu du Droit international et les prérogatives souveraines de nombreux États.</p>
<p>Elle a réaffirmé officiellement l’actualité de la Doctrine Monroe sur le continent et elle agit en pleine cohérence avec cette ambition impérialiste. Ses structures politiques en charge de la région semblent dominer par des éléments de l’extrême droite cubano-américaine et des individus liés au parcours terroriste et délinquant des États-Unis dans cette région.</p>
<p>Mais tout le monde ne cède pas à ses pressions. L’Assemblée générale des Nations Unies qui chaque année se prononce contre cette politique criminelle, l’a condamnée de nouveau en 2019 de manière pratiquement unanime. Dans la région, seuls deux gouvernements ont pris leur distance par rapport à la condamnation internationale. Seul celui du Brésil a voté contre, en signe de soumission évidente à l’empire, et celui de la Colombie s’est abstenu lors du vote d’une résolution qu’il soutenait depuis 1992.</p>
<p>Pour justicier cette décision condamnable, les autorités colombiennes ont eu recours à la manipulation, ingrate et politiquement motivée, à propos de l’irréprochable contribution de Cuba, altruiste, dévouée, discrète en faveur de la paix dans ce pays, une question sur laquelle la conduite de Cuba est universellement reconnue.</p>
<p>L’agressivité de l’impérialisme est complétée par un intense et grossier programme de subversion politique et d’ingérence dans les affaires interieures de Cuba, auquel ils ont consacré, au cours des trois dernières années, environ 120 millions de dollars au frais des contribuables de ce pays.</p>
<p>Faisant preuve d’un activisme croissant et comme nous en avons donné des larges informations, on assiste à une implication directe de son ambassade à Cuba, en franche violation des lois cubaines et du Droit international, spécifiquement de la Convention de Vienne sur les Relations diplomatiques.</p>
<p>Fidèle à la trajectoire historique de la Révolution, le gouvernement cubain est resté ferme e serein face à cette hostilité ouverte et croissante.</p>
<p>Nous avons refusé de mordre à l’hameçon des provocations et nous restons engagés, de façon responsable, envers la préservation des liens bilatéraux formels et les rares espaces de coopération officielle qui restent en vigueur entre les deux pays, en tentant de protéger les conditions qui permettent de maintenir les liens familiaux de millions de citoyens et la communication entre les deux pays.</p>
<p>Cependant, il convient d’insister avec une clarté absolue que Cuba adoptera toutes les mesures qui s’avèreraient nécessaires pour freiner les objectifs interventionnistes des États-Unis, protéger la tranquillité et le bien-être de la population, sauvegarder l’unité nationale et défendre, quel qu’en soit le prix, la souveraineté et l’indépendance du pays (Applaudissements).</p>
<p>Nous ne nous laisserons pas provoquer, et nous ne renoncerons pas à notre indépendance sacrée. Face aux menaces de l’ennemi, nous agirons tel que Raul nous a appelés à le faire : chacun depuis son quartier, depuis sa communauté, doit être prêt à partir au combat et faire sienne cette phrase que nous avons dite lors du décès du commandant en chef de la Révolution cubaine : Je suis Fidel ! (Applaudissements).</p>
<p>Lorsque l’on regarde autour de soi, toutes les raisons de résister et de créer sans relâche se confirment. La crise du multilatéralisme, tellement remise en cause lors du plus récent Sommet des Pays non-alignés, du fait des profonds déséquilibres qu’elle entraîne et de sa menace permanente à la paix, nous montre un monde où les inégalités s’approfondissent et où les majorités sont marginalisées et exclues.</p>
<p>Le néolibéralisme, stimulé par les pouvoirs médiatiques et les fondamentalistes de tout acabit, plonge dans la pauvreté des nations qui hier ont été prospères. Nous venons d’en avoir la preuve en Argentine, déjà sauvée une fois de la catastrophe néolibérale et transformée de nouveau en « terre brûlée » en seulement quatre années de mesures d’ajustement disproportionnées, comme le font connaître ses intellectuels et artistes, indignés par les dettes sociales élevées laissées par le gouvernement sortant, grand promoteur des recettes néolibérales.</p>
<p>Avec des schémas semblables, le modèle chilien, tellement applaudi par les organismes financiers internationaux, montre aujourd’hui son incapacité à résoudre les problèmes sociaux générés par l’économie dessinée par les Chicago Boys. Ses jeunes, tabassés et abusés par centaines, livrent, dans des manifestations acharnées, une bataille épique contre le système qui les exclue.</p>
<p>Ils exigent des droits auxquels leur gouvernement n’a pas prêté une attention sérieuse et ils semblent invisibles pour l’OEA, qui montre tant de préoccupation pour la stabilité et la démocratie au Venezuela, au Nicaragua et même à Cuba, qui n’est redevable en rien envers le « ministère des colonies », auquel bienheureusement nous avons cessé d’appartenir voilà plus de 50 ans.</p>
<p>Nous ratifions que nous maintiendrons notre solidarité et notre coopération envers la République bolivarienne du Venezuela, son gouvernement légitime sous la présidence de Nicolas Maduro Moros et envers le gouvernement et le peuple sandinistes, dirigés par le président Daniel Ortega.</p>
<p>Il convient de le rappeler à ceux qui montent les shows anticubains avec, au centre de la scène, le grotesque Secrétaire général de l’OEA.</p>
<p>Un autre épisode indigne et inacceptable que nous laisse 2019 : le coup d’État contre le président Evo Morales Ayma, en Bolivie, promu par l’oligarchie locale sous l’orientation des Yankees, et également avec la scandaleuse complicité de l’OEA.</p>
<p>Profondément racistes, les auteurs du coup d’État répètent la formule essayée contre le Venezuela par le biais de pouvoirs autoproclamés. Désormais, peu importe s’il a été prouvé que le rapport de l’OEA était mensonger ou qu’il n’y a jamais eu de violations ni de fraudes de la part du MAS. À l’heure actuelle, ses dirigeants sont réfugiés dans d’autres pays, poursuivis par les véritables délinquants : ceux qui ont pris le pouvoir avec la Bible dans une main et le fusil dans l’autre.</p>
<p>Cuba a condamné le coup d’État dès le début. Nous réaffirmons ici aujourd’hui notre solidarité avec le compañero Evo Morales Ayma et le peuple bolivien (Applaudissements).</p>
<p>Nous répondons aux tentatives étrangères de déstabilisation des États caribéens de la Dominique et du Suriname que la solidarité de Cuba envers les deux gouvernements et les deux peuples est solide et ferme.</p>
<p>Dans ce contexte difficile, des processus chargés d’espoir ont vu le jour au Mexique et en Argentine. Aucun des deux ne s’est proposé de construire le socialisme ni d’étatiser l’économie et, même ainsi, la guerre contre leurs politiques sociales a commencé, en agitant le fantasme de l’influence marxiste.</p>
<p>Nous confirmons nos sympathies et notre solidarité envers le gouvernement d’Andrés Manuel Lopez Obrador, et nous nous félicitons de l’élection d’Alberto Fernandez et de Cristina Fernandez en tant que président et vice-présidente de l’Argentine (Applaudissements).</p>
<p>Nous insistons sur le fait que l’innocence de Lula doit être rétablie, ainsi que la restitution de ses droits politiques et de sa pleine liberté qui en résulte.</p>
<p>Au Mexique et en Argentine, nous avons assisté au cours de l’année qui vient de s’écouler à la résurgence du rêve d’intégration et de l’idée de préserver la CELAC, diverse et plurielle, qui est parvenue à établir dans notre pays, en 2014, davantage qu’une Proclamation, une volonté partagée d’être à jamais une Zone de paix.</p>
<p>Les liens avec l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et le Moyen-Orient se consolident. Nos relations politiques et les échanges de haut niveau avec la Fédération de Russie, la République populaire de Chine et la République socialiste du Vietnam se sont renforcés.</p>
<p>Ce fut une année positive concernant les liens avec l’Union européenne et ses États membres dans les différentes sphères, y compris l’économie commerciale, d’investissements et la coopération.</p>
<p>La participation de Cuba au 18e Sommet du Mouvement des pays non-alignés, tenu à Bakou, en Azerbaïdjan , s’est révélée active et fructueuse. Nous renouvelons l’importance du fait que le Mouvement joue un rôle international de plus en plus vigoureux afin de faire face dans l’unité aux grands défis imposés aux pays du Sud.</p>
<p>Compañeras et compañeros,</p>
<p>Nous avons décrit à grands traits la situation politique internationale, aggravée par la crise du multilatéralisme, que nous avons déjà évoquée, ainsi que la forte ingérence étasunienne dans notre région.</p>
<p>Dans ce contexte, truffé de risques et de menaces, le comportement discret de l’économie cubaine n’est pas une exception. La CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine des Nations Unies) a confirmé que le ralentissement généralisé persiste en Amérique latine et les Caraïbes, avec une prévision de croissance de 0,1%. Elle annonce pour 2020 un taux de croissance faible, de l’ordre de 1,3%, dans un contexte international caractérisé par l’aggravation des tensions commerciales, entre autres facteurs. Les résultats économiques de Cuba en 2019 s’inscrivent dans ces indices, avec son 0,5% de croissance et les pronostics pour 2020, situés à un réaliste 1%.</p>
<p>Nous ne sommes pas une exception. Ce qui est véritablement exceptionnel, c’est que nous n’ayons pas baissé sous le poids des pressions extraordinaires et de la traque financière exacerbée jusqu’à des limites insolites, au cours de cette année.</p>
<p>Le caractère exceptionnel, c’est aussi que nous n’ayons pas eu recours aux recettes néolibérales très pratiques, qui reviennent à la mode, bien qu’il soit plus que démontré qu’elles ne servent qu’à augmenter la brèche entre les peu, très peu nombreux, de plus en plus riches, et les majorités qui s’appauvrissent de façon accélérée.</p>
<p>Permettez-moi de rappeler qu’à l’apogée du néolibéralisme dans la décennie des années 90 du siècle dernier, Fidel « est allé dans l’avenir et est revenu pour le raconter », comme on a coutume de le dire à propos de ses capacités prémonitoire. Dans le cadre d’un Sommet ibéro-américain en 1993, notre leader historique avait alerté :</p>
<p>« Le néolibéralisme n’a pas d’avenir et le moment viendra où l’on commencera à remettre tout cela en question, mais il faut que le temps passe et, pendant ce temps, nous devons lutter pour les choses les plus justes, pour les idées les plus correctes, en formant les consciences. Il est très important que les peuples prennent conscience, et les peuples vont prendre conscience dans la mesure où ils verront que ces recettes ne résolvent pas les problèmes. »</p>
<p>À l’époque où Fidel exprimait cette critique précoce, les théoriciens du système s’obstinaient à nous convaincre que le capitalisme était la fin de l’Histoire. Aujourd’hui, nous pourrions dire que nous assistons à la fin de l’histoire du capitalisme. Tout ce que nous voyons est la répétition de formules qui ont déjà prouvé leur inefficacité et, ce qui est pire, en dépit de leur coût social élevé.</p>
<p>Non merci, nous ne voulons pas cela pour notre peuple. Nous voulons de la prospérité et nous allons lutter pour elle corps et âme, mais jamais au prix de laisser les majorités en dehors de ses bénéfices.</p>
<p>Nous ne sommes pas intéressés par une société telle que nous en avons tellement vue ici et là, où les lumières qui font la promotion du progrès éclipsent les étoiles dans le ciel, alors que des centaines de personnes dorment dans les parcs et que des dizaines d’enfants se ruent sur des voitures climatisées pour laver les vitres de leurs passagers aisés, des hommes et des femmes qui croient alléger leur conscience en leur lançant quelques monnaies pour manger.</p>
<p>Nous voulons que la décence, la beauté, le bon goût et la culture du détail s’installent dans nos villes et que les meilleures pratiques de production fassent fleurir nos campagnes. Nous voulons que le travail honnêtes et l’efficience gagnent la guerre aux inégalités, au bureaucratisme, à l’accommodement, à l’inertie et à l’apathie.</p>
<p>Nous les Cubains, sommes des vainqueurs de l’impossible. Et le moment est propice pour que nous nous proposions une autre année d’exceptionnalité positive.</p>
<p>En passant en revue ce qu’il y a eu de plus remarquable dans cette année qui s’achève, le dépassement des difficultés n’en finit pas de nous surprendre.</p>
<p>Au début de 2019 une tornade dévastatrice a sévèrement endommagé des logements et des centres de production de cinq municipalités de notre capitale. Au matin de ce 28 janvier, au milieu de l’obscurité, parmi les décombres, ils étaient peu nombreux ceux qui croyaient qu’il serait possible de panser les profondes blessures et d’assurer les programmes de construction et d’embellissement pour les 500 ans de La Havane.</p>
<p>Une véritable tornade de travail, d’efforts, de solidarité et d’intelligence collective a effacé en quelques mois les coups de la nature, en imposant un record dans les travaux d’investissement prévus.</p>
<p>Cela a contribué au dépassement des objectifs fixés et c’est ce qui nous encourage le plus au terme de la première année de la Politique du logement adoptée. 43 700 logements, 10 000 de plus que ce qui avait été planifié ont été achevés, que ce soit grâce aux efforts personnels, aux subventions ou construits par l’État. Une véritable inspiration pour les prochaines années, où nous aspirons à en terminer plus de 60 000 par an. C’est seulement ainsi et avec des nouveaux concepts de fonctionnalité, de qualité et d’harmonie avec l’environnement, que nous parviendrons un jour à résoudre les problèmes de logement accumulés.</p>
<p>2019 a été également l’année où nous avons commencé à voir le résultat des plus forts investissements dans le transport terrestre et ferroviaire. 80 nouvelles voitures ont été mises en fonctionnement dans les trains nationaux, ce qui a été accompagné par une rénovation de la qualité de ces services, ainsi que la rénovation des principales gares ferroviaires.</p>
<p>Plus de 300 bus assemblés à Cuba, ainsi que 69 semi-bus et 125 tricycles ont été intégrés aux services publics, en même temps que nous avons progressé dans la réparation de bus immobilisés depuis longtemps, ce qui a apporté un certain soulagement à l’un des problèmes les plus aigus du pays et qui continuera d’exiger des ressources et de l’efficience.<br />
Les travailleurs du secteur budgétisé se souviendront certainement qu’en 2019 leur salaire a été multiplié parfois par trois, ce qui a favorisé, entre autres choses, la réincorporation de 12 942 enseignants dans les classes, ce qui porte à 96,9 % la couverture enseignante, sans avoir dû utiliser d’autres alternatives.</p>
<p>Demain, ce sera la Journée de l’éducateur. J’adresse à nos chers enseignants cubains toutes nos félicitations et notre reconnaissance pour leur contribution en cette journée (Applaudissements).</p>
<p>Sans pour autant que nous en soyons encore à la réforme salariale, l’augmentation a élevé la valeur réelle des revenus des travailleurs du secteur étatique et en une moindre mesure de la sécurité sociale, une demande ajournée durant des années dans l’attente d’une amélioration de l’économie, qui reste en suspens.</p>
<p>Ce fut l’année où les services de téléphonie et d’accès à Internet ont été étendus et renforcés, au point de passer de l’un des derniers pays dans le monde à être l’une des sociétés où, de manière la plus dynamique, la connexion au réseau des réseaux s’est accrue.</p>
<p>7, 3 millions de lignes téléphoniques, dont 6 millions pour des téléphones portables et plus de 3 millions d’usagers utilisant la technologie 3G et 4G, ce qui signifie des progrès significatifs dans l’objectif d’atteindre la plus grande informatisation de la société.</p>
<p>Un point à part pour le tourisme qui, tout en étant le secteur le plus frappé par le renforcement du blocus, avec les services médicaux, est parvenu à dépasser les 4 millions de touristes, mettre en exploitation 3 855 nouvelles chambres et avancer dans l’enchaînement de la production nationale, les investissements étrangers et le secteur non étatique, des aspects sur lesquels nous devons continuer à travailler pour leur incidence dans l’économie nationale et l’amélioration continue de la qualité.</p>
<p>Dans la Zone spéciale de développement de Mariel des usines industrielles sont déjà en fonctionnement ; elles fabriquent des produits cubains nécessaires à notre marché interne et avec des possibilités d’exportation. Mais le plus important de l’année pour cette législature et pour tous les citoyens a été l’adoption de la nouvelle Constitution, qui renforce la société cubaine et ouvre de nouvelles voies à l’institutionnalisation du pays.</p>
<p>En deux période de sessions, sa mise en œuvre a permis à six lois de voir le jour dans le cadre d’un exercice législatif sans précédent, qui nous dote aujourd’hui des instruments juridiques indispensables au meilleur fonctionnement de l’Assemblée nationale, des assemblées municipales et des Conseils populaires, ainsi que de nouvelles figures et de nouvelles formes d’exercer le gouvernement, qui doivent nous conduire au perfectionnement urgent des organes du pouvoir du peuple.</p>
<p>Au cours de cette session parlementaire, nous avons élu pour la première fois depuis des années le Premier ministre, ainsi que le nouveau Conseil des ministres. Nous pouvons vous assurer que le compañero Manuel Marrero Cruz, les vice-premiers ministres et les ministres nommés se consacreront totalement, en donnant continuité à la noble tâche d’exercer le gouvernement avec le peuple et pour le peuple.</p>
<p>Nous progressions dans cette dynamique de travail en fonction des plus nécessités et des demandes les plus urgents de la population, lorsque l’agression impériale nous a privés de plus de 50% des besoins en carburant à partir du mois de septembre.</p>
<p>Ce fut le temps de la « conjoncture », cette période qui a mis sous tension toutes nos forces pour éviter des dommages et des reculs. Et des blagues et des « memes » sont apparus sur les réseaux sociaux, lesquels vont entrer sur la liste de l’une des plus puissantes forces du Cubain : la capacité de rire, y compris de nos problèmes les plus graves. Et nous, qui avons utilisé ce mot au début pour chasser les peurs provoquées par la rumeur malveillante que nous allions revenir aux moments les plus durs de la Période spéciale, nous avons soulagé les angoisses à cause des stations d’autobus bondées, des stations-service fermées ou avec de longues files d’attente, des productions suspendues et tous les problèmes associés, en riant lorsqu’il n’y avait pas d’autre issue.</p>
<p>Ce fut une bataille de plus que nous avons gagnée, mais pas complètement (Applaudissements). Oui, la « conjoncture » nous a obligés à aller chercher dans les expériences des pires moments, des pratiques d’économie que nous avions remisées dans des tiroirs. La crise la plus dure est-elle à peine passée que certains chauffeurs de voitures des entreprises étatiques ont recommencé à monter leurs vitres et à oublier la solidarité. Certaines mesures ne sauraient être conjoncturelles. Nous devons les imposer jusqu’à ce que la routine les transforme en habitude. De même que toutes les formes d’économie et toutes les pratiques solidaires.</p>
<p>C’est une décision. Ce n’est pas une demande. Il s’agit d’une disposition que je donne au nom du gouvernement et des besoins de la majorité (Applaudissements). Et nous exigerons qu’elle soit respectée parce qu’il s’agit d’un mandat du peuple.</p>
<p>Ce que les temps difficiles ont de bon, c’est qu’ils nous éduquent à de meilleures pratiques. L’éducation et la culture acquises en 60 années de Révolution, – cette richesse morale que nul trésor matériel ne pourrait ni remplacer ni dépasser –, doivent nous servir à quelque chose.</p>
<p>Je n’ai mentionné que quelques-uns des faits les plus notables du gouvernement cette année, pour leur impact sur toute la population et parce que dans leur intervention, notre ministre de l’Économie et notre ministre des Finances ont apporté les détails indispensables.</p>
<p>D’autres données et d’autres résultats seront publiés sur le site de la Présidence et nous espérons qu’ils nourriront nos réseaux sociaux. En vérité, nous avons vraiment de quoi être fiers, de même qu’il reste beaucoup de problèmes à résoudre. L’ordonnancement monétaire est le plus urgent.</p>
<p>N’oublions pas ce qu’a déclaré le général d’armée sur cette question :</p>
<p>« Personne ne peut calculer, pas même le plus sage de nos sages, le coût élevé représenté par la persistance de la dualité monétaire et des taux de change pour le secteur d’État. Une dualité qui favorise l’injustice de la pyramide inversée, où celui qui exerce une plus grande responsabilité reçoit un salaire inférieur et où bon nombre de citoyens compétents ne se sentent pas motivés par un travail légal, en même temps que l’on décourage la promotion à des postes supérieurs des meilleurs travailleurs et cadres et des plus qualifiés, dont certains émigrent vers le secteur non étatique.</p>
<p>« Je dois reconnaître que ce thème nous a pris trop de temps et que sa résolution ne peut plus être retardée.<br />
Afin de respecter les délais prévus, nous avons le devoir de transformer en efforts les applaudissements qui accompagnèrent alors ses paroles.</p>
<p>Nous pouvons vous assurer que l’ordonnancement monétaire se trouve en phase avancée d’étude et d’approbation. Actuellement les efforts se concentrent sur la validation intégrale des résultats de chaque thème, l’élaboration des normes juridiques, l’organisation et l’exécution des processus de formation, l’assurance politique et de communication sociale.</p>
<p>L’intégralité du processus et sa complexité se confirment, étant donné qu’il englobe des aspects étroitement interdépendants qui auront un impact sur toute la société, et qui seront appliqués dans l’ordre prévu, en réduisant les effets sur la population.</p>
<p>Ce processus n’est pas un échange de monnaie. C’est pourquoi je confirme que ce qui a été annoncé antérieurement concernant la garanties des dépôts bancaires en devises étrangères, en pesos convertibles [CUC], en pesos cubains [CUP], ainsi que l’argent en espèces détenus par la population.</p>
<p>Toutes les mesures qui en découlent seront communiquées en temps utile à notre peuple.</p>
<p>Compañeros et compañeras,</p>
<p>Nous nous sommes fixés trois priorités pour faire face aux attaques de l&#8217;adversaire sans renoncer à nos programmes de développement. La première est idéologique et concerne directement notre défense, à partir des convictions les plus profondes. Le peuple cubain, formé et entraîné par Fidel dans des batailles légendaires, est prêt à comprendre et à assumer tous les problèmes posés par l&#8217;agression de l&#8217;ennemi. Il suffit qu&#8217;ils soient informés et reçoivent des explications en temps utile.</p>
<p>Il l&#8217;a démontré lorsque nous avons donné des explications sur la situation créée par le manque de disponibilité du carburant et que nous avons appelé à transformer une attaque de l&#8217;ennemi en une occasion de libérer la créativité et de sauver des savoirs d&#8217;autres époques.</p>
<p>Nous renforcer idéologiquement signifie transformer la résistance en apprentissage et cet apprentissage en solutions émancipatrices, tout en nous libérant d’anciennes dépendances et de liens à des schémas de travail obsolètes.</p>
<p>Lorsque nous appelons à penser en tant que pays et à penser différemment, nous appelons à créer. Cuba est un peuple de créateurs. Qu’a été notre longue résistance sinon un acte perpétuel de création ?</p>
<p>La bataille économique est une autre priorité. Et vous voyez que je ne dis pas la deuxième bataille, je dis « une autre priorité », parce qu&#8217;elles ont toutes de l&#8217;importance.</p>
<p>L&#8217;ennemi a fait de l&#8217;économie cubaine le premier objectif à abattre. Non seulement parce que c&#8217;est la voie de la destruction de la Révolution, mais parce que c&#8217;est une façon de montrer que le socialisme est un système non viable. Or, chaque minute de résistance à l&#8217;agression dit exactement le contraire : seul le socialisme rend possible le miracle d&#8217;une petite nation victorieuse face à un puissant empire qui n&#8217;a pas réussi à la faire céder.</p>
<p>Mais ce n’est pas seulement résister qui nous intéresse. Nous avons conquis ce mérite il y a longtemps. Le défi consiste, au milieu de cette même guerre, à conquérir la plus grande prospérité possible. Pour cela, il nous faut des productions plus importantes, plus diversifiées et de meilleure qualité, avec la valeur ajoutée de la science et des enchaînements productifs qui doivent nous permettre de réduire les importations et augmenter les exportations, dans le cadre d&#8217;un schéma de durabilité à la hauteur du savoir scientifique et des compétences avérées du Cubain. C&#8217;est avec une telle conviction que nous défendrons le Plan de l&#8217;économie et du budget pour 2020 adopté au cours de cette session.</p>
<p>À ces priorités s&#8217;ajoute l&#8217;exercice législatif dont le calendrier a également été adopté par cette Assemblée.</p>
<p>Au cours des mois et des années à venir, nous devons adopter de nouvelles lois et nous préparer à légiférer sur des questions très importantes du fait de leur haute sensibilité, dont certaines ont été une source de préoccupation pour diverses personnes, liées à la violence de genre, au racisme, à la maltraitance des animaux et à la diversité sexuelle.<br />
Ces quatre questions sont l’objet d’attention et de surveillance afin de renforcer et de consolider la légalité, mais sans laisser de place aux confrontations et aux fractures que cherchent à promouvoir certaines forces exogènes, déterminées à intervenir dans des affaires qui sont sacrées pour la sensibilité nationale.</p>
<p>Le gouvernement cubain, né de la Révolution qui a libéré les femmes de l&#8217;esclavage domestique, qui a rendu tous les citoyens égaux, qui sanctionne et condamne la violence sous toutes ses formes, connaît et partage le mécontentement des secteurs de la population touchés par les vestiges des abus qui subsistent en son sein, malgré les politiques officielles visant à la conquête de « toute la justice », comme le demandait Marti.</p>
<p>Ce que nous ne devons pas perdre de vue, c&#8217;est que nous n’obtiendrons cette justice totale seulement de la même manière que nous sommes arrivés jusqu’ici, au milieu des pires présages et des coups de vent ; avec unité et dans l&#8217;unité.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas en fragmentant la société, en accusant l’autre, en cherchant ce qui nous divise, que nous parviendrons à résoudre nos dettes envers ce qu&#8217;il y a de plus juste pour tous : Unis nous avons gagné ! Unis nous gagnerons !</p>
<p>(Applaudissements.)</p>
<p>Récemment, nous avons adopté un programme gouvernemental pour lutter contre la discrimination raciale. C&#8217;est cet esprit qui nous anime alors que nous nous préparons à faire face à une nouvelle année avec la conviction que celle-ci nous laisse : ensemble, tout est possible ! Une société où la femme est passée en 60 ans du coin le plus obscur de la maison au podium de la majorité professionnelle du pays ; une nation métisse, où nous sommes tous tellement clairs que nous semblons blancs et tellement sombres que nous semblons noirs, comme l’affirmait Don Fernando Ortiz ; un peuple tellement sensible qu&#8217;il croit en la vie et l&#8217;exalte chaque jour, a toutes les conditions pour y faire face et résoudre définitivement tout vestige de mauvais traitement, d&#8217;exclusion, de discrimination ou de soumission qui a survécu à l’œuvre de justice de la Révolution. Et nous le ferons ! (Applaudissements.)</p>
<p>C&#8217;est ainsi que nous voyons le progrès de notre société dans des domaines tout aussi profonds, bien que moins tangibles. Je fais référence à la spiritualité dans toutes ses dimensions, à la nécessité de grandir en renforçant les valeurs qui devraient distinguer une société comme la nôtre. Et à l&#8217;éradication des attitudes qui sont contraires à la morale de cette société dans laquelle nous nous reconnaissons.</p>
<p>Le général d’armée a commenté plus d&#8217;une fois comment, dans l&#8217;école où il a été formé lorsqu’il était enfant, il a été éduqué dans un exercice d&#8217;introspection autocritique qu&#8217;il pratique encore aujourd&#8217;hui : évaluer à la fin de chaque journée ce qu&#8217;il avait fait d&#8217;utile et de bon et ce qu&#8217;il n&#8217;avait pas fait.</p>
<p>Dans L’Âge d’Or, Marti a écrit que pas un jour ne devrait passer sans que nous n’ayons fait une bonne action, un principe éducatif fondamental de La Colmenita [troupe de théâtre enfantin] que nous admirons tant.</p>
<p>Cette recommandation ne concerne pas seulement les enfants. Elle s&#8217;adresse à tous les âges et à l&#8217;ensemble des citoyens. La belle société que nous méritons d’avoir viendra plus tôt dans la mesure où nous exigerons un comportement civique comme une obligation.</p>
<p>Pour donner quelques exemples : À quoi servent les travaux qui ont embelli la capitale pour les 500 ans de La Havane, si l&#8217;hygiène de la ville disparaît à nouveau sous des monceaux d&#8217;ordures et que ni ceux qui sont chargés de résoudre ce problème ni ceux qui vivent avec ces pratiques devant leur porte ne sont pas dûment sanctionnés ?</p>
<p>Et un autre exemple : à quoi servent les contrôles, les audits, les sanctions sévères, si dès que nous appliquons la loi, nous commençons à considérer le délinquant comme une victime ?</p>
<p>Le paternalisme est un autre de ces vices qui minent la vitesse et la profondeur de nos progrès. Lors des débats en commission, il a été question plus d’une fois des pratiques abusives de ceux qui compliquent et négocient les formalités les plus simples. Mais, qu’est-ce que cela coûte de généraliser la sanction morale, la dénonciation, le refus d’accepter d’être corrompu ou de corrompre ?</p>
<p>Je me suis attardé sur certaines réflexions à propos de ces questions parce que nous qui sommes ici, sommes presque tous les responsables, non seulement d’élaborer et d’adopter les lois, mais aussi de les faire appliquer. Et il nous appartient de les transformer en lettres vives (Applaudissements).</p>
<p>Il y a beaucoup à dire et à faire, mais de plus nous devons prendre le temps de fêter l&#8217;année qui s&#8217;achève, pleine de tensions et de défis, mais aussi pleine de victoires.</p>
<p>Vivons les prochains jours et les prochaines heures comme si la Révolution venait à nouveau de triompher. La Révolution triomphe chaque fois que nous arrachons à l&#8217;empire une victoire pour notre cause. Et en 2019, nous l&#8217;avons fait à plusieurs reprises.</p>
<p>Que nos places urbaines et rurales se remplissent de musique et de joie.</p>
<p>Nous avons toutes les raisons de faire la fête. En cette 61e année de la Révolution, ils ont tiré pour nous tuer et nous sommes vivants. (Applaudissements prolongés). Vivants, en célébrant et déterminés à continuer de gagner.</p>
<p>La Patrie ou la mort !</p>
<p>Le socialisme ou la mort !</p>
<p>Venceremos !</p>
<p>(Ovation)</p>
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		<title>La CELAC : une vision commune de la Grande Patrie</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Dec 2019 16:40:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous, les pays d'Amérique latine et des Caraïbes avons dû faire face à de nombreux défis (...), les dangers qui pèsent sur la paix sont encore présents dans diverses parties du monde et des pays frères ont fait l'objet de menaces, de mesures coercitives unilatérales et de procédures juridiques internationales du fait d’actions légitimes qu'ils ont entreprises pour défendre leur souveraineté.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4295" alt="cartel suramerica" src="/files/2019/12/cartel-suramerica.jpg" width="300" height="252" />En décembre 2011, à Caracas, la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) a ouvert la voie à un nouveau paradigme de coopération régionale et internationale</p>
<p>Nous, les pays d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes avons dû faire face à de nombreux défis (&#8230;), les dangers qui pèsent sur la paix sont encore présents dans diverses parties du monde et des pays frères ont fait l&#8217;objet de menaces, de mesures coercitives unilatérales et de procédures juridiques internationales du fait d’actions légitimes qu&#8217;ils ont entreprises pour défendre leur souveraineté.</p>
<p>Nous savons qu&#8217;il y a parmi nous des idées distinctes et, y compris, des différences, mais la Communauté des États d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) est née de l’acquis de 200 années de lutte pour l&#8217;indépendance et repose sur une profonde communauté d&#8217;objectifs.</p>
<p>Par conséquent, la CELAC n&#8217;est pas uniquement une succession de réunions ou d’ententes pragmatiques, mais une vision commune de la Grande Patrie latino-américaine et caribéenne qui n&#8217;est redevable qu’envers ses peuples.</p>
<p>La priorité doit être accordée à la création d&#8217;un espace politique commun dans lequel nous avancerons vers la réalisation de la paix et du respect entre nos nations, un espace dans lequel nous serons capables de surmonter les obstacles objectifs et ceux qui nous sont imposés de façon délibérée, d’utiliser les ressources de manière souveraine et pour le bien-être commun et de mettre les capacités scientifiques et techniques au service du progrès de nos peuples, dans lequel nous ferons valoir des principes inaliénables tels que l&#8217;autodétermination, la souveraineté et l&#8217;égalité souveraine des Éats.</p>
<p>Nous devons établir un nouveau paradigme de coopération régionale et internationale.<br />
Dans le cadre de la CELAC, nous avons la possibilité de construire notre propre modèle adapté à nos réalités, basé sur les principes de l’intérêt commun et de la solidarité, en prenant en compte les meilleures expériences mises en œuvres ces dernières années par les pays de la région et par les organisations d&#8217;intégration d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes, telles que le Mercosur, l’ALBA, PetroCaribe, l’Unasur, la Caricom, le Sica et d’autres, qui ont déjà tracé une voie au cours des années.<br />
Par ailleurs, nous ne pouvons pas oublier que les petits États insulaires en développement des Caraïbes exigent une attention particulière à leurs problèmes spécifiques.</p>
<p>Pour atteindre l’inclusion sociale et la durabilité environnementale, nous devrons créer notre propre vision des systèmes économiques, des modèles de production et de consommation, du rapport entre la croissance économique et le développement, ainsi que de l&#8217;efficacité des modèles politiques.</p>
<p>Que doivent penser les dizaines de millions de personnes marginalisées sur la démocratie et les droits humains ? Comment jugent-elles les modèles politiques ? Que pensent-elles des lois électorales ? Est-ce cette société civile que les gouvernements et les organisations internationales prennent en compte ? Que diraient-elles si elles étaient consultées sur les politiques économiques et monétaires ?</p>
<p>La signature par les chefs d&#8217;État et de gouvernement de la Proclamation de l&#8217;Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix a constitué une étape historique et offre un cadre de référence pour les relations entre nos États et avec le reste du monde.</p>
<p>La solidarité dans Notre Amérique sera décisive pour faire avancer les intérêts communs.</p>
<p><strong>(Sources :Discours du Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, le général d&#8217;armée Raul Castro Ruz, à l&#8217;occasion de l&#8217;inauguration des 1er, 2e et 3e Sommets de la Communauté des États d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes)</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Discours prononcé par Fidel Castro Ruz à son arrivée à La Havane, à Cité-Liberté, le 8 janvier 1959</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Oct 2019 14:45:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Compatriotes, 

Prendre la parole ici ce soir constitue peut-être pour moi, je le sais, une des obligations les plus difficiles de cette longue période de lutte qui a commencé à Santiago de Cuba le 30 novembre 1956.
Le peuple écoute, les combattants révolutionnaires écoutent, et les soldats de l’armée dont le sort est entre nos mains écoutent aussi. Nous vivons un moment décisif de notre histoire : la tyrannie a été renversée, la joie est immense, et pourtant il reste beaucoup à faire. Ne nous trompons pas en pensant que désormais tout sera facile : désormais tout sera peut-être plus difficile.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="block-system-main">
<article id="node-78289" lang="fr">
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<div><strong><img class="alignleft size-full wp-image-3258" alt="Fidel Paloma" src="/files/2018/01/Fidel-Paloma.jpg" width="300" height="218" />Fecha:  08/01/1959</strong></div>
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<p>Compatriotes,</p>
<p>Prendre la parole ici ce soir constitue peut-être pour moi, je le sais, une des obligations les plus difficiles de cette longue période de lutte qui a commencé à Santiago de Cuba le 30 novembre 1956.</p>
<p>Le peuple écoute, les combattants révolutionnaires écoutent, et les soldats de l’armée dont le sort est entre nos mains écoutent aussi.</p>
<p>Nous vivons un moment décisif de notre histoire : la tyrannie a été renversée, la joie est immense, et pourtant il reste beaucoup à faire. Ne nous trompons pas en pensant que désormais tout sera facile : désormais tout sera peut-être plus difficile.</p>
<p>Le premier devoir de tout révolutionnaire est de dire la vérité. Berner le peuple, éveiller en lui des illusions trompeuses entraînera toujours les pires conséquences, et j’estime qu’il faut l’alerter contre un optimisme excessif.</p>
<p>Comment l’Armée rebelle a-t-elle gagné la guerre ? En disant la vérité. Comment la tyrannie a-t-elle perdu la guerre ? En trompant les soldats.</p>
<p>Quand nous essuyions un revers, nous le disions sur “Radio Rebelde”, nous censurions les erreurs que tel ou tel officier aurait commises, nous avertissions tous les compagnons pour éviter que nos autres détachement commettent les mêmes. Mais ça ne se passait pas comme ça dans les compagnies de l’armée : différentes troupes commettaient les mêmes erreurs parce qu’on ne disait jamais la vérité aux officiers et aux soldats.</p>
<p>Voilà pourquoi je veux commencer – ou plutôt continuer – de la même manière : dire toujours la vérité au peuple.</p>
<p>Nous avons fait un bout de chemin, peut-être avons-nous même fait un pas considérable. Nous sommes ici dans la capitale, nous sommes ici à Columbia, les forces révolutionnaires semblent victorieuses. Le gouvernement est constitué, reconnu par de nombreux pays du monde. Il semble que nous ayons conquis la paix. Et pourtant, nous ne devons pas être optimistes. Tandis qu’aujourd’hui le peuple riait, tandis qu’il se réjouissait, nous étions inquiet. Et plus la foule qui accourait nous recevoir grossissait, plus la joie du peuple débordait, et plus nous étions inquiet : car notre responsabilité serait d’autant plus grande devant l’histoire et devant le peuple cubain.</p>
<p>La Révolution a déjà face à elle une armée en branle-bas de combat. Quels peuvent être aujourd’hui ou plus tard les ennemis de la Révolution ? Quels peuvent être désormais, devant ce peuple victorieux, les ennemis de la Révolution ? Les pires ennemis que peut avoir désormais la Révolution cubaine, ce sont les révolutionnaires eux-mêmes !</p>
<p>Et c’est bien ce que je disais toujours aux combattants rebelles : quand nous n’aurons plus l’ennemi en face, quand la guerre sera fini, les seuls ennemis de la Révolution, ce sera peut-être nous-mêmes. C’est pour ça que je disais toujours et que je continue de le dire : envers le soldat rebelle, nous serons plus rigoureux qu’envers n’importe qui d’autre, envers le soldat rebelle, nous serons plus exigeants qu’envers n’importe qui d’autre, parce que c’est de lui que dépendra le triomphe ou la défaite de la Révolution.</p>
<p>Il y a beaucoup de types de révolutionnaires. Ce n’est pas d’hier que nous avons entendu parler de révolution. Même ceux du 10 mars, ils ont dit qu’ils avaient fait une révolution, et ils invoquaient la révolution. Tout était révolutionnaire ! Ils réunissaient les soldats ici-même, et ils leur parlaient de « la Révolution du 10 mars » ! (Rires.)</p>
<p>Ce n’est pas d’hier que nous avons entendu parler de révolutionnaires. Je me souviens de mes premières impressions de ce qu’était un révolutionnaire, jusqu’à ce que les études et un peu plus de maturité m’aient donné des notions de ce qu’était vraiment une révolution et de ce qu’était vraiment un révolutionnaire. Mes premières impressions du révolutionnaire, je les ai eues dans mon enfance, quand j’entendais dire : « Machin a été révolutionnaire, il a été dans tel combat, ou dans telle opération, ou il a posé des bombes… » « Chouette était révolutionnaire… » Il s’était même créé une caste de révolutionnaires, et vous aviez alors des révolutionnaires qui voulaient vivre de la révolution, qui voulaient vivre de leur « titre » de révolutionnaires, parce qu’ils avaient posé une bombe ou deux. Il se peut d’ailleurs que ceux qui la ramenaient le plus étaient ceux qui en avaient fait le moins. En tout cas, ils se pointaient dans les ministères pour qu’on leur donne un poste, pour vivre en parasites, pour toucher le prix de ce qu’ils avaient fait à un moment donné, pour une révolution qui, hélas, ne s’était jamais faite… En effet, j’estime que la première qui semble avoir les plus grandes possibilités de se réaliser, c’est cette Révolution-ci, à supposer que nous ne la sabordions pas ! (Cris de : « Non ! » et applaudissements.)</p>
<p>Ce révolutionnaire de mes premières impressions d’enfant se baladait avec un pistolet 45 à la ceinture, et il voulait vivre en matamore : il fallait en avoir peur, il était capable de tuer n’importe qui, il entrait dans les bureaux des hauts fonctionnaires en roulant les mécaniques pour qu’on l’écoute… Et alors vous vous demandiez : où est la révolution qu’on faite ces gens-là, ces révolutionnaires ?</p>
<p>Car il n’y a pas eu de révolution, et il y a eu très peu de révolutionnaires.</p>
<p>La première question que nous devons nous poser, chacun de nous qui avons fait cette Révolution, c’est : dans quelle intention l’ai-je faite ? Chacun de nous cachait-il une ambition, une soif de pouvoir, une visée ignoble ? Dans chaque combattant de cette Révolution, y avait-il un idéaliste ou bien alors, sous prétexte d’idéalisme, poursuivait-il d’autres fins ? Avons-nous fait cette Révolution en pensant qu’à peine la tyrannie renversée, chacun de nous allait profiter des bienfaits du pouvoir, allait monter dans une limousine, vivre comme un coq en pâte, s’installer dans une villa, que chacun de nous allait vivre la grande vie puisque c’est pour ça que nous nous étions faits révolutionnaires et que nous avions renversé la tyrannie ? Avons-nous fait cette Révolution en pensant casser des ministres pour en nommer d’autres, en pensant simplement ôter des hommes pour en mettre d’autres ? Ou bien alors y avait-il vraiment en chacun de nous un véritable désintéressement, un véritable esprit de sacrifice, vraiment l’intention de tout donner en échange de rien ? Étions-nous vraiment disposés à renoncer à tout ce qui ne serait pas toujours plus de sacrifices, à accomplir notre devoir en révolutionnaires sincères ? (Applaudissements prolongés.)</p>
<p>Cette question, il faut se la poser parce que c’est de cet examen de conscience que peut dépendre beaucoup la destinée future du Cuba, de nous-mêmes et de notre peuple !</p>
<p>Quand j’entends parler de colonnes, quand j’entends parler de fronts de combat, quand j’entends parler de troupes plus ou moins nombreuses, je pense toujours : voici notre colonne la plus solide, voici notre meilleure troupe, la seule troupe capable de gagner la guerre à elle seule : cette troupe, c’est le peuple ! (Applaudissements.)</p>
<p>Aucun général ne peut plus que le peuple ; aucune armée ne peut plus que le peuple ! Si vous me demandiez quelle troupe je préfère commander, je vous dirais : je préfère commander le peuple (applaudissements), parce que le peuple est invincible. Car c’est le peuple qui a gagné cette guerre ! Nous n’avions pas de chars, nous n’avions pas d’avions, nous n’avions pas de canons, nous n’avions pas d’écoles militaires, nous n’avions pas de camps de recrutement et d’entraînement, nous n’avions pas de divisions, pas de régiments, pas de compagnies, pas de pelotons, ni même d’escouades (applaudissements prolongés). Alors, qui est-ce qui a gagné la guerre ? Le peuple. C’est le peuple qui a gagné la guerre ! Cette guerre, c’est uniquement le peuple qui l’a gagnée. Et je le dis au cas où quelqu’un croirait l’avoir gagnée, ou une troupe croirait l’avoir gagnée (applaudisse-ments). Par conséquent, avant n’importe quoi d’autre, il y a le peuple.</p>
<p>Mais il y a autre chose à dire : la Révolution ne m’intéresse pas, moi, comme personne, ni à un commandant comme personne, ni à un capitaine, ni à une colonne, ni à une compagnie. La Révolution, c’est le peuple que ça intéresse ! (Applaudissement.)</p>
<p>Avec elle, celui qui y gagne ou y perd, c’est le peuple. Comme c’est le peuple qui a souffert les horreurs de ces sept dernières années, c’est lui qui doit se demander si lui, et ses enfants, et ses petits-enfants vont continuer de souffrir dans dix ans, ou quinze ou vingt les horreurs que la République de Cuba a soufferts depuis le début, couronnée de dictatures comme celles de Machado et de Batista (applaudissements prolongés).</p>
<p>Le peuple veut savoir, et bien savoir, si nous allons faire correctement cette Révolution ou si nous allons commettre les mêmes erreurs qu’a commises la révolution antérieure, ou l’antérieure, ou l’antérieure, et si nous allons souffrir les conséquences de nos erreurs. Car il n’y a pas d’erreur sans conséquences pour le peuple, il n’y a pas d’erreur politique qui ne se paie tôt ou tard.</p>
<p>Certaines circonstances ne sont plus les mêmes. J’estime par exemple qu’il existe cette fois-ci plus de possibilités que jamais que la Révolution suive vraiment sa destinée. C’est peut-être pour ça que le peuple est si heureux et qu’il oublie un peu tout ce qu’il y a encore à faire.</p>
<p>Ce à quoi la nation aspirait le plus, à cause des horreurs subies, de la répression et de la guerre, c’était la paix, la paix accompagnée de liberté, la paix accompagnée de justice, la paix accompagnée de droits. Personne ne voulait la paix à un autre prix, parce que Batista parlait de paix, parlait d’ordre, et personne ne voulait de cette paix-là, parce que ç’aurait été la paix au prix de la soumission.</p>
<p>Aujourd’hui, le peuple a la paix qu’il voulait : une paix sans dictature, une paix sans crime, une paix sans censure, une paix sans persécutions (applaudissements prolongés).</p>
<p>Il est possible que les plus heureuses en ce moment, ce soient les mères cubains. Qu’elles soient mères de soldats ou mères de révolutionnaires, mères de n’importe quel citoyen, elles ont maintenant la sensation que leurs enfants sont enfin tirés de danger (applaudissements).</p>
<p>Le crime le plus grand qu’on pourrait commettre aujourd’hui à Cuba, le crime le plus grand – je le répète – qu’on pourrait commettre aujourd’hui à Cuba, ce serait un crime contre la paix. Ce que personne ne pardonnerait aujourd’hui à Cuba, ce serait que quelqu’un conspire contre la paix (applaudissements).</p>
<p>Quiconque ferait aujourd’hui quelque chose contre la paix de Cuba, quiconque ferait quelque chose qui mettrait en danger la tranquillité et le bonheur de millions de mères cubaines est un criminel et un traître (applaudissements). Quiconque n’est pas prêt à renoncer à quelque chose en faveur de la paix, quiconque n’est pas prêt à renoncer à tout en faveur de la paix à cette heure-ci est un criminel et un traître (applaudissements).</p>
<p>Je le dis comme je le pense. Et je jure devant mes compatriotes que si n’importe lequel de mes compagnons, ou notre mouvement ou moi-même, nous étions un obstacle à la paix de Cuba, eh ! bien le peuple peut disposer dès maintenant de nous tous et nous dire ce que nous devons faire (applaudissements). Parce que je suis quelqu’un qui sait renoncer : je l’ai démontré plus d’une fois dans ma vie, je l’ai prouvé à mes compagnons, j’ai assez de moral et je me sens avoir la force et l’autorité suffisantes pour parler comme ça à un moment pareil (applaudissements et vivats à Fidel Castro).</p>
<p>Et c’est aux révolutionnaires en premier que je dois parler comme ça, tout simplement parce qu’il faut dire les choses au moment opportun.</p>
<p>La décennie qui a suivi la chute de Machado n’est pas si lointaine. L’un des plus grands malheurs que nous a laissés cette lutte, ç’a été la prolifération de groupes révolutionnaires qui n’ont pas tardé à se canarder les uns les autres (applaudissements). Résultat ? Batista est arrivé et il est resté onze ans au pouvoir.</p>
<p>Quand le Mouvement du 26-Juillet s’est organisé, et même quand nous avons lancé cette guerre, j’ai estimé que même si les sacrifices que nous faisions étaient très grands, même si la lutte allait être longue – et elle l’a été, parce qu’elle a duré plus de deux ans, deux ans qui n’ont pas été pour nous une promenade de plaisir, deux ans de dures batailles depuis que nous recommencé la campagne avec une poignée d’hommes jusqu’à notre arrivé dans la capitale de la République – j’ai estimé, donc, que malgré les sacrifices qui nous attendaient, il y avait de toute façon quelque chose de rassurant : il était évident que le Mouvement du 26-Juillet bénéficiait du soutien et de la sympathie de la majorité du peuple (applaudissements), qu’il bénéficiait de l’appui quasi unanime de la jeunesse cubaine (applaudissements). Il semblait que, cette fois-ci, une organisation grande et forte allait faire sienne les inquiétudes de notre peuple, et que les terribles conséquences d’avant, la prolifération d’organisations révolutionnaire, n’allaient pas maintenant se reproduire.</p>
<p>Je crois que nous aurions dû être, dès le départ, dans une seule organisation révolutionnaire, la nôtre ou une autre, du 26, du 27 ou du 50, son nom importe peu, parce que, si c’étaient des hommes jeunes, des hommes ayant les mêmes idéaux qui luttaient dans la Sierra Maestra, dans l’Escambray ou en Pinar del Río, pourquoi devait-il exister une demi-douzaine d’organisations révolutionnaires ? (Applaudissements.)</p>
<p>La nôtre a tout simplement été la première. C’est la nôtre, tout simplement, qui a livré la première bataille à la Moncada, qui a débarqué du Gramna le 2 décembre (applaudissements), qui a lutté seule pendant plus d’un an contre toutes les forces de la tyrannie (applaudissements), qui, quand elle ne comptait que douze hommes, a maintenu en haut le drapeau de la rébellion, qui a montré au peuple qu’on pouvait se battre et qu’on pouvait vaincre, qui a détruit toutes les fausses hypothèses en cours à Cuba au sujet de la révolution. Parce qu’ici tout le monde conspirait, en complotant avec le caporal, avec le sergent, ou en introduisant à La Havane des armes que la police finissait par saisir (applaudissements), jusqu’au jour où nous sommes arrivés, nous, et où nous avons démontré que ce n’était pas ça le genre de lutte qu’il fallait livrer, que la lutte devait être différente, qu’il fallait inventer une nouvelle tactique et une nouvelle stratégie, celles que nous avons mises en pratique et qui ont conduit au triomphe le plus extraordinaire que le peuple cubain ait remporté dans son histoire (applaudissements).</p>
<p>Que le peuple me dise honnêtement si ce n’est pas vrai ! (Applaudissements et cris de : « Oui ! »)</p>
<p>Et puis, le Mouvement du 26-Juillet était l’organisation absolument majoritaire. Vrai ou non? (Cris de : « Vrai ! ») Et comment la lutte a-t-elle fini? Je vais vous le dire : l’Armée rebelle, &#8211; c’est comme ça que s’appelle notre armée depuis qu’elle a commencé dans la Sierra Maestra – occupait toute la province orientale à la chute de la tyrannie, toute la province de Camagüey, une partie de celle de Las Villas, toute celle de Matanzas, la Cabaña, Columbia, le quartier général de la police à La Havane, et la province de Pinar del Río (applaudissements).</p>
<p>La lutte a pris fin selon le rapport de forces qui existait. Car ce n’est pas pour rien que nos colonnes ont traversé les plaines de Camagüey poursuivies par des milliers de soldats et par l’aviation et qu’elles sont arrivés en Las Villas, et que l’Armée rebelle avait à sa tête le commandant Camillo Cienfuegos en Las Villas (applaudissements prolongés) et parce qu’elle avait le commandant Ernesto Guevara en Las Villas (applaudissements prolongés) le 1er janvier, à la suite de la trahison de Cantillo (Cris de : « Qu’il s’en aille ! »). Et c’était parce qu’ils étaient là le 1er janvier que j’ai pu donner l’ordre au commandant Camilo Cienfuegos d’avancer avec cinq cents hommes sur la capitale et d’attaquer Columbia (applaudissements) et c’est parce que j’avais le commandante Ernesto Guevara en Las Villas que j’ai pu lui dire de marcher sur la capitale et de s’emparer de la Cabaña (applaudissements).</p>
<p>Tous les régiments, toutes les casernes importantes sont tombés dans les mains de l’Armée rebelle, et personne ne nous les a donnés gratis, personne ne nous a dit : « Toi par ici, et toi par là ». Non, c’est notre effort et notre sacrifice, c’est notre expérience et notre organisation qui ont conduit à ces résultats (applaudissements).</p>
<p>Est-ce que ça veut dire que les autres n’ont pas lutté ? Non. Est-ce que ça veut dire que les autres n’ont pas de mérite ? Non. Nous avons tous lutté, tout le peuple a lutté. À La Havane, il n’y avait aucune Sierra Maestra, mais des centaines de compagnons y ont été assassinés en accomplissant leur devoir révolutionnaire. À La Havane, il n’y avait aucune Sierra Maestra, et pourtant la grève générale a été un facteur décisif pour parachever le triomphe de la Révolution (applaudissements).</p>
<p>En disant ça, je ne fais que mettre les choses au point, je ne fais que préciser le rôle du Mouvement du 26-Juillet dans cette lutte, et comment il a guidé le peuple au moment où, ici, on parlait d’élections et d’électoralisme. Une fois, j’ai dû même écrire un article depuis le Mexique, « Face à tous », parce que, en fait, nous étions contre toutes ces opinions-là. J’y ai défendu notre thèse révolutionnaire. La stratégie de cette Révolution, c’est le 26-Juillet qui l’a tracée, jusqu’à son couronnement, autrement dit la défaite écrasante de la tyrannie dont toutes les casernes les plus importantes sont tombées aux mains de l’Armée rebelle organisée par le Mouvement du 26-Juillet.</p>
<p>Le Mouvement du 26-Juillet n’a pas fait que marquer les rythmes de la guerre : il a aussi montré comment il fallait y traiter l’ennemi. Notre Révolution est peut-être la première au monde à n’avoir jamais assassiné un prisonnier de guerre (applaudissements prolongés), à n’avoir jamais abandonné un blessé, à n’avoir jamais torturé personne (applaudissements). Cette norme, c’est l’Armée rebelle qui l’a établie. Et puis, c’est la seule révolution au monde d’où il ne soit pas sorti un général (applaudissements), ni même un colonel. Le grade que je me suis donné, ou plutôt que mes compagnons m’ont donné, c’est celui de commandant, et je n’en ai pas changé bien que nous ayons gagné de nombreuses batailles, et même une guerre. Je reste commandant, et je ne veux pas d’autres grades (applaudissements).</p>
<p>Et, comme le fait que ceux qui avaient lancé la guerre n’aspiraient pas à des grades militaires a eu un effort moral, personne n’a osé s’attribuer un grade supérieur à celui de commandant, bien qu’à en juger par les apparences, il y en ait de trop !</p>
<p>Je crois que le peuple est d’accord que je parle clair. Avoir lutté comme je l’ai fait pour les droits de chaque citoyen me donne au moins le droit de dire la vérité à haute voix (applaudissements). Et aussi, parce que, comme les intérêts de la patrie sont en jeu, je ne transige absolument en rien face aux dangers qui risquent de menacer la Révolution cubaine (applaudissements).</p>
<p>Tout le monde a-t-il la même autorité morale pour parler ? Celui qui a plus de mérites a plus d’autorité pour parler que celui qui en a moins. Pour que les hommes s’égalent en prérogatives morales, ils doivent s’égaler d’abord en mérites. Je crois que la Révolution a fini comme elle devait finir : quand le commandant Camilo Cienfuegos – combattant de deux ans et un mois – (applaudissements) est le chef de Columbia ; quand le commandant Efigenio Ameijeiras, qui a perdu trois frères dans cette guerre, qui est venu sur le Granma et qui est commandant en raison des batailles qu’il a livrées (applaudissements), est le chef de la police de la République, et quand le commandant Ernesto Guevara – un vrai héros, expéditionnaire du Granma et combattant de deux ans et un mois dans les montagnes les plus hautes et les plus escarpées de Cuba – est le chef de la Cabaña (applaudissements), et quand à la tête de chaque régiment dans les différentes provinces, nous avons nommé ceux qui se sont sacrifiés le plus et qui ont lutté le plus dans cette Révolution. Si c’est comme ça, personne n’a le droit de râler.</p>
<p>Qu’on s’incline d’abord devant le mérite, et celui qui ne le fait pas n’est qu’un ambitieux (applaudissements), ou celui qui, sans avoir les mérites des autres, veut en revanche jouir des mêmes prérogatives qu’eux.</p>
<p>La république, ou la Révolution, entre maintenant dans une nouvelle étape. Serait-il juste que l’ambition, ou les aspirations personnelles viennent mettre en danger le sort de la Révolution ? (Cris de : « Non ! ») Qu’est-ce qui intéresse le plus le peuple, car c’est lui qui doit avoir ici le dernier mot ? (Cris de : « La liberté, la liberté ! ») Ce qui l’intéresse le plus en premier lieu, ce sont les libertés, les droits qu’on lui avait arrachés, et la paix. Et il les a : en ce moment, il a toutes les libertés, il a tous les droits que lui avait arrachés la tyrannie et il a la paix (applaudissements).</p>
<p>Qu’est-ce qui intéresse le peuple ? Un gouvernement honnête. N’est-ce pas un gouvernement honnête qui intéresse le peuple ? (Cris de : « Oui ! ») Eh ! bien, il l’a : un magistrat honorable comme président de la République (applaudissements). Qu’est-ce qui l’intéresse ? Que des hommes jeunes et honnêtes soient les ministres du Gouvernement révolutionnaire ? (Cris de : « Oui ! ») Eh ! bien il les a : analysez un par un les ministres du Gouvernement révolutionnaire, et dites-moi si vous y trouvez un voleur, ou un criminel, ou une canaille ? (Cris de : « Non ! »)</p>
<p>Beaucoup d’hommes peuvent être ministres à Cuba en raison de leur dignité et de leurs capacités, mais il n’y a que quatorze ou quinze ou seize ministères. Le peuple se fiche pas mal que ce soit le Notable Machin ou le Notable Chouette qui le soit : il veut que ce soit quelqu’un de jeune, quelqu’un de digne (applaudissements). Ce qui importe maintenant, c’est que ceux qui ont été désignés réunissent ces qualités, et pas que Machin ou Chouette y soit ou n’y soit pas, parce qu’aujourd’hui les machins et les chouettes, la Révolution et la République s’en fichent éperdument ! (Applaudissements.)</p>
<p>Est-ce quelqu’un peut ensanglanter le pays parce qu’il n’est pas ministre ? (Cris de : « Non ! »). Est-ce qu’un groupe peut ensanglanter le pays et troubler la paix parce qu’on ne lui a pas donné trois ou quatre ministères ? (Cris de : « Non ! »). Si l’équipe dirigeante qu’a le peuple cubain ne sert pas, eh ! bien le peuple aura le temps aux élections, non de le voter dans les urnes, mais de le botter en touche ! (Applaudissements.) Si l’équipe dirigeante n’était pas adéquate, que personne n’aille faire ici une révolution ou un coup d’Etat pour s’en débarrasser, parce que tout le monde sait qu’il y aura des élections. Si elle ne sert à rien, le peuple aura le dernier mot librement. N’allons pas faire comme Batista qui, quatre-vingts jours avant les élections, a dit qu’il combattait le gouvernement en place, qui lui a fait une série d’imputations, qui a dit qu’il devait le supprimer, que c’était ça qui était patriotique… Ici, fini à jamais les coups d’État et les attentats contre la Constitution et contre le droit ! (Applaudissements.)</p>
<p>Je dois parler comme ça, pour que la démagogie ne fasse pas son apparition, ou la confusion, ou la division… Pour que le peuple reconnaisse le premier qui pointe son oreille d’ambitieux (applaudissements). Pour ma part, comme c’est le peuple que je préfère commander, parce que c’est la meilleure troupe et que je préfère le peuple à toutes les colonnes armées ensemble, je vous dis que la première chose que je ferai toujours quand je verrai la Révolution en danger, c’est faire appel à lui ! (Applaudissements.) En nous adressant au peuple, nous pouvons éviter de faire couler du sang. Ici, avant de recourir aux balles, il faut recourir mille fois au peuple, lui parler pour qu’il règle les problèmes sans balles. Moi qui fais confiance au peuple et qui l’ai prouvé, moi qui sais ce que peut faire le peuple et qui crois l’avoir prouvé, je vous dis que s’il veut, jamais plus les balles ne parleront dans ce pays (applaudissements) Car l’opinion publique a une force extraordinaire, une influence extraordinaire, surtout quand il n’y a plus de dictature. En époque de dictature, l’opinion publique ne compte pas ; mais en époque de liberté, l’opinion publique est tout, et les fusils doivent se plier et s’agenouiller devant elle (applaudissements). Je me trompe, Camilo ? (Vivats à Camilo Cienfuegos.)</p>
<p>Si je parle au peuple de cette manière, c’est parce que j’ai toujours aimé prévoir. Je crois qu’en parlant au peuple d’une manière prévoyante, la Révolution peut éviter les seuls dangers qui la menacent, et qui ne sont pas bien grands, je vous le dis. En tout cas, je voudrais que pour consolider la Révolution, il ne faille plus verser une seule goutte de sang cubain (applaudissements).</p>
<p>Ma grande préoccupation, c’est qu’on ne puisse pas dire à l’étranger, où cette Révolution fait l’admiration du monde, dans trois ou quatre semaines, ou dans un mois, ou dans une semaine, que du sang cubain a recommencé à couler pour la consolider, parce qu’alors elle ne serait plus un exemple (applaudissements)</p>
<p>Je n’aurais pas parlé comme ça quand nous étions un groupe de douze hommes, parce qu’alors tout ce que nous devions faire, c’était nous battre, nous battre, et encore nous battre, et il y avait du mérite à combattre dans ces circonstances-là. Mais aujourd’hui que nous avons les avions, les chars, les canons et l’immense majorité des hommes armés, la marine de guerre, de nombreuses compagnies de l’armée et un pouvoir énorme dans le domaine militaire (Cris de : « Et le peuple ! Et le peuple ! ») Oui, le peuple&#8230; Je vais poursuivre mon idée : aujourd’hui que nous avons tout ça, je m’inquiète beaucoup d’avoir à combattre de nouveau. Quel mérite de combattre ainsi ! Je préférerais retourner dans la Sierra Maestra avec douze hommes pour combattre contre tous les chars plutôt que de venir ici avec tous les chars pour tirer sur quelqu’un (applaudissements).</p>
<p>C’est au peuple que je demande de nous aider beaucoup, c’est au peuple que je demande de tout cœur de m’aider (applaudissements), c’est à l’opinion publique que je le demande, pour désarmer les ambitieux, pour condamner d’avance ceux qui commencent déjà à montrer le bout de l’oreille (applaudissements).</p>
<p>Je ne vais pas me lancer aujourd’hui dans des attaques personnelles ou spécifiques, parce qu’il est encore trop tôt pour entrer dans des polémiques publiques – quoique s’il faille le faire, je le ferai parce que j’ai de la dignité et que je suis prêt à discuter la vérité en main le cas échéant – parce qu’il y a une très grande joie dans le peuple, et dans la masse des combattants… Je n’irais pas jusqu’à dire chez tous leurs dirigeants, mais en tout cas chez la plupart d’entre eux. Prenez le cas de Carlos Prío Socarrás, qui est venu à Cuba pour aider la Révolution inconditionnellement, comme il le dit, et qui n’aspire à absolument rien (applaudissements) ; il n’a pas protesté, absolument pas, il ne s’est pas plaint, il n’a pas contesté le cabinet ; il sait qu’il existe un cabinet de gens honnêtes et jeunes qui mérite bien qu’on lui accorde un vote de confiance pour travailler.</p>
<p>Et les dirigeants d’autres organisations pensent pareil. Autre chose : la masse des combattants, les hommes qui se sont battus et dont les idéaux sont le seul guide, les hommes de toutes les organisations qui ont combattu ont une attitude très patriotique, ont des sentiments très révolutionnaires et très nobles, et ils ne penseront toujours de la même façon que le peuple. Et je suis sûr que celui qui tentera de provoquer une guerre civile, une folie, sera condamné par tout le peuple (applaudissements) et qu’il sera abandonné par tous ses combattants. Car il faudrait être vraiment fou, dans les conditions actuelles, pour défier non seulement la force, mais aussi la raison, le droit de la patrie et le peuple cubain tout entier (applaudissements).</p>
<p>Si je dis tout ça, c’est parce que je veux poser une question au peuple, et je souhaite beaucoup qu’il me réponde : dans quel but entreposer clandestinement des armes maintenant ? Dans quel but cacher des armes à différents endroits de la capitale ? Dans quel but faire de la contrebande d’armes en ce moment ? Dans quel but ? Et je vous dis que des membres d’une organisation révolutionnaire sont en train de cacher des armes. (Cris de : « Il faut les chercher ! »), de les entreposer, de faire de la contrebande avec. Toutes les armes qu’a saisies l’Armée rebelle sont dans les casernes, on n’y a pas touché, personne n’en a emporté chez lui, ou n’en a caché : elles sont dans les casernes, sous clef, aussi bien en Pinar del Río qu’à la Cabaña, qu’à Columbia, qu’en Matanzas, qu’en Santa Clara, qu’en Camagüey et qu’en Oriente. Personne n’y a chargé des armes dans des camions pour les cacher quelque part, parce qu’elles doivent être dans les casernes.</p>
<p>Je vais vous poser une question, parce que c’est en posant clairement les problèmes et en les analysant qu’on les règle. Et je suis prêt à faire tout mon possible pour les régler comme il faut les régler : en utilisant la raison, l’intelligence, l’influence de l’opinion publique, qui s’impose ; pas par la force. Parce que si je croyais à la force, ou qu’il faille régler le problème par la force, je n’aurais pas besoin d’en parler au peuple, ou de lui poser le problème : j’irais chercher ces armes ! (Applaudissements.)</p>
<p>Ce que nous devons obtenir ici, c’est que les combattants révolutionnaires idéalistes, qui auraient pu être bernés par cette manœuvre, abandonnent ces meneurs qui ont adopté cette posture et viennent se ranger du côté du peuple, car c’est lui qu’ils doivent servir avant tout.</p>
<p>Je vais vous poser une question : Des armes, à quoi bon ? Pour lutter contre qui ? Contre le Gouvernement révolutionnaire qui a l’appui de tout le peuple ? (Cris de : « Non ! ») Est-ce par hasard du pareil au même que ce soit le magistrat Urrutia qui gouverne la République ou que ce soit Batista ? (Cris de : « Non ! ») Des arme, à quoi bon ? Y a-t-il une dictature ici ? (Cris de : « Non ! ») Est-ce qu’ils vont se battre contre un gouvernement libre qui respecte les droits du peuple ? (Cris de : « Non ! ») Maintenant qu’il n’y a plus de censure, que la presse est entièrement libre, plus libre que jamais, et qu’elle peut être sûre de le rester à jamais et que la censure ne reviendra pas ? Maintenant que tout le peuple peut se réunir librement ? Maintenant qu’il n’y a plus de tortures, de prisonniers politiques, d’assassinats, de terreur? Maintenant qu’il n’y a que de la joie partout ? Maintenant que tous les dirigeants syndicaux félons ont été destitués et que les syndicats vont convoquer au plus vite de nouvelles élections ? (Applaudissements.) Maintenant que tous les droits du citoyen ont été rétablis, qu’on va convoquer des élections dans les meilleurs délais possibles ? Oui, des armes, à quoi bon ? Cacher des armes, à quoi bon ? Pour faire chanter le président de la République ? Pour menacer de briser la paix ? Pour créer des organisations de gangsters ? Est-ce que nous allons en revenir au gangstérisme? Est-ce que nous allons en revenir aux échanges de coups de feu quotidiens dans la capitale ? Des armes, quoi bon?</p>
<p>Eh ! bien, je peux vous dire que, voilà deux jours, des membres d’une organisation se sont rendus à la caserne de San Antonio, qui était sous la juridiction du commandant Camilo Cienfuegos et sous la mienne comme commandant en chef de toutes les forces, et qu’ils ont emporté les armes qui se trouvaient là : cinq cents armes, six mitrailleuses, et quatre-vingt mille balles ! (Cris de : « Il faut les chercher ! »)</p>
<p>Et je vous dis honnêtement qu’on ne pouvait pas faire une pire provocation. Car faire ça à des hommes qui ont su se battre ici pour le pays pendant deux ans, qui sont responsables aujourd’hui de la paix du pays et qui veulent faire les choses correctement, c’est une canaillerie, c’est une provocation injustifiable !</p>
<p>Mais nous ne sommes pas allés chercher ces fusils, parce que, comme je vous le disais avant, ce que nous voulons justement, c’est en parler au peuple, c’est utiliser l’influence de l’opinion publique pour que les meneurs qui sont derrière ces manœuvres criminelles se retrouvent sans troupe, pour que les combattants idéalistes – et ceux qui ont combattu dans chaque organisation ici sont de vrais idéalistes – le sachent et qu’ils en exigent toute la responsabilité.</p>
<p>Nous ne nous sommes pas laissé provoquer, nous les avons laissés en paix malgré ce vol d’armes, ce vol injustifié, parce qu’ici il n’y a pas de dictature. Que personne ne craigne d’ailleurs que nous nous convertissions en des dictateurs, et je vais vous dire pourquoi : c’est celui qui n’a pas le peuple derrière lui qui se convertit en dictateur, et qui doit recourir à la force parce qu’il n’aura pas les voix nécessaires le jour où il les lui faudra (applaudissements). Nous qui avons vu tant d’affection dans le peuple, une affection unanime, totale, absolue, nous ne pouvons pas nous convertir en dictateurs, sans parler de nos principes, parce que nous ne commettrons jamais la bassesse d’occuper un poste par la force. Ça nous répugne ! Ce n’est pas pour rien que nous avons été les porte-drapeaux dans cette lutte contre une tyrannie écœurante et répugnante (applaudissements).</p>
<p>Nous n’aurons jamais besoin de la force, parce que nous avons le peuple derrière nous, et en plus parce que le jour où le peuple nous regardera de travers – juste nous regarder de travers ! – nous partons (applaudissements). Pour nous, ce que nous faisons est un devoir, pas un plaisir, c’est un travail. Voilà pourquoi nous ne dormons pas, nous ne prenons pas de repos, nous ne mangeons pas, que nous parcourons l’île et travaillons honnêtement pour servir notre pays. Voilà pourquoi nous n’avons rien, voilà pourquoi nous n’aurons jamais rien (applaudissements et cris de : « Tu as le peuple ! »). Et le peuple ne nous verra jamais en train de commettre quelque chose d’immoral, ou de concéder un privilège à qui que ce soit, de tolérer une injustice, de voler, de nous enrichir, et des choses de ce genre. Le pouvoir, nous le concevons comme un sacrifice. Si ce n’était pas vrai, si ce n’était pas un devoir à remplir, croyez-moi, après toutes les marques d’affection que j’ai reçues du peuple, de cette manifestation sublime d’aujourd’hui, après tant d’affection et tant de confiance, le mieux à faire serait de partir, de me retirer ou de mourir ! Elle fait vraiment peur, croyez-moi, l’idée de ne pas pouvoir accomplir le devoir qu’on a avec ce peuple ! (Applaudissements prolongés.)</p>
<p>Si ce n’était pour ce devoir, si ce n’était pour ce devoir, je vous l’assure, je ferais aujourd’hui même mes adieux au peuple pour conserver à jamais cette affection d’aujourd’hui et pour que vous me lanciez ces mots d’encouragement d’aujourd’hui.</p>
<p>Mais je sais bien que le pouvoir est une tâche dure, compliquée, que notre mission et nos tâches le sont aussi, comme ce problème qui se présente aujourd’hui, qui est un problème difficile, qui vous remplit d’amertume et qu’on affronte parce que la seule chose qu’on ne peut pas dire au peuple à cette heure-ci, c’est : « Je pars ! » (Cris de : « Vive le père de la patrie » et puissante ovation.)</p>
<p>Et puis, la force ne nous intéresse pas pour une autre raison : le jour où quelqu’un se soulèverait ici en utilisant la force, j’oserais appeler mon pire ennemi, celui qui aurait le moins de sympathie pour moi, et je lui dirais : « Tiens, prends toutes ces forces, toutes ces troupes et toutes ces armes », comme ça tout tranquillement, parce que je sais que le jour où il se soulèverait, je retournerais dans la Sierra Maestra et on verrait bien combien de temps durerait cette dictature ! (Applaudissements.)</p>
<p>Ce sont des raisons plus que suffisantes pour qu’on comprenne que nous n’avons aucun intérêt à contrôler le pouvoir par la force.</p>
<p>Le président de la République m’a chargé de la tâche la plus épineuse : réorganiser les institutions armées, et il m’a donné le poste de commandant en chef de toutes les forces aériennes, marines et terrestres de la nation (applaudissements et cris de : «  Tu le mérites ! »). Non, je ne le mérite pas ; pour moi, c’est un sacrifice, ce n’est pas un motif d’orgueil, de vanité, c’est pour moi un sacrifice. Mais je veux que le peuple me dise s’il croit que je dois assumer cette fonction (applaudissements prolongés et cris de : « Oui ! »).</p>
<p>Si nous avons fait une armée avec douze hommes, et si ces douze hommes occupent les commandements militaires, si nous avons appris à notre armée qu’on n’assassine jamais un prisonnier, qu’on n’abandonne jamais un blessé, eh ! bien je crois que nous pouvons apprendre aux institutions armées de la République les mêmes choses que nous avons apprises à cette armée (applaudissements). Afin d’avoir des institutions armées où personne ne tabasse de nouveau un prisonnier, ou le torture ou le tue (applaudissements). Et parce qu’en plus nous pouvons servir de pont entre les révolutionnaires et les militaires dignes, autrement dit ceux qui n’ont pas volé ni assassiné, et qui auront le droit de rester dans les forces armées (applaudissements). Quant à ceux qui ont assassiné, personne ne les sauve du peloton d’exécution ! (Applaudissements prolongés.)</p>
<p>Tous les combattants révolutionnaires qui souhaitent faire partie de l’armée de métier de la République en ont le droit, peu importe l’organisation à laquelle ils appartiennent, et en conservant leurs grades… Les portes sont ouvertes à tous les combattants révolutionnaires qui veulent lutter et qui veulent faire une tâche utile à leur pays. Et si c’est ainsi, s’il y a des libertés, s’il y a un gouvernement de gens jeunes et dignes, si le pays est content, s’il fait confiance à son gouvernement et aux gens qui dirigent les forces armées, s’il va y avoir des élections, si les portes sont ouvertes à tous, à quoi bon entreposer des armes ?</p>
<p>Qu’on me dise donc si le peuple veut la paix, ou s’il veut qu’il y ait à tous les coins de rue un type armé d’un fusil ! Qu’on me dise si le peuple est d’accord ou s’il estime correct que n’importe qui possède une armée privée qui n’obéit qu’à son meneur ! (Cris de : « Non ! »). L’ordre et de la paix peuvent-ils régner ainsi dans la République ? (Cris de : « Non ! »).</p>
<p>(Quelqu’un crie : « Épuration des forces armées ! ») Super-épuration, pas épuration ! (Applaudissements.)</p>
<p>(Quelqu’un crie : « Parle de Raúl !”). Raúl [Castro] est à la Moncada, où il doit être pour l’instant.</p>
<p>Voilà les problèmes que j’ai voulu présenter au peuple. Les fusils doivent disparaître des rues le plus vite possible (applaudissements). Parce qu’il n’y a pas d’ennemi en face, parce qu’il n’y a à lutter contre personne. Et s’il faut se battre un jour contre un ennemi étranger ou contre un mouvement qui s’oppose à la Révolution, ce n’est pas quatre pelés et un tondu qui se battront, ce sera le peuple entier ! (Applaudissements prolongés.)</p>
<p>Les armes doivent être dans les casernes, et personne n’a le droit de constituer ici des armées privées (applaudissements).</p>
<p>Ces gens qui manœuvrent de manière suspecte ont peut-être trouvé un prétexte dans le travail que le président m’a assigné, et d’autres compagnons avec moi, et ils ont parlé d’ « armée politique ». Une armée politique, alors que je viens de vous dire que nous avons avec nous le peuple, qui est vraiment notre armée politique !</p>
<p>Je tiens à avertir le peuple, je tiens à avertir les mères cubaines que je ferai toujours tout mon possible pour régler tous les problèmes sans verser une goutte de sang (applaudissements). Je tiens à dire aux mères cubaines que jamais par notre faute on n’entendra un seul coup de feu ici ; et je tiens à demander au peuple, tout comme je le demande à la presse, tout comme je le demande à tous les hommes sensés et responsables de notre pays, de nous aider à régler ces problèmes avec l’appui de l’opinion publique, non à coups de transactions, parce que quand les gens s’arment et menacent pour qu’on leur donne quelque chose, c’est immoral et je ne l’accepterai jamais (applaudissements). Maintenant que certaines gens se sont mis à entreposer des armes, je dis que je ne ferai jamais la moindre concession parce que ce serait rabaisser la morale de la Révolution (applaudissements). Quiconque n’appartient pas aux forces régulières de la République – auxquelles tout combattant révolutionnaire a le droit d’appartenir – doit rendre les armes dans les casernes, parce qu’ici les armes sont de trop en l’absence de tyrannie, et il est prouvé que les armes ne valent quelque chose que quand on a raison et qu’on a le peuple avec soi ; sinon, elle servent uniquement à des assassinats et à des forfaits (applaudissements).</p>
<p>Je tiens aussi à dire que le peuple peut être sûr que les lois du pays seront respectées, et qu’ici il n’y aura pas de gangstérisme, de bandes de délinquants, de bandits, tout simplement parce que nous ne le tolérerons pas. Les armes de la République sont aux mains des révolutionnaires. Ces armes, j’espère qu’il ne faudra plus jamais les utiliser, mais le jour où le peuple l’ordonnera pour garantir sa paix, sa tranquillité et ses droits, où le peuple le demandera, où le peuple le voudra, quand il le faudra, ces armes rempliront tout simplement leur devoir (applaudissements).</p>
<p>Que personne ne pense que nous nous laisserons prendre aux provocations. Nous sommes trop sereins pour nous y laisser prendre ; nous avons de trop grandes responsabilités pour nous hâter de prendre des mesures, ni pour faire des fanfaronnades ou des choses de ce genre. Et puis je suis tout à fait conscient qu’ici, il faudra toujours – et je le ferai – épuiser tous les moyens de persuasion, et tous les moyens raisonnables, et tous les moyens humains pour éviter que ne coule plus une seule goutte de sang à Cuba. Donc, que personne ne craigne que nous nous laissions prendre aux provocations. Car, quand nous aurons perdu la patience, nous en chercherons encore plus, et quand nous aurons reperdu la patience, nous recommencerons à en chercher. Telle sera notre règle (applaudissements). Et tel doit être le mot d’ordre des hommes qui ont les armes à la main et de ceux qui ont le pouvoir en leurs mains : ne se lasser jamais de supporter, ne se lasser jamais de se résigner à toutes les amertumes et à toutes les provocations, sauf quand les intérêts les plus sacrés du peuple sont en jeu ; et, dans ce cas-là, uniquement quand ç’aura été prouvé, uniquement quand ce sera une demande de tout le peuple, de la presse, des institutions civiles, des travailleurs, de tout le peuple. Quand il le demandera et seulement quand il le demandera. Et ce que je ferai toujours à chaque circonstance de ce genre, c’est venir dire au peuple : « Écoutez, voilà ce qu’il s’est passé… »</p>
<p>Cette fois-ci, j’ai omis des noms, parce que je ne veux pas empoisonner l’atmosphère, aggraver la tension. J’ai tenu simplement à prévenir le peuple de ces risques, parce qu’il serait très triste que cette Révolution qui a coûté tant de sacrifices puisse, je ne vais pas dire échouer parce que c’est impossible qu’elle coure le moindre risque avec le peuple et tout ce qu’elle fait en sa faveur, mais qu’après l’exemple qu’elle a donné à l’Amérique, on règle les problèmes à coups de feu.</p>
<p>Dans presque toutes les révolutions, c’est vrai, une lutte suit la première et ainsi de suite, vous pouvez le constater au Mexique et ailleurs. Il semblait pourtant que la nôtre allait être une exception, comme elle l’a été pour tout le reste. Elle a été extraordinaire pour tout le reste, et nous voudrions bien qu’elle le soit dans ce domaine : plus un seul coup de feu. Et je crois que nous y arriverons, que la Révolution triomphera sans plus d’échanges de coups de feu. Vous savez pourquoi ? Parce que le degré de conscience qui s’est développé dans ce peuple est vraiment admirable, le civisme de ce peuple, la discipline de ce peuple, l’esprit de ce peuple. Je me sens vraiment orgueilleux de ce peuple. J’ai une confiance extraordinaire dans le peuple cubain (applaudissements). Il vaut la peine de se sacrifier pour notre peuple.</p>
<p>Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de donner un exemple devant toute la presse : la foule était réunie devant le Palais présidentiel, et on me disait qu’il fallait un millier d’hommes pour sortir de là. Alors, j’ai demandé au peuple de se séparer en deux rangs, qu’il n’y avait besoin de personne, que j’allais sortir seul, et en quelques minutes le peuple a fait deux rangs, et je suis passé au milieu sans le moindre problème. Voilà le peuple cubain, et cette preuve a été devant tous les journalistes (applaudissements).</p>
<p>Mais, maintenant, fini les éloges et les ovations. Dès maintenant, pour nous, au travail ! Demain sera un jour comme les autres, et tous les autres, pareil, et nous nous habituerons à la liberté. Aujourd’hui, nous sommes contents parce qu’il y avait belle lurette que nous n’étions pas libres, mais dans une semaine, d’autres choses nous préoccuperont, si nous avons assez d’argent pour payer le loyer, ou l’électricité, ou la nourriture… Ça, ce sont les problèmes que doit vraiment résoudre le Gouvernement révolutionnaire, le tas de problèmes du peuple cubain. Voilà pourquoi le Conseil des ministres est constitué de jeunes, qui sont animés, je le sais, d’un grand enthousiasme, et dont je suis sûr qu’ils vont changer la République, j’en suis sûr (applaudissements prolongés). Et puis, le président est sûr au pouvoir, aucun danger ne le menace. Le danger dont je parlais n’était pas que le régime risque d’être renversé, c’est un danger très lointain, je parlais du danger de voir le sang couler de nouveau. Mais le président de la République est consolidé, reconnu déjà par toutes les nations du monde – pas toutes encore, en effet, mais ça vient vite – et il peut compter sur le soutien du peuple et sur notre soutien à nous, sur le soutien des forces révolutionnaires, et un soutien pour de bon, un soutien sans conditions, un soutien sans rien demander ni réclamer en échange, parce que nous avons lutté ici pour restaurer les droits du pouvoir civil, et nous allons le prouver. Pour nous, les principes passent avant tout, et nous ne luttons pas pour des ambitions.</p>
<p>Je crois que nous avons prouvé assez que nous luttions sans ambitions. Je crois qu’aucun Cubain n’en a le moindre doute.</p>
<p>Maintenant, nous devons tous travailler d’arrache-pied. Pour ma part, je suis prêt à faire tout ce que je peux au profit du pays, et je sais que tous mes compagnons, que le président de la République, que tous les ministres ne vont pas se reposer. Et je vous assure que si quelqu’un part de Cuba maintenant et qu’il rentre dans deux ans, il ne reconnaîtra pas cette République…</p>
<p>Je constate un esprit de coopération extraordinaire dans tout le peuple. Je vois que la presse, les journalistes, tous les secteurs du pays sont désireux d’aider, et c’est ça qu’il faut. Le peuple cubain a beaucoup appris, et en sept ans il a appris autant qu’en soixante-dix… On a dit que le coup d’État avait représenté un retard de vingt-cinq ans. Et c’est vrai. Eh ! bien, nous avons fait un saut en avant de cinquante ans. On ne reconnaît pas la République : pas de politicaillerie, pas de vice, pas de jeux, pas de vol. Nous venons à peine de commencer, et on ne reconnaît presque déjà plus la République…</p>
<p>Mais nous avons encore beaucoup à faire. Mes prochaines activités auront à voir avec les problèmes des forces armées, mais je ferai aussi tout ce que je peux pour le peuple. Car je ne suis pas un militaire de métier, tant s’en faut. Je m’en occuperai le temps minimum requis, et quand j’aurai fini, je ferai d’autres choses, parce que, à vrai dire, on n’aura pas besoin de moi là (exclamations). Non, je veux dire qu’on n’aura pas besoin de moi dans les activités de type militaire et que j’ai d’autres perspectives. Il y a beaucoup de domaines où il y a des choses à faire.</p>
<p>(Cris de : « Il faut créer des sources de travail ! ») Si nous ne réglons pas tous ces problèmes, compagnons, ce ne serait pas une révolution. Le problème fondamental de la République en ce moment, et ce dont le peuple aura besoin quand l’allégresse du triomphe sera passée, c’est du travail, gagner sa vie dignement (applaudissements).</p>
<p>Mais ce n’est pas tout, compagnons. J’ai parlé tous ces jours-ci de milliers d’autres choses. Je suppose que vous m’aurez écouté plus ou moins à la radio, ou lu dans la presse. Et puis, je ne vais pas aborder tous les thèmes en un seul soir.</p>
<p>Pensons donc aux problèmes dont je vous ai parlé aujourd’hui, nous allons conclure une longue journée. Moi, je ne suis pas fatigué, mais je sais que vous devez rentrer chez vous et que vous êtes loin. (Cris de : « Peu importe ! » « Continue ! »)</p>
<p>J’avais promis d’aller au programme « Face à la presse », ce soir à 22 h 30 ou n’importe quand, et il est une heure et demie du matin ! (Cris de : «  Demain ! ») Oui, je le laisserai pour demain.</p>
<p>Vous aurez l’occasion d’écouter les ministres dans la presse, à la radio, et par tous les moyens possibles.</p>
<p>Tous mes vieux amis d’avant sont venus de partout : de l’école, du quartier. Je pourrais presque dire que je connais déjà tous les Cubains…</p>
<p>Je disais donc que vous aurez l’occasion d’écouter les ministres, chacun a ses plans et exposera son programme. Chaque membre du Conseil des ministres est pleinement en accord avec tous les autres révolutionnaires.</p>
<p>Le président de la République, de tout son droit – parce qu’il a été choisi sans conditions – a pris une majorité de ministres dans le Mouvement du 26-Juillet. Il était dans son droit, il nous a demandé notre coopération, nous la lui avons donnée à fond, et nous nous faisons nôtre ce Gouvernement révolutionnaire.</p>
<p>Je répète ici ce que j’ai dit ailleurs : que personne ne pense que les choses vont se régler du jour au lendemain. La guerre, on ne l’a pas gagnée en un jour, ni en deux ni en trois, il a fallu lutter dur ; on ne gagnera pas non plus la Révolution en un jour, et tout ne se fera pas en un jour.</p>
<p>J’ai dit aussi à d’autres meetings : n’allez pas croire que ces ministres sont des savants, à commencer parce qu’aucun ou presque ne l’a été avant. Aucun ne sait donc ce que c’est que d’être un ministre, c’est tout nouveau pour eux. Mais ils sont pleins de bonne volonté. Je dis pareil des commandants rebelles. Tenez, le commandant Camilo Cienfuegos ne savait rien de la guerre, même pas manier une arme, absolument rien. Le Che ne savait rien. Quand j’ai fait connaissance avec le Che au Mexique, il disséquait des lapins et faisait des recherches médicales. Raúl non plus ne savait rien ; et Efigenio Ameijeiras, pareil. Au début, ils ne savaient rien de la guerre, et à la fin on pouvait leur dire, comme je l’ai fait : « Commandant, avance sur Columbia et occupe-la ! » « Commandant, avance sur la Cabaña et occupe-la ! » « Avance sur Santiago et occupe-là ! » Et je savais qu’ils l’occuperaient ! (Applaudissements prolongés.) Pourquoi ? Parce qu’ils avaient appris !</p>
<p>Il se peut que les ministres n’aient pas maintenant de grandes réussites, mais je suis sûr que dans quelques mois ils sauront résoudre tous les problèmes que le peuple leur présentera, parce qu’ils ont la qualité la plus importante : le désir de bien faire et d’aider le peuple. Et je suis sûr surtout qu’aucun ne commettra jamais une des fautes classiques des ministres. Vous savez laquelle, n’est-ce pas ? (Cris de : « S’en mettre plein les poches ! ») Ah !, comment le savez-vous?</p>
<p>Et c’est ça le plus important : la morale, l’honnêteté de ces compagnons. Ils ne seront pas des savants, parce qu’ici personne ne l’est, mais je vous assure en tout cas qu’ils ont de la dignité à revendre, ce qu’on leur demande justement ! N’est-ce pas ça que le peuple demande toujours : un gouvernement honnête ? (Cris de : « Oui ! ») Alors, accordons-leur un vote de confiance, attendons un peu ! (Cris.) Oui, la plupart sont du 26-Juillet, mais s’ils ne servent à rien, ceux du 27 ou ceux du 28 les remplaceront… Nous savons qu’il y a beaucoup de gens qualifiés à Cuba, mais tout le monde ne peut pas être ministre. Est-ce que par hasard le 26-Juillet n’a pas le droit d’essayer de gouverner la République ? Cris de : « Oui ! »)</p>
<p>C’est tout pour aujourd’hui. Non, en fait, il me reste quelque chose… Si vous saviez, quand je me réunis avec le peuple, je n’ai plus sommeil, je n’ai plus faim… Vous aussi, vous perdez le sommeil, n’est-ce pas? (Cris de : « Oui ! »)</p>
<p>Ce qu’il me restait à dire, c’est que je crois que les meetings populaires à La Havane, aujourd’hui, que les meetings énormes d’aujourd’hui, que cette foule massée sur des kilomètres – c’était étonnant, vous le verrez sur les photos, sur les films – eh ! bien, je crois sincèrement que c’est une exagération de votre part, parce que c’est bien plus que ce que nous méritons (cris de : « Non ! »)</p>
<p>Je sais aussi que je ne verrai plus jamais dans ma vie une foule pareille, sauf à une autre occasion où je suis sûr que les foules se réuniront de nouveau : ce sera le jour de ma mort. Quand on me conduira à la tombe, ce jour-là, autant de gens se réuniront, parce que je ne trahirai jamais le peuple !</p>
<p>(Ovation.)</p>
<p>(VERSION STÉNOGRAPHIQUE DES BUREAUX DU PREMIER MINISTRE)</p>
<p><strong>Source: <a rel="nofollow" target="_blank" href="http://www.fidelcastro.cu/es/node/78289?fbclid=IwAR0-p3ybLVdw55G_aQrrxa2yWklWnJ3D1Q5DDYKZQlsf1MnJslsa5DPBlkY" >Fidel, soldado de las ideas</a></strong></p>
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		<title>Nous ne renoncerons à aucun de nos principes</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 00:43:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Cubadebate</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Cuba]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Raul Castro]]></category>
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		<description><![CDATA[Une fois de plus, une situation défavorable s’est installée, et de nouveau l’euphorie surgit chez nos ennemis, empressés de réaliser les rêves de détruire l’exemple de Cuba. Ce ne sera pas la première fois, ni la dernière, que la Révolution cubaine devra faire face à des défis et à des menaces. Nous avons couru tous les risques et résisté, invaincus, pendant 60 ans.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4012" alt="Raul Castro" src="/files/2019/06/Raul-Castro.jpg" width="300" height="249" />Une fois de plus, une situation défavorable s’est installée, et de nouveau l’euphorie surgit chez nos ennemis, empressés de réaliser les rêves de détruire l’exemple de Cuba. Ce ne sera pas la première fois, ni la dernière, que la Révolution cubaine devra faire face à des défis et à des menaces. Nous avons couru tous les risques et résisté, invaincus, pendant 60 ans.</p>
<p>Pour nous, comme pour le Venezuela et le Nicaragua, il est très clair que le siège se referme. Notre peuple doit être attentif et prêt à relever à chaque défi avec unité, fermeté, optimisme une foi inébranlable dans la victoire.</p>
<p>Après près d&#8217;une décennie de mise en pratique de méthodes de guerre non conventionnelles pour empêcher la poursuite ou freiner le retour de gouvernements progressistes, les cercles du pouvoir à Washington ont parrainé des coups d&#8217;État, d&#8217;abord militaires pour renverser le président Zelaya au Honduras, puis parlementaires et judiciaires contre Lugo au Paraguay et Dilma Rousseff au Brésil.</p>
<p>Ils ont soutenu des procès judiciaires truqués et politiquement motivés, ainsi que des campagnes de manipulation et de discrédit contre des dirigeants et des organisations de gauche, faisant usage du contrôle monopolistique des médias.</p>
<p>Ils ont ainsi réussi à faire incarcérer le camarade Lula da Silva et l&#8217;ont privé du droit d&#8217;être candidat du Parti des travailleurs pour la présidence pour éviter sa victoire certaine lors des dernières élections. Je saisis cette occasion pour lancer un appel à toutes les forces politiques honnêtes de la planète afin qu&#8217;elles demandent sa libération et la cessation des attaques et de la persécution judiciaire contre les anciens présidents Dilma Rousseff et Cristina Fernandez de Kirchner.</p>
<p>Ceux qui se bercent d’illusions avec la restauration du pouvoir impérialiste dans notre région devraient comprendre que l&#8217;Amérique latine et les Caraïbes ont changé, tout comme le monde.</p>
<p>Jamais auparavant il n’a été plus nécessaire de marcher d’une manière efficace sur la voie de l’unité, en reconnaissant que nous avons bon nombre d’intérêts communs : travailler pour l’ « unité dans la diversité » est une nécessité pressante.</p>
<p>Pour y parvenir, il est nécessaire de respecter strictement la Proclamation de l&#8217;Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix, signée par les chefs d&#8217;État et de gouvernement à La Havane en janvier 2014, dans laquelle nous nous sommes engagés « à remplir strictement l’obligation de ne pas s’immiscer, directement ou indirectement, dans les affaires intérieures de tout autre État » et de régler les différends par la voie pacifique, ainsi que le droit inaliénable de chaque État à choisir son système politique, économique, social et culturel ».</p>
<p>Nous, les Cubains, sommes conscients que sans l’effort soutenu de notre peuple pour consolider la capacité défensive du pays, nous aurions depuis longtemps cessé d&#8217;exister en tant que nation indépendante.</p>
<p>Notre certitude de la victoire s’alimente du sang versé par les camarades tombés au combat et des fleuves de sueur apportés par des millions de Cubains qui, au fil de plusieurs décennies et tout particulièrement ces dernières années, ont œuvré en faveur de ce qui reste notre principal objectif : éviter la guerre.</p>
<p>L’essaim redoutable qui habiterait chacun des recoins de notre pays, je répète, l’essaim redoutable qui habiterait chacun des recoins de notre pays occasionnerait à l’ennemi des pertes très supérieures à ce que l’opinion publique nord-américaine est disposée à accepter.</p>
<p>L&#8217;intensification de la guerre économique, avec le renforcement du blocus et la poursuite de l&#8217;application de la Loi Helms-Burton, a pour but de réaliser le vieux rêve de renverser la Révolution cubaine par l&#8217;asphyxie économique et les pénuries. Cette aspiration a déjà échoué par le passé, et elle échouera à nouveau.</p>
<p>Le socialisme, un système que dénigre le gouvernement des États-Unis, parce que nous croyons en la justice sociale, en un développement équilibré et durable, avec une répartition équitable des richesses et des garanties de services de qualité pour toute la population ; nous pratiquons la solidarité et rejetons l&#8217;égoïsme, nous ne partageons pas ce que nous avons en trop, nous partageons même ce dont nous manquons ; nous rejetons toutes les formes de discrimination sociale et nous combattons le crime organisé, le trafic de drogues, le terrorisme, le trafic des personnes et toutes formes d&#8217;esclavage ; nous défendons les droits humains de tous les citoyens, et non de segments exclusifs et privilégiés ; nous croyons dans la démocratie du peuple et non dans le pouvoir politique et antidémocratique du capital ; nous cherchons à promouvoir la prospérité de la Patrie, en harmonie avec la nature et en respectant les sources dont dépend la vie sur la planète et parce que nous sommes convaincus qu&#8217;un monde meilleur est possible.</p>
<p>Depuis 60 ans, face aux agressions et aux menaces, nous les Cubains, avons fait preuve de notre volonté de fer pour résister et vaincre les événements les plus difficiles. Malgré son immense puissance, l&#8217;impérialisme n’a pas pu briser la dignité d&#8217;un peuple uni, fier de son histoire et de la liberté conquise au prix de tant de sacrifices. Cuba a déjà démontré que oui, elle a pu, oui, elle peut et oui, elle pourra toujours résister, se battre et remporter la victoire. Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre alternative.</p>
<p>Sources :</p>
<p>Discours à l&#8217;occasion du 45e anniversaire de la fondation de l&#8217;Armée occidentale, le 13 juin 2016.</p>
<p>Discours au 5e Sommet de la Celac, le 25 janvier 2017.</p>
<p>Discours pour le 65e anniversaire de l&#8217;attaque des casernes Moncada et Carlos M. de Céspedes, le 26 juillet 2018.</p>
<p>Discours à l’occasion du 60e anniversaire du triomphe de la Révolution cubaine, le 1er janvier 2019.</p>
<p>Discours à l&#8217;occasion de la proclamation de la Constitution de la République, le 10 avril 2019.</p>
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